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Bois, papier et droits punitifs : les USA ont probablement raison

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Faut arrêter de faire l’innocent

Qu’il est drôle de voir les Justin Trudeau, Chrystia Freeland, Philippe Couillard et Dominique Anglade de jouer à la vierge offensée devant la levée de nouveaux droits compensatoires imposés récemment aux forestières canadiennes par le gouvernement américain pour cause de « dumping » en raison des énormes subventions qui leur sont versées par nos gouvernements. Et oui, même si je ne suis pas un fan de Donald Trump, il faut, devant les faits, lui donner raison. En fait, Donald vient à la rescousse des contribuables québécois et canadiens.

Subventionner hypocritement nos entreprises

Vous le savez mes amis, le Canada subventionne beaucoup ses entreprises et encore plus le Québec qui est depuis longtemps le champion du pays à cet effet et par plusieurs longueurs. Théoriquement, dans des traités de libre-échange, il faut limiter les aides gouvernementales versées aux compagnies afin de ne pas pénaliser les agents économiques étrangers impliqués qui doivent concurrencer à armes égales. Ça, c’est la théorie qui ne résiste pas du tout aux faits, car dans la réalité tous les États subventionnent leurs activités commerciales de façon hypocrite et dissimulée afin que les partenaires ne s’en aperçoivent pas. C’est pourquoi au Québec nos politiciens ne rendent jamais compte au public le détail des « deals » qu’ils négocient avec de gros B.S. corporatifs afin de ne pas alerter les autres pays. Entente confidentielle qu’ils nous répètent à satiété même si cela implique des milliards de dollars distribués bien souvent à des transnationales et qui représentent des fonds publics, c’est-à-dire l’argent qu’ils viennent piger dans vos poches. Ainsi, on va faire passer de vraies subventions pour simplement des prêts aux entreprises qui ne seront évidemment jamais remboursés.

Les pleureuses pleurent

Que c’est donc triste de voir le gouvernement américain taxer nos papetières canadiennes qui ne sont pas habituées à ça. Au contraire, au Québec et au Canada, elles ne font que recevoir des subventions à la tonne et ne paient pas, ou si peu, d’impôts sur le revenu, de redevances et de droits de coupe en raison du prétexte fallacieux qu’elles créent de l’emploi et de la richesse : « Les forestières du Québec encore attaquées » (Le Journal de Montréal, 9 janvier 2018). Pôvres petites, l’Oncle Sam qui s’acharne contre elles. De vrais martyrs : « Papier journal. Kruger dénonce les sanctions américaines » et « L’enquête américaine sur le papier fait fausse route, dit Résolu » (Le Devoir, 15 mars 2018 et 30 décembre 2017). Là, mon cœur se met à saigner que je vous dis. N’oubliez pas dans vos prières que les droits punitifs imposés à notre bouquet d’entreprises forestières québécoises par les USA leurs seront totalement remboursés par nos gouvernements. C’est donc dire qu’en fait, ce sont les contribuables qui vont payer.

Québec paie la construction et l’entretien des routes

En plus de prendre à sa charge les coûts du reboisement des forêts coupées à blanc par nos aimables papetières, imaginez-vous donc qu’avec votre fric, le gouvernement du Québec paie 90 % du coût de construction des chemins et des routes réservés et utilisés seulement par les forestières (alors qu’il prétend ne pas avoir d’argent pour entretenir adéquatement nos routes publiques). Attendez, ce n’est pas terminé, car au mois de mars 2018, le PLQ et Couillard ont débloqué la bagatelle somme de 240 millions de dollars pour financer l’entretien des dits chemins privés des dites forestières. Ça dépasse tout entendement : « Financement des forestières. Le gouvernement Couillard critiqué par l’ex-ministre péquiste Paul Bégin » (Le Journal de Montréal, 27 mars 2018). On subventionne donc la construction et l’entretien des chemins et routes forestiers.

Oubliez les redevances et les droits de coupes

« Forêts en cadeau aux entreprises. Des redevances bonbons exigées par Québec pour l’exploitation de territoires (forêts vierges) fragiles ». Tel était le titre de cet excellent article de Charles Lecavalier paru dans le Journal de Montréal du 24 mars 2016. Et pour le peu de droits de coupes qu’elles ont à payer, bien souvent elles ne le paient pas, sous prétexte qu’il faut faire preuve de « compassion » envers cette industrie supposément fragile que nous dit le ministre libéral de la Forêt. Aie, il y a des sommes dues au gouvernement qui remontent au milieu des années 2000. C’est drôle, le gouvernement fait preuve de moins d’indulgence pour les contribuables qui ont des impôts, des taxes et des tickets à payer : « Des forestières doivent 12.3 millions $ à Québec. Des droits de coupes impayés sont en cause » (Le Journal de Montréal, 26 juin 2017). Bah, moi je trouve que le PLQ fait preuve d’équité et de justice. S’il ne charge pas de redevances ou si peu aux minières et aux pétrolières, pourquoi en imposerait-il aux pauvres papetières?

Gros tarifs d’électricité aux Québécois et très petits aux forestières

Une autre forme de subvention déguisée sont les très minimes tarifs d’électricité imposés par Hydro-Québec, suite aux ordres du gouvernement du Québec, aux papetières, grosses consommatrices d’électricité : « L’industrie forestière veut aussi (le “aussi” signifie que les autres en reçoivent. Hydro-Québec c’est le bar open pour le Québec inc.) un tarif d’électricité réduit (à environ 3 ¢ le kW heure) » (Le Journal de Montréal, 19 novembre 2013). « L’industrie forestière lance un SOS (un SOS, rien de moins)... et réclame un tarif d’électricité préférentiel afin de protéger 59 000 emplois (selon leurs propres chiffres) directs » (Le Devoir, 26 novembre 2015). On appelle ça le chantage permanent du patronat. C’est drôle, le gouvernement américain n’offre pas de tels rabais à ses entreprises.

Le cynisme élevé en mode de gestion

Mes amis, vous le savez, le gouvernement du Québec force Hydro-Québec à acheter beaucoup d’électricité de producteurs privés (barrages, éoliens, papetières, etc.) même s’il aura des surplus d’énergie jusqu’en 2027, minimum, et qui coûtent chaque année des milliards de dollars aux Québécois, dépensés inutilement, que nous a dit récemment la vérificatrice générale du Québec, Guylaine Leclerc. Encore de subventions déguisées qui viennent enrichir des grosses entreprises et des opportunistes.

Le boutte du boutte de la farce grotesque est que les papetières produisent beaucoup d’électricité à l’aide de leurs résidus (biomasse) qu’elles vendent entièrement à Hydro-Québec à environ 11 cents le kilowattheure pour après en acheter d’Hydro-Québec à moins de 4 cents le kilowattheure : « Hydro forcée d’acheter de l’énergie biomasse (des papetières). 130 M$ (seulement pour 2018) pour de l’électricité (achetée des forestières) dont on pas besoin) » (Le Journal de Montréal, 22 mars 2018). Et de répondre innocemment le premier ministre : « La biomasse, bonne pour l’économie des régions, défend Couillard » (Le Journal de Montréal, 23 mai 2018). C’est du n’importe quoi pour mieux rire de vous. Bonne pour l’économie des régions ou pour les riches papetières, monsieur Couillard qui se comporte en véritable lobbyiste.

Tiens, deux autres bonnes juste pour vous, en espérant que vous avez le sens de l’humour et que vous êtes ricaneux comme moi : « Tembec promet de meilleurs résultats » (La Presse, 31 janvier 2014). Comment atteindre de meilleurs résultats que vous vous demandez? Eh bien, comme il est écrit dans l’article, « Tembec profitera durant de nombreuses années de revenus de vente d’électricité à prix fort (12 ¢ le kWh) à Hydro-Québec ». Hourra! Et cette autre : « Vente d’électricité à Hydro-Québec. Domtar veut avoir sa part du gâteau » (La Presse, 14 septembre 2012). Vivre sur le bras des contribuables, les entreprises ne s’en cachent même plus, elles considèrent ça comme un droit acquis. Par équité, donnons à Domtar sa part du gâteau public. Si les autres l’ont eu, pourquoi pas Domtar? Eh, oh, Soliane (ma petite-fille) fais comme dans les CHSLD, un bain hebdomadaire afin d’épargner l’électricité.

Le « free for all »

« Les forêts sans surveillance » (Le Devoir, 1er juin 2017). Dans cet article, la vérificatrice générale, Guylaine Leclerc, a dit que même si l’entretien des forêts québécoises (reboisement, protection, chemins, etc.) a coûté plusieurs centaines de millions de dollars au cours des dernières années, le gouvernement du Québec ne sait pas (et ne veut pas le savoir) si ces investissements (plutôt des dépenses) ont donné les résultats escomptés ». Il ne faut pas irriter les papetières. Il faut les aimer en tout temps et en toutes circonstances. Couillard l’a dit, elles sont fragiles.

Il faut aider les papetières

Ab ben, face aux attaques « injustifiées » des Américains, Trudeau débloque 867 millions $ d’aide gouvernementale à nos malheureuses papetières brimées et Couillard allonge 300 millions de fonds publics : « Ottawa dévoile à son tour son plan d’aide » (Le Devoir, 2 janvier 2017).

Allez, souriez même si on se paie votre tête

Ah ben zut, en dépit des droits compensatoires américains : « Malgré le conflit, les exportations de bois d’œuvre du Québec grimpent » (Le Devoir, 18 janvier 2018).

Et une autre

Mais quelle générosité des libéraux envers les forestières qui comptent beaucoup d’ex-élus parmi leurs dirigeants et leurs lobbyistes. Pour aider la papetière Résolu à se défendre des attaques de la tordeuse de l’épinette, eh ben, passez à GO et encaissez 10 millions de dollars en fonds publics : « Compensation de 10 M$ par année pour la tordeuse chez Résolu » (Le Journal de Montréal, 12 janvier 2016). Coudonc, est-ce qu’il y a quelque chose qui n’est pas subventionné chez les forestières?