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La «recette» Leitao à 1 milliard de dollars

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C’est sur la base d’un cadre financier offrant de juteux surplus supérieurs aux prévisions avancées dans le dernier budget du gouvernement Couillard que la campagne électorale s’amorce au Québec.

Dans le cadre de son rapport préélectoral sur l’état des finances publiques, la vérificatrice générale Guylaine Leclerc estime que le gouvernement du Québec bouclera chacun de ses cinq prochains exercices financiers avec un surplus supplémentaire de presque 1 milliard $ par rapport aux surplus annuels prévus dans le dernier budget de mars 2018.

C’est en venant chercher dans nos poches plus de recettes en impôts, taxes à la consommation, droits et permis que les surplus budgétaires anticipés gonflent ainsi.

Avant versement des sommes dédiées au Fonds des générations, les surplus anticipés par la vérificatrice s’élèvent respectivement à 1,85 G$ en 2018-19 ; à 2,72 G$ en 2019-20 ; à 3,46 G$ en 2020-21 ; à 4,22 G$ en 2021-22 ; et à 4,45 G$ en 2022-23.

Une « stratégie budgétaire »

Que le ministre des Finances Carlos Leitao ait sous-estimé de 1 milliard de dollars chacun des prochains surplus financiers qu’allait engranger le gouvernement au fil des cinq prochains exercices n’a absolument rien de surprenant !

C’est carrément dans la continuité des prévisions budgétaires qu’il a effectuées depuis l’arrivée du gouvernement Couillard au pouvoir en avril 2014.

Volontaire ou pas, cette « stratégie budgétaire » a permis au ministre Leitao de boucler ses exercices financiers avec d’étonnants surplus.

Lors de son premier budget, 2014-15, le ministre anticipait un déficit de 1,05 G$. Au final, il avait terminé l’année 2014-15 avec un surplus de 136 M$.

Sur le dos de l'austérité

Par l’entremise de l’austérité budgétaire, le gouvernement Couillard avait « réussi » à compresser les dépenses prévues de 1,7 G$.

L’année suivante, 2015-16, le ministre Leitao a « bénéficié » de l’austérité budgétaire en réduisant cette fois les dépenses initialement prévues de 2,1 G$. Cela lui avait permis de finir l’année avec un surplus de 3,64 milliards $, soit 2 milliards $ de plus que prévu.

À son troisième budget, 2016-17, le ministre Leitao voulait se montrer plus raisonnable en prévoyant un surplus de 2 milliards $. Finalement, il s’est retrouvé avec un surplus de 4,36 G$.

L’écart de 2,3 G$ était attribuable à quoi cette fois ? À des revenus supplémentaires de 318 M$ ; plus une « provision » de 400 M$ non utilisée ; et une diminution des dépenses de 1,62 G$.

Concernant le dernier exercice financier complété, 2017-18, celui-ci devait se boucler avec un surplus de 3,14 G$, et ce, malgré une forte accélération des dépenses depuis l’automne 2017.

La vérificatrice a calculé dans son rapport préélectoral que le surplus atteindra finalement 4,6 G$. Du jamais-vu au Québec !

Par rapport à l’exercice 2013-14 de l’ancien gouvernement péquiste, on a collectivement versé en 2017-18 quelque 11 G$ de plus en impôts, taxes, droits et permis. Les transferts fédéraux ont grimpé de 3,8 G$.

D’autre part, les dépenses gouvernementales ont augmenté de 8,55 G$ en quatre exercices financiers. Mais plus de la moitié de ladite hausse est survenue en 2017-18, l’année préélectorale.