/news/politics
Navigation

Altercation à Sabrevois : Vers d’autres altercations du genre

Altercation à Sabrevois : Vers d’autres altercations du genre
Capture d'écran tirée de YoutTube

Coup d'oeil sur cet article

OTTAWA  |   Justin Trudeau devra s’habituer à être pris à partie publiquement par des membres de groupes identitaires, estime le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence, dans la foulée d’une altercation devenue virale sur le web.

« En plus de le dénoncer depuis de nombreux mois sur internet et les médias sociaux, ces groupes commencent à adopter une stratégie de trolling visant à participer à des événements où est M. Trudeau afin de se faire entendre et provoquer une forme de clash », a commenté le directeur du Centre, Herman Deparice-Okomba.

Alors qu’il s’adressait à des militants libéraux à Saint-Anne-de-Sabrevois  en Montérégie, jeudi dernier, le premier ministre canadien s’est emporté après s’être fait apostropher sur la question des migrants par la citoyenne Diane Blain. Elle s’est identifiée sur Facebook après la publication de la vidéo.

 
 

« Quand allez-vous nous remettre les 146 millions $ qu’on a payés pour vos immigrants illégaux ? » a-t-elle lancé en référence au montant réclamé par Québec pour la gestion de l’afflux de milliers de demandeurs d’asile à la frontière.

Accusée de racisme

Justin Trudeau a alors répliqué que cette intolérance quant aux immigrants « n’a pas sa place au Canada », sans répondre à la question. Le premier ministre a du même coup accusé la femme de faire preuve de xénophobie et de racisme.

En vue de ce rassemblement, des sympathisants de groupes identitaires avaient invité sur Facebook à se rendre à Sabrevois pour confronter Justin Trudeau. Le bureau du premier ministre n’a pas voulu lundi confirmer ou infirmer avoir été au courant de leur présence prévue.

Pour Richard Majeau, un des internautes à avoir invité les citoyens à Sabrevois, la « traque » de Justin Trudeau « fait juste commencer ».

 « Les manifestations, c’est une perte de temps. Moi, j’encourage les gens à confronter leurs élus pour leur poser des vraies questions. C’est notre droit en tant que citoyens », a-t-il expliqué en entrevue, précisant avoir agi de son propre chef.

Selon des captures d’écran consultées par Le Journal, Diane Blain est membre du groupe nationaliste identitaire Storm Alliance. Elle est également membre du Front patriotique du Québec. La dame n’a pas répondu à notre demande d’entrevue.

La vidéo a suscité un déferlement de critiques sur les médias sociaux dans les derniers jours, plusieurs internautes se demandant pourquoi le premier ministre n’avait pas simplement répondu à la femme au lieu de sortir de ses gonds.

En conférence de presse lundi matin, Justin Trudeau a défendu sa réaction, assurant qu’il allait toujours dénoncer ceux qui utilisent « la peur et la division comme outils politiques ». Il n’a pas précisé en quoi la question de la femme était raciste.

« Les Canadiens méritent de savoir qu’ils ont un premier ministre qui va toujours souligner quand ces approches dangereuses vont être utilisées », a-t-il ajouté.

« Ce n’était peut-être pas la meilleure façon de répondre, mais il envoyait en même temps un message. Il montre qu’il veut être le héros du multiculturalisme, note le politologue et spécialiste des enjeux identitaires, Mike Medeiros. S’il y a eu des critiques, je ne crois pas que Justin Trudeau ait perdu beaucoup de votes non plus. »

Selon le chef conservateur, Andrew Scheer, Justin Trudeau « a de nouveau recours aux insultes et aux attaques personnelles pour faire taire les critiques légitimes à l’égard de son gouvernement ». Selon lui, c’est « une stratégie calculée des libéraux pour éviter d’être tenus responsables de leur bilan ».

La GRC est intervenue auprès de Mme Blain pendant l’altercation. Avare de commentaires lundi, le corps policier a affirmé à la fois assurer la sécurité et veiller à la liberté d’expression. 

-Avec Brigitte Noël, Bureau d’enquête  numérique