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Douce balade en Estonie

La Grande Guilde, située dans la vieille ville.
Photo Fotolia La Grande Guilde, située dans la vieille ville.

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TALLINN, Estonie | À l’est, la Russie. Tout au nord, la Finlande et sa capitale, Helsinki, que l’on peut presque apercevoir depuis le port de Tallinn. L’Estonie est ce discret pays d’Europe du Nord dont les échos commencent à se faire de plus en plus insistants. Avec raison, car cet ancien pays soviétique, fier de son indépendance obtenue en 1991 et de ses traditions, se dévoile bien vibrant : de musique, de nature sauvage, de châteaux, de festivals, de lacs, de forêts et d’histoire.

LES CHARMES DE TALLINN

Bordée par la mer Baltique, la capitale de l’Estonie n’a rien à envier aux villes plus connues du reste de l’Europe du Nord. Fortifications, ruelles pavées, vieille ville piétonnière, bâtiments historiques aux façades colorées, jardins, passages étroits dévoilant de petites merveilles de boutiques, restaurants, bars et cafés : Tallinn séduit et surprend.

L’histoire de ce petit pays de 1,3 million d’habitants se fait d’ailleurs aussi fascinante que son caractère souvent méconnu. Sur le point de célébrer son centenaire (en 2020), l’Estonie porte en elle une histoire marquée par l’invasion et l’occupation soviétique (des États baltes, soit l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie) obligeant une grande partie de la population à fuir le pays entre 1940 et 1950. Des bombardements, une période de grande noirceur, une protestation chantante légendaire et une indépendance adoptée une quarantaine d’années plus tard... Le pays et ses habitants sont doucement parvenus à se construire.

Aujourd’hui, les monuments commémoratifs se joignent aux vestiges de fortifications, aux tours, aux églises et aux châteaux de la ville pour relater ce passé trouble ayant façonné culture estonienne et traditions. Les restaurants médiévaux côtoient les établissements modernes, les cafés dissimulés dans les voûtes de pierres voisinent avec les nouvelles adresses indépendantes, le marché aux fleurs de la vieille ville partage désormais ses clients avec le tout nouveau marché et repère gourmand Balti Jaam.

Revivre l’histoire

Dans la vieille ville de Tallinn.
Photo Agence QMI, Sarah-Émilie Nault
Dans la vieille ville de Tallinn.

On aime de Tallinn cette façon qu’elle a de nous faire plonger dans le temps – assis­­­ à la terrasse d’un restaurant typique de la grande place par exemple – tout en étant bien de son temps. La preuve : lorsque l’on parvient à dénicher ces quelques bars secrets où se retrouvent les « locaux » ou lorsqu’on se balade dans le quartier Rotermann City, où les anciennes manufactures sont devenues des « in » bars, restos, cafés, boutiques et magasins.

Balade à vélo dans le port de Tallinn.
Photo Agence QMI, Sarah-Émilie Nault
Balade à vélo dans le port de Tallinn.

À vélo en compagnie de Christian, guide estonien chez City Bike Tallinn, c’est la ville hors de son centre historique que l’on a la chance de parcourir. Le temps d’une quinzaine de kilomètres menant à autant d’arrêts emblématiques du grand Tallinn. Le quartier résidentiel huppé Kadriorg, entre autres, dont les maisons de bois datant de l’avant-guerre se font les quasi seuls restants de l’architecture estonienne. Les parcs, le palais du président (de la présidente en fait, le pays ayant pour la toute première fois de son histoire une femme à sa tête), la scène du fort couru Festival estonien de la chanson (là où s’est tenue la fameuse grande protestation antisoviétique). Le parc, le jardin de fleurs et le palais de Kadriorg, maison d’été du tsar Pierre le Grand aussi. Puis, les mémoriaux élevés à la mémoire de ces marins et bateaux ayant fait naufrage dans les eaux de la mer Baltique au fil du temps. Enfin, le port de Tallinn où plus de 600 000 touristes débarquent chaque été et la plage, dont la promenade offre un joli point de vue sur le centre historique et l’agitée mer Baltique.

LA NATURE SAUVAGE DU PARC NATIONAL LAHEMAA

La Grande Guilde, située dans la vieille ville.
Photo Agence QMI, Sarah-Émilie Nault
L’ancienne base sous-marine soviétique du parc national Lahemaa.
Photo Agence QMI, Sarah-Émilie Nault
L’ancienne base sous-marine soviétique du parc national Lahemaa.

À 60 km de Tallinn, le village de Hara est installé dans le sauvage parc national Lahemaa. C’est le petit paradis qu’a choisi Jim Self pour construire – de ses mains – son Projekt-Kodu. Une « auberge écologique » se fondant à la perfection à la nature qu’elle respecte et qu’elle célèbre. Un lieu de tous les possibles prônant un inspirant mode de vie et de tourisme écologique et durable.

Une plage du  parc national Lahemaa.
Photo Agence QMI, Sarah-Émilie Nault
Une plage du parc national Lahemaa.

Si « kodu » signifie « maison » en estonien, c’est que le microvillage imaginé par cet Anglais routard et activiste devient un véritable chez-soi pour les voyageurs venus se ressourcer dans la forêt estonienne. Ils y dorment dans des tentes Bell de style bédouin (en formule privée ou partagée et dans de vrais lits !), y font du yoga en matinée et empruntent des vélos pour partir à la découverte de ce parc tranquille, ses petites plages et ses lacs. Ils se rendent aussi marcher sur les ruines de l’ancienne base sous-marine soviétique (un lieu secret où l’on procédait à la démagnétisation des sous-marins de l’Armée rouge) devenue aujourd’hui un port où l’on peut se procurer du poisson frais deux matins par semaine.

L’auberge écologique Projekt-Kodu.
Photo Agence QMI, Sarah-Émilie Nault
L’auberge écologique Projekt-Kodu.

Un sauna, des baignoires à pattes transformées en rustiques jacuzzis, des repas végétariens préparés à base de produits frais et biologiques par des employés internationaux et bénévoles, des douches en bois ronds, des produits biologiques et biodégradables ; le beau et fou Projekt-Kodu de Jim Self – qui y habite depuis six ans déjà, après avoir vendu tout ce qu’il possédait en Angleterre – est bien plus qu’une auberge unique au cœur de la forêt estonienne, c’est une communauté écologique créée à l’image de la nature indomptée qui l’entoure. (https://projekt-kodu.ee)

Ailleurs au pays

L’Estonie et ses 1521 îles se parcourent de bien belle façon à vélo (terrain plat, absence d’autoroute, peu de circulation). On se rend au nord pour découvrir les forêts, les villages de pêcheurs et les villes historiques entourant Rakvere, Narva et Narva-Joesuu et au sud pour admirer les lacs et collines de Tartu, du parc national Soomaa et de Viljandi.

BON À SAVOIR

  • Tallinn a été nommée meilleure destination abordable de 2018 par Lonely Planet.
  • Envie de parcourir Tallinn et le reste de l’Estonie à vélo ? www.citybike.ee
  • Pour en savoir plus sur l’Estonie, on visite le site officiel de tourisme : www.visitestonia.com