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Le jeune homme aurait crié «tirez-moi» aux policiers

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Le jeune montréalais abattu mardi soir par la police criait aux agents de lui tirer dessus en brandissant un couteau lorsqu’ils ont tenté de le maîtriser après une bagarre.

« J’ai entendu des bruits, comme un fracas, puis quelqu’un qui criait “shoot me” [tirez-moi], raconte Jolien Pierre, un résident du coin. Il y a encore eu des cris, et finalement une série de détonations. »

Nicholas Gibbs, un jeune homme de 23 ans, a été atteint mortellement par les projectiles des policiers. Il aurait foncé vers eux, une arme blanche à la main.

Touché, il s’est effondré sur la piste cyclable au coin de De Maisonneuve et Montclair, dans l’arrondissement Côte-des-Neiges/Notre-Dame-de-Grâce.

Plusieurs témoins rencontrés par Le Journal mercredi ont affirmé avoir entendu quatre ou cinq coups de feu.

Intrigué par le brouhaha, M. Pierre n’a pu que constater le résultat de l’intervention depuis sa fenêtre, alors que les policiers tentaient de réanimer le jeune homme.

Les agents avaient été appelés un peu avant 20 h 30 pour une bagarre entre deux individus, dont vraisemblablement Gibbs.

« Il semblait enragé. Je n’ai pas tout compris ce qui se passait ou ce qui se disait. Il avait l’air de sortir de nulle part », affirme Paul Triberi, qui venait de se stationner près de sa demeure.

Nicholas Gibbs aurait notamment fracassé une vitre de l’autopatrouille.

Le taser n’a pas suffi

Les agents auraient tenté d’utiliser leur arme à impulsion électrique pour le maîtriser, a fait également savoir le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI).

Il n’a pas été précisé si le « taser » a été utilisé en mode démonstration pour effrayer le jeune homme ou en mode projection pour l’immobiliser.

Les enquêteurs du BEI doivent maintenant faire la lumière sur le travail du Service de police de la Ville de Montréal.

Nicholas Gibbs avait été condamné le 2 juillet pour des voies de fait sur un agent de la paix survenues quelques jours plus tôt.

Il avait aussi été accusé cette année de fraude et d’usage de documents contrefaits.

En 2015 et 2016, il avait été acquitté de différentes accusations d’introduction par effraction, de méfaits et de voies faits.

« Nicholas était un garçon adorable, qui avait de bonnes manières et qui était poli », a confié une proche des Gibbs, qui ne souhaitait pas être identifiée.

Elle n’a pas voulu élaborer sur la trame de la soirée « par respect pour la famille » qu’elle connaît depuis une dizaine d’années.

La femme croit « à 100 % que les policiers auraient dû agir autrement ».