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Elle poursuit la Ville pour 700 000$

Une femme a été blanchie d’avoir résisté à une arrestation durant laquelle elle s’était fait casser un bras

Majiza Philip a dû se faire fixer une plaque de métal et six vis dans le bras après s’être fait fracturer l’humérus par un policier en novembre 2014. Elle poursuit maintenant la Ville de Montréal, sa police et deux de ses agents pour obtenir réparation. 
Photo d’archives, Vincent larin Majiza Philip a dû se faire fixer une plaque de métal et six vis dans le bras après s’être fait fracturer l’humérus par un policier en novembre 2014. Elle poursuit maintenant la Ville de Montréal, sa police et deux de ses agents pour obtenir réparation. 

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Une femme qui s’était fait casser un bras pendant une arrestation poursuit maintenant la Ville de Montréal et deux de ses policiers pour la somme de 700 000 $, alléguant que ceux-ci ont usé d’une force non nécessaire.

Majiza Philip avait d’abord été accusée pour avoir résisté à son arrestation, qui avait eu lieu à l’extérieur du théâtre Olympia, sur la rue Sainte-Catherine Est, en novembre 2014.

Une juge avait toutefois estimé en décembre dernier qu’elle était innocente et avait sévèrement blâmé les policiers qui l’avaient arrêtée, soulignant au passage les « nombreuses contradictions et invraisemblances » de leurs témoignages en cour.

Mme Philip a décidé de répliquer et elle a récemment déposé en Cour supérieure une poursuite que Le Journal a pu consulter.

Actions illicites

Les policiers Steve Thibert et Éric Sabourin « ont utilisé une force non nécessaire contre la plaignante [Majiza Philip] en ne respectant pas les principes de proportionnalité, de nécessité et de raisonnabilité », allègue-t-on dans le document.

Les deux agents « sont personnellement obligés de réparer les dommages causés par leurs propres actions illicites et intentionnelles envers la plaignante », avance la poursuite.

Celle-ci découle de l’arrestation de Mme Philip, le soir du 21 novembre 2014, alors qu’elle avait été arrêtée, puis maîtrisée par les agents Sabourin et Thibert.

Humérus cassé

La jeune femme prétendait avoir toqué dans la fenêtre d’une autopatrouille pour attirer l’attention d’un ami qui venait tout juste d’être arrêté pour ivresse sur la voie publique, entre autres. Les policiers avançaient plutôt qu’elle avait voulu fracasser la vitre de leur véhicule et tenté d’ouvrir la portière pour libérer son acolyte.

Les agents l’avaient alors brutalement arrêtée en utilisant une matraque pour immobiliser son bras droit et une clé de bras pour le gauche, fracturant son humérus au passage.

Encore aujourd’hui, Mme Philip continue de souffrir des conséquences de cette intervention, selon la poursuite.

En plus d’avoir perdu son emploi de cuisinière, elle a toujours des problèmes à effectuer certains mouvements avec son bras gauche, d’où sa demande de 100 000 $ pour pertes de revenus et dommages corporels.

À cela s’ajoutent des frais de 300 000 $ qu’elle réclame à la Ville et au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) pour dommages moraux.

Mme Philip dit encore craindre de sortir de chez elle et de croiser des policiers et on lui a aussi diagnostiqué un trouble de stress post-traumatique, affirme son avocat dans le document.

Arrestation « raciste » ?

Finalement, l’avocat de la jeune femme évoque la Charte des droits et libertés de la personne pour réclamer une autre somme de 300 000 $ en dommages punitifs à la Ville de Montréal.

Le fait que l’arrestation de Mme Philip était « illicite », mais aussi son caractère « racial », comme elle était l’une des seules personnes noires présentes au concert ce soir-là, justifie ce montant, selon la poursuite, pour un total de 700 000 $.

Jointe par Le Journal, Mme Philip a décliné une demande d’entrevue en disant qu’elle se prononcerait sur la poursuite dans les semaines à venir.

Le SPVM n’était pas en mesure de commenter l’affaire hier.