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Un commissaire scolaire déménage au Nouveau-Brunswick au nom de l'éducation de sa fille

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SHERBROOKE – Un commissaire scolaire qui déplore que les jeunes ayant une déficience intellectuelle «finissent analphabètes à 21 ans» dans le système scolaire québécois a remis sa démission et décidé de déménager au Nouveau-Brunswick.

Maxime Beauregard-Dionne, qui travaillait à la commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke, a choisi de changer de province pour que sa fille Adélaïde, qui souffre d’une déficience intellectuelle légère, soit mieux intégrée au système scolaire.

«L’idée c’est de les mettre dans le milieu le plus semblable à celui où ils vont vivre pour viser l’autonomie. Au Québec, versus le Nouveau-Brunswick, la mission de l’école est d’instruire, socialiser et qualifier. Mais on les instruit à peine, ils finissent analphabètes à 21 ans, vivant échec par-dessus échec», a dénoncé Maxime Beauregard-Dionne.

La petite Adélaïde devait faire son entrée à l’école Laroque dans une classe de maternelle spécialisée. Toutefois, ses parents ont demandé un reclassement pour qu’elle soit placée dans une classe ordinaire, avec des mesures d’adaptation. Cette requête a été refusée.

Déçu de cette décision, l’élu scolaire a présenté sa démission au Conseil des commissaires, mardi soir.

La mère d’Adélaïde, Martine Locas-Beauchesne, s’est dite «extrêmement déçue» qu’il ne soit pas possible de débattre «de l’inclusion scolaire, de l’éducation inclusive et de la place qu’on peut donner à ces enfants-là».

Pour sa part, Maxime Beauregard-Dionne reproche au ministre de l’Éducation Sébastien Proulx de manquer de volonté et de ne pas en faire assez pour les élèves handicapés.

Le père de famille a aussi porté plainte à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse. Il estime que sa fille est victime de discrimination.

Une priorité

Le cabinet du ministre de l’Éducation a répliqué que les élèves aux besoins particuliers sont une priorité et que diverses mesures ont été mises en place pour faciliter leur développement, notamment dans le cadre de la Politique de réussite éducative 0-8 ans.

La Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke a choisi de ne pas commenter le dossier. Dans la résolution des commissaires, on peut lire que les retards de développement de la fillette expliquent les mesures d’adaptation qui ont été prises. Il s’agit d’une décision conforme à la Loi sur l’instruction publique.