/elections
Navigation

La CAQ domine un électorat volatil: un Québécois sur deux pourrait changer d’idée

Coup d'oeil sur cet article

Toujours en tête des intentions de vote, la CAQ de François Legault ne doit rien tenir pour acquis : près d’un électeur sur deux se dit volage.

À moins d’une semaine du déclenchement des hostilités électorales, l’écart se resserre légèrement entre caquistes (36 %) et libéraux (30 %), révèle un sondage Léger-Le Journal/LCN réalisé auprès de 2488 répondants. En deux mois, les troupes de Philippe Couillard ont vu leurs appuis grimper de deux points, alors que la Coalition avenir Québec (CAQ) a perdu un point de pourcentage.

Pour les péquistes, la débâcle se poursuit. Il n’y a plus que 18 % des Québécois qui voteraient pour le Parti québécois (PQ) si le scrutin avait lieu aujourd’hui.

Avec une avance confortable chez les francophones et une percée chez les non-francophones, les troupes de Legault pourraient faire élire 74 députés et aspirer à former un gouvernement majoritaire, selon une projection de la répartition des sièges réalisée par l’analyste Bryan Breguet.

Les libéraux (PLQ) seraient relégués dans l’opposition avec 40 élus, loin devant les péquistes, qui devraient se contenter de six députés, presque à égalité avec les solidaires (cinq élus).

« Le Jell-O n’est pas pris »

Seule lueur d’espoir pour Jean-François Lisée : 45 % des électeurs n’ont pas fait un choix définitif et jugent probable de changer d’avis. Un pointage historique qui s’explique entre autres parce qu’il s’agit d’un vote de contestation contre le gouvernement libéral, selon le sondeur Jean-Marc Léger.

Cette volatilité se lit notamment chez les sympathisants caquistes.

« Le vote caquiste, le Jell-O n’est pas pris, analyse le président de la firme Léger. C’est une intention, c’est un préjugé favorable, mais on est loin du vote dans l’isoloir. »

Vote stratégique

D’ailleurs, un électeur sur cinq reconnaît voter de manière stratégique, c’est-à-dire pour le chef de parti qui a les meilleures chances de gagner, même si les idées qu’il défend ne le rejoignent pas totalement.

Autre signe d’un vote friable : tous les chefs sont moins populaires que leur formation politique.

« Il n’y a pas un chef qui enthousiasme, les trois chefs des trois principaux partis sont là depuis toujours, la seule nouveauté dans la campagne, c’est Manon Massé. »

Pas de prime à l’urne pour le PLQ

Généralement bénéficiaires de la prime à l’urne, les libéraux devront s’en passer cette fois. Électorat traditionnellement associé au PLQ, les personnes de 55 ans et plus ont déserté au profit de la CAQ. Ce sont désormais les jeunes de 18 à 34 ans qui appuient massivement les libéraux.

« La prime à l’urne est toujours liée au fait que les gens plus âgés votent davantage, précise M. Léger. Les jeunes votent davantage libéral, malheureusement, ils ne vont pas voter. »

Réalisé du 10 au 14 août, le coup de sonde ne calcule pas l’impact du largage douloureux du vétéran libéral François Ouimet par le premier ministre Philippe Couillard, qui s’était pourtant engagé à le garder au sein de son équipe.

Les troupes caquistes dominent en Montérégie, dans la Capitale-Nationale et dans le Centre-du-Québec/Mauricie. Des champs de bataille sont à prévoir dans la couronne nord de Montréal, en Estrie, mais également dans l’Est-du-Québec, où une lutte à trois se dessine.

Intentions de vote Juin 2018

<b>François Legault</b><br /><i>Coalition avenir Québec</i>
Photo d'archives, Simon Clark
François Legault
Coalition avenir Québec
<b>Philippe Couillard</b><br /><i>Parti libéral du Québec</i>
Photo d'archives, Simon Clark
Philippe Couillard
Parti libéral du Québec
<b>Jean-François Lisée</b><br /><i>Parti québécois</i>
Photo d'archives, Simon Clark
Jean-François Lisée
Parti québécois
<b>Manon Massé</b><br /><i>Parti Québec solidaire</i>
Photo d'archives, Simon Clark
Manon Massé
Parti Québec solidaire

Si des élections PROVINCIALES avaient lieu aujourd’hui, pour quel parti auriez-vous l’intention de voter ? Serait-ce pour...

  • Coalition avenir Québec de François Legault 36 %
  • Parti libéral du Québec de Philippe Couillard 30 %
  • Parti québécois de Jean-François Lisée 18 %
  • Parti Québec solidaire de Manon Massé 10 %
  • Un autre parti 6 %

Est-ce que votre choix est définitif ?

  • Choix définitif 49 %
  • Probable que je change d’avis 45 %
  • Ne sait pas / refus de répondre 6 %

Selon vous, lequel des chefs des partis politiques provinciaux ferait le meilleur premier ministre du Québec ?

  • François Legault 27 %
  • Philippe Couillard 16 %
  • Jean-François Lisée 10 %
  • Manon Massé 6 %

Préférez-vous voter pour un chef qui a d’excellentes chances de gagner même si vous ne partagez pas entièrement ses idées OU pour un chef qui a peu de chances de gagner, mais avec qui vous partagez entièrement ses idées ?

  • Un chef qui a peu de chances de gagner, mais avec qui vous partagez entièrement ses idées. 68 %
  • Un chef qui a d’excellentes chances de gagner même si vous ne partagez pas entièrement ses idées. 18 %
  • Ne sait pas / refus 14 %
Méthodologie : Sondage internet, à l’aide de la technologie d’interview web assistée par ordinateur (CAWI). Du 10 au 14 août 2018 √ 2488 Québécois, âgé(e)s de 18 ans ou plus et ayant le droit de vote au Québec, recrutés aléatoirement à partir du panel en ligne de LegerWeb. √ À l’aide des données du recensement de 2016, les résultats ont été pondérés selon l’âge, le sexe, la langue maternelle, la région et le niveau de scolarité afin de garantir un échantillon représentatif de la population. √ Aux fins de comparaison, un échantillon probabiliste de 2488 répondants aurait une marge d’erreur de +/- 1,97 %, et ce, 19 fois sur 20.

 

FAITS SAILLANTS

Principales observations à partir de la projection des résultats par circonscription réalisée par l’analyste Bryan Bréguet.

  • La CAQ formerait un gouvernement majoritaire avec 74 députés, devant le PLQ qui récolterait 40 sièges.
  • Plusieurs ministres libéraux perdraient leur siège, notamment Véronyque Tremblay, Lucie Charlebois, François Blais, Luc Fortin, Dominique Vien, Stéphane Billette et Luc Blanchette.
  • Seul le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, résisterait à la vague caquiste dans la région de Québec.
  • Le Parti québécois devrait se contenter de six sièges.
  • Si le chef péquiste Jean-François Lisée remportait son siège de justesse dans Rosemont, sa vice-chef Véronique Hivon et le candidat-vedette Jean-Martin Aussant seraient tous deux battus par la CAQ.
  • Actuellement représenté par trois députés, Québec solidaire gagnerait deux sièges supplémentaires : Hochelaga-Maisonneuve et Laurier-Dorion.