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Défilé Fierté gaie obligé ?

Défilé Fierté gaie obligé ?
Photo Agence QMI, Dario Ayala

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Catastrophe et fin du monde, François Legault n’a pas participé hier au défilé de la Fierté — ajouterais-je gaie, car l’événement a été amputé de ce descriptif pour le rendre plus inclusif. Ce qui est quand même mieux que la Gay Pride de Paris.

L’absence du chef de la Coalition avenir Québec en a fait sourciller certains. Il n’était pas dans l’arrondissement Ville-Marie hier avec les autres chefs de parti, mais à Ville-Marie pour participer à la Foire gourmande de l’Abitibi-Témiscamingue.

Il n’en fallait pas plus pour que des organisateurs se « posent des questions ».

Quelles questions ? Qu’essaie-t-on d’insinuer ?

Non au clientélisme

Une personnalité publique attendue ailleurs le jour du défilé devient-elle automatiquement suspecte du crime d’intolérance ? Un doigt accusateur est si vite pointé en direction de ces absents qui ont toujours tort, c’est bien connu.

Je m’en confesse : je n’ai jamais mis les pieds au défilé de la Fierté gaie. Primo, je n’aime pas les défilés. J’ai cessé d’assister au défilé de la Saint-Jean quand ils ont mis le petit frisé et son mouton à la retraite en 1964 — j’avais 8 ans — et à celui de la Fête-Dieu l’année suivante. C’est tout dire.

Secundo, que cela plaise ou non, la vulgarité qui se manifeste par moments au défilé de la Fierté déplaît à plusieurs. Il n’y a pas une cause sur la terre qui me fera sortir de chez moi pour me retrouver nez à nez avec des fesses d’hommes poilues. Ou pour « admirer » des travestis dont le fonds de commerce est d’avilir les femmes. Les drag queens, ça va, mais pas le blackface...

Tertio, le clientélisme me pue au nez. Se faire voir pour être vu, non merci.

Docteur, suis-je homophobe ?

Que 300 000 personnes aient trouvé leur compte au défilé hier, tant mieux, même s’il y aura toujours parmi eux des égarés venus rire des « tapettes », évachés sur leur chaise pliante. Que Justin Trudeau ne rate pas un défilé de la Fierté au pays, tant mieux également. Et que des gais contestent la pertinence d’un défilé de la fierté aujourd’hui, je dis aussi « tant mieux ». La dissidence fait avancer.

Place aux lesbiennes

Que des êtres humains soient victimes de discrimination en raison de leur orientation sexuelle en 2018 est intolérable, mais il existe encore au Québec des territoires de résistance, de mépris et même de violence. Mais un gros travail est à faire chez certaines communautés culturelles et religieuses qui n’ont pas envoyé de représentants au centre-ville hier, pour les raisons qu’on imagine.

Pour ce qui est de François Legault, occupé ailleurs, il était représenté. Ce n’est pas la fin du monde.

Par contre, quelqu’un a-t-il aperçu une de nos candidates ou personnalités voilées au défilé ?

Cela aurait été à propos, car Fierté Montréal a enfin compris cette année que trop peu d’espace avait été donné aux femmes depuis la création du défilé. Cette année, des lesbiennes ont ouvert la marche pour la première fois en 34 ans.

Y était temps.