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Bonne bière et conduite responsable

Plusieurs bonnes bières québécoises permettent aux amateurs de houblon de garder l'esprit tranquille lorsqu'ils prennent le volant. De gauche à droite sur la photo en ordre croissant de % : la Glutenberg sans alcool à 0,1 %, deux bières de la marque Bockale à 0,5 % et la Nano IPA d'Oshlag extra-légère à 2 %.
Plusieurs bonnes bières québécoises permettent aux amateurs de houblon de garder l'esprit tranquille lorsqu'ils prennent le volant. De gauche à droite sur la photo en ordre croissant de % : la Glutenberg sans alcool à 0,1 %, deux bières de la marque Bockale à 0,5 % et la Nano IPA d'Oshlag extra-légère à 2 %.

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Je bois souvent de la bière ces derniers temps, des produits québécois de qualité, et ce, sans flirter avec la limite alcoolémique de 0,08. J’aurais pu prendre le volant n’importe quand.

Ma consommation la plus alcoolisée derniers jours atteignait un taux de 2 %. Je parle de la Nano IPA extra-légère de la brasserie Oshlag. Celle-ci montre autant de caractère qu’une comparse trois fois plus forte. J’attends impatiemment l’arrivée d’autres produits aussi «goûteux» à moins de 2,5 %. Ça viendra. C’est dans l’air du temps.

Un géant comme Coors s’affiche abondamment aux abords de nos autoroutes pour vanter sa 0,5 % améliorée... quoique pas très savoureuse, ai-je trouvé, moi qui raffole de l’amertume. Heureusement que nos microbrasseries maison offrent déjà de vraies bonnes bières sans alcool. Même chose à l’étranger : le site Ask Men publiait il y a deux semaines un «Top 10» des bières sans alcool. L’Arabie saoudite (qui interdit l’alcool) connaîtrait aussi un engouement pour ces produits, m’apprend The Economist.

Paradoxe du calage

Un buveur étylomane pourrait-il s’enivrer au-delà de la limite légale pour prendre le volant en se gavant de Nano IPA à 2 % ? Sûrement ! Tout se peut. Mais quiconque ne boit pas pour l’«effet» n’a aucune raison de se presser. C’est ce que j’appelle le « paradoxe du calage».

Si je vous force à boire trois bières : vous les consommerez plus rapidement si elles sont fortement alcoolisées parce que l’ébriété génère de l’insouciance et allège le coude. Plus une boisson s’avère puissamment grisante et plus on a tendance à la «caler». Or, des produits québécois de qualité à 0,5 % comme la Découverte IPA ou la Berliner Sonne de la microbrasserie Bockale ou encore la Glutenberg sans alcool à seulement 0,1 % (et sans gluten) se laissent déguster.

Un progrès

Souvenirs d’adolescence. Je revois les pères de certains de mes amis en train de me vanter les mérites de la bière sans alcool fraîchement commercialisée comme un produit miracle vers 1990. Tous ont rapidement abandonné la «point cinq» en la décrétant finalement imbuvable comme de l’eau de vaisselle. Dans un épisode des Simpson, l’épicier Apu dissimule un passage secret dans le réfrigérateur à bières sans alcool puisque, explique-t-il, personne ne risque de l’ouvrir. Cette époque semble révolue. Tant mieux.

Je ne promeus pas l’abstinence : la majorité des adultes sait boire raisonnablement et l’alcool fait partie de la civilisation depuis plus longtemps que l’écriture. Je me réjouis toutefois que l’on sache enfin brasser de la bonne bière dissociable de l’enivrement. C’est un progrès. Surtout pendant la canicule.