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Discriminée en raison de son chien d’assistance

Un logement a été refusé à l’étudiante en politique

Élisanne Pellerin jugement chien d'assistance
Photo Laurence Houde-Roy Élisanne Pellerin, étudiante à Montréal, est atteinte de paralysie cérébrale et utilise un chien d’assistance de la Fondation Mira depuis 2012.

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Le Tribunal des droits de la personne vient d’octroyer 3000 $ en dommages à une étudiante mont­réalaise qui s’était vu refuser un logement en raison de la présence de son chien d’assistance.

« Je suis satisfaite du jugement, a indiqué la jeune doctorante en science politique à l’UQAM. Plus on parle de ce type de problème, plus la population est éduquée et moins ces situations vont se produire. »

Élisanne Pellerin est atteinte de paralysie cérébrale avec quadriplégie spastique. C’est pourquoi elle utilise un labrador croisé à un bouvier bernois de la Fondation Mira depuis 2012. Sony l’aide notamment à tirer son fauteuil roulant et à soulever certains objets trop lourds.

Chien refusé

En 2014, Élisanne Pellerin est à la recherche avec sa colocataire Maryan Charron d’un appartement dans la métropole où elle venait poursuivre ses études.

Elle finit par trouver l’appartement qui correspond à ses besoins dans un immeuble de la compagnie Viglione & Frère. Leur demande de location est analysée par le fondateur de la compagnie, Antonio Viglione, âgé de 89 ans, qui la rejette en statuant que les chiens ne sont pas acceptés dans l’immeuble.

Les deux dames sont immédiatement informées du refus. Elles expliquent aux responsables de l’immeuble qu’il est illégal de louer en raison de la présence d’un chien d’assistance, mais rien n’y fait.

Erreur découverte

Selon le jugement, dès le lendemain, le fils du fondateur, Mario Viglione, actionnaire et secrétaire de la compagnie, a pris connaissance du dossier et de la méprise de son père, qui n’aurait plus qu’un rôle limité dans l’entreprise.

Il a dit avoir alors demandé à une secrétaire de contacter les jeunes femmes pour les informer que leur demande était acceptée. Cette dernière a témoigné avoir contacté « l’une des deux colocataires » et assure avoir reçu comme réponse : « Je vous reviens. »

Comme on n’a pas mentionné lors de l’appel que le chien était finalement accepté et qu’elle était incapable de dire à qui elle a parlé ni à quel moment, le tribunal n’a pas accepté la preuve de la défense.

Élisanne Pellerin et Maryan Charron ont d’ailleurs indiqué au tribunal n’avoir jamais reçu cet appel.

L’avocat de Viglione & Frère, Me Anthony Francischiello, a indiqué qu’on ne portera pas le jugement en appel.