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Normandeau-Charest

Nathalie Normandeau avec le premier ministre Jean Charest lors de la récente assermentation du Conseil des ministres.
© Les ARCHIVES Jean Charest et Nathalie Normandeau

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L’ancien premier ministre Jean Charest a fait une sortie médiatique très remarquée hier à Québec. Pour souligner le début de la nouvelle émission radiophonique de son ancienne vice-première ministre et amie, Nathalie Normandeau, il a accepté de discuter de ses impressions à l’aube du déclenchement de la campagne électorale.
 
Les affirmations de monsieur Charest ont rapidement été scrutées par les commentateurs politiques et on retrouve certaines de ses citations les plus marquantes dans un billet publié dans la Zone Assnat du Journal
 
Qu’est-ce qui surprend ?
 
Tout d’abord, ce qui surprend dans l’entrevue de Jean Charest, c’est la posture critique que celui-ci a choisi d’adopter envers les actions de son successeur, Philippe Couillard, aussi près d’une élection. 
 
Alors qu’il est régulièrement invité à commenter l’actualité depuis sa retraite de la politique « active », Jean Charest a toujours gardé une posture assez neutre dans ses prises de position et dans ses affirmations. Or, en conversation avec Nathalie Normandeau, il a plutôt choisi d’ouvrir davantage son jeu.
 
Intrigant
 
À plusieurs reprises pendant la conversation, monsieur Charest a choisi le terme « intrigant » pour qualifier, tour à tour le nouveau slogan de campagne du Parti libéral et la nouvelle tendance du « magasinage politique » qui semble faire rage chez plusieurs candidats. Pas intéressant, intrigant.
 
On est également surpris d’entendre Jean Charest se prononcer à propos du « branding » économique du Parti libéral, branding qui semble avoir été récupéré par la Coalition avenir Québec sans que le PLQ ne l’ait trop réalisé.
 
Tout au long de l’entrevue, on sent très bien la complicité qui existe depuis longtemps entre Jean Charest et Nathalie Normandeau. On peut donc conclure que le passage de monsieur Charest dans la nouvelle émission de son ancienne protégée visait principalement à lui donner un coup de main à elle plutôt que de nuire à son successeur.
 
Petite vengeance ou appel du pied ?
 
Par ailleurs, est-ce qu’on peut penser que tous deux aimeraient en découdre avec le parti mené par Philippe Couillard ? 
 
Tous les auditeurs de Nathalie Normandeau reconnaissent qu’elle ne se gêne pas pour critiquer le gouvernement actuel, gouvernement qui a posé tous les gestes nécessaires pour se distancier au maximum des acteurs cités à la Commission Charbonneau et largement liés à ce qu’on qualifie de « l’ère Charest ».
 
Quant au principal intéressé, sa profonde ferveur libérale ne permet pas de croire qu’il voudrait à tout prix torpiller la campagne qui commence. 
 
On le sait, il y a deux factions au sein du parti depuis quelques années. Les pro Charest d’un côté et les pro Couillard de l’autre. Ce qui les unit, c’est la conviction que le Parti libéral et les valeurs qui l’animent sont essentiels au succès du Québec d’aujourd’hui.
 
Le costume de belle-mère qu’à enfilé Jean Charest, le temps d’une entrevue, a certainement sonné des cloches chez les libéraux comme chez leurs adversaires. Visiblement, il s’agit un rôle de composition qui n’est pas totalement naturel, mais personne ne minimise la puissance que pourrait avoir Jean Charest s’il devait décider de se faire critique du PLQ à temps plein.
 
L’ancien premier ministre n’a rien d’un amateur. Il est reconnu comme l’un de plus habiles stratèges politiques de son époque. Ses paroles ne peuvent donc pas être expliquées par l’inexpérience ou la candeur. 
 
Est-ce que, finalement, il s’agissait d’un appel de pied pour que les libéraux, anciens comme nouveaux, se ressaisissent et réalisent qu’il y a bel et bien péril en la demeure ?