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Le pont oublié

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Il aura fallu l’effondrement d’un pont en Italie pour ramener dans l’actualité le pont de Québec, tombé une fois de plus dans l’oubli après les célébrations de son 100e anniversaire, en septembre dernier.

Il y a un an, la rumeur voulait que le gouvernement fédéral soit prêt à reprendre la propriété du pont. Il l’aurait ainsi confié, après négociations avec le CN, à la société d’État fédéral qui est responsable notamment des ponts Jacques-Cartier et Champlain, à Montréal. Rien de tout cela ne s’est toutefois concrétisé.

L’historien et auteur Michel L’Hébreux avait lui aussi bon espoir qu’il se passe enfin quelque chose. « Ce qu’on veut, ce sont des actions concrètes, ça fait 31 ans qu’on se bat pour ça », dit-il.

En attendant, ce dernier continue, avec la même passion, de présenter des conférences sur le sujet. Partout, les gens lui disent à quel point ils sont scandalisés de voir que rien ne se passe dans le dossier. « Je sens une grande volonté populaire. Les gens me disent qu’ils n’en reviennent pas qu’on ne fasse rien pour le pont, qu’il n’y ait pas plus de volonté politique », déplore-t-il.

Crédibilité du ministre

Depuis un an, le ministre fédéral Jean-Yves Duclos n’a de cesse de répéter, à savoir comment évolue le dossier de la peinture du pont, que les discussions vont bon train, que les négociations progressent. Dans les faits, il semble que rien ne bouge.

La crédibilité du ministre est mise à mal dans ce dossier, qu’il avait pourtant promis de régler dans l’année suivant son élection. On nous a plutôt jeté de la poudre aux yeux.

En attendant, le pont demeure la propriété du CN, et l’entreprise privée refuse toujours de rendre publics les rapports d’inspection effectués sur l’infrastructure. Il en résulte des sorties d’experts en tous genres, et l’inquiétude est bien réelle. On ne sait pas non plus quelle est la durée de vie estimée du pont.

Tout cela est totalement inacceptable, quand on sait l’importance que revêt ce premier lien pour la région, tant sur le plan symbolique, qu’historique et économique. On peut bien parler d’un troisième lien dans l’est, mais imaginez la catastrophe si on enlevait le deuxième pont dans l’ouest, où circulent la grande majorité des gens entre les deux rives...