/weekend
Navigation

Fête de la musique de Tremblant: rêver avec Kent Nagano et l’OSM

ART-ANGÈLE DUBEAU ET KENT NAGANO    Dubeau Nagano
Photo Martin Alarie

Coup d'oeil sur cet article

Huit ans après son dernier passage chez elle, la Fête de la musique de Tremblant accueillera l’Orchestre symphonique de Montréal à l’occasion d’un grand concert extérieur gratuit, le 2 septembre prochain.

Pour l’occasion, Le Journal s’est entretenu avec le directeur artistique de l’OSM, Kent Nagano, à qui reviendra l’honneur de diriger ce concert qui promet de plonger le public au cœur de l’univers enchanteur des Mille et une nuits.

Que pouvez-vous nous dire au sujet du programme que vous allez présenter avec l’OSM, à la Fête de la musique ?

Nous avons voulu évoquer un monde mythique, un monde légendaire, qui rappelle les contes de l’enfance. Normalement, durant l’été, nous jouons des choses assez brillantes et fantastiques, comme l’Ouverture 1812 de Tchaïkovski ou des choses comme ça, mais cette année, nous avons voulu présenter quelque chose de plutôt magique. Nous voulions que toute la famille puisse rêver ensemble. C’est pour ça que nous avons choisi la suite symphonique Schéhérazade de Rimski-Korsakov et l’univers des Mille et une nuits. Tout le programme est conçu autour de cette idée des contes magiques.

Ce concert s’inscrit au sein de la série L’OSM dans les parcs, qui vous permet de vous produire gratuitement en extérieur, durant l’été. Pourquoi cette série est-elle importante, à vos yeux ?

Tous les ans, et ce, depuis plusieurs années, nous offrons des concerts gratuits. C’est bien sûr important de célébrer la Maison symphonique, puisque c’est notre maison, mais c’est important de respecter les traditions de l’OSM. Dès les débuts, le maestro Wilfrid Pelletier avait souligné que l’OSM devait exister pour toute la communauté. Il avait dit qu’il ne devait pas rester isolé et qu’il devait s’engager dans la communauté. C’est pour ça que nous offrons des concerts comme celui-là, que nous sortons des murs de la Maison symphonique. De présenter Schéhérazade dans le contexte de Tremblant, près de la nature et de toute cette beauté, ça va amener une autre perspective. De plus, nous allons jouer le soir.

Vous n’en serez pas à votre première visite à la Fête de la musique. Pouvez-vous nous parler de votre souvenir le plus marquant lié à l’événement ?

Nous avions un programme assez dramatique. Pendant toute la soirée, il y avait de grandes menaces d’orages. Tout le monde sur la scène, y compris moi, se demandait à quel moment ça allait venir. Ç’a ajouté au côté dramatique de la soirée. Le public aussi l’a ressenti. Il y avait un peu d’agitation dans l’air. Finalement, la pluie n’est pas venue durant le concert. C’est seulement lorsque j’ai donné le dernier coup de chef d’orchestre, au moment de la grande finale, que le ciel s’est ouvert et que la pluie s’est mise à tomber comme une chasse d’eau. Nous en parlons encore, aujourd’hui ! C’était tellement dramatique (rires). C’était digne d’un opéra de Wagner ! [Ce concert a eu lieu lors de la 10e édition de l’événement, en 2008, NDLR]

Il vous reste encore deux pleines saisons à titre de directeur artistique de l’OSM. Comment envisagez-vous les choses d’ici votre départ, en 2020 ?

Pendant toute cette formidable période où j’ai eu le plaisir de servir le public de Montréal, j’ai été marqué par la culture québécoise. Je suis venu ici et ç’a été une énorme découverte. Plus j’en apprenais, plus j’étais inspiré. Nous étions dans un moment de transition sur le plan financier, lorsque je suis arrivé. Ce n’était pas facile. Mais nous avons respecté l’idée que sur le plan économique, nous devions être responsables et investir dans l’avenir de l’orchestre (...) Malgré tout, nous avons priorisé la qualité. Je crois que c’est quelque chose dont l’orchestre peut être fier. Le résultat, après toutes ces années, c’est que je n’ai fait que des choses que j’avais vraiment envie de faire. D’un autre côté, nous avons compris que le bonheur ne vient pas toujours des grosses dépenses. Il vient plutôt de la créativité pure, sans compromis. Pour mes deux dernières saisons, nous allons continuer dans ce sens-là, mais en étant encore plus dramatiques que jamais.


► Tous les détails concernant la prochaine saison de l’OSM se trouvent à l’adresse osm.ca.