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Gertrude Bourdon rattrapée par ses textos

La nouvelle vedette libérale en santé estime avoir «été piégée» par la CAQ

Le dévoilement d’une première série d’engagements en santé par le chef libéral Philippe Couillard a eu tôt fait d’être éclipsé par la diffusion de textos remettant en question les déclarations faites la veille par sa candidate dans Jean-Lesage, Gertrude Bourdon, à propos de son flirt avec la CAQ. On aperçoit l’ex-PDG du CHU de Québec à la gauche du chef libéral.
Photo Marc-André Gagnon Le dévoilement d’une première série d’engagements en santé par le chef libéral Philippe Couillard a eu tôt fait d’être éclipsé par la diffusion de textos remettant en question les déclarations faites la veille par sa candidate dans Jean-Lesage, Gertrude Bourdon, à propos de son flirt avec la CAQ. On aperçoit l’ex-PDG du CHU de Québec à la gauche du chef libéral.

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Embarrassée par des textos compromettants, la candidate libérale Gertrude Bourdon, que Philippe Couillard promet à la tête du ministère de la Santé, croit avoir été « piégée » par la CAQ et l’entourage de François Legault.

L’ex-PDG du CHU de Québec, qui s’est sentie « attaquée » par tout ce qui s’est dit et écrit à son sujet depuis une semaine, reproche à l’entourage de M. Legault d’avoir diffusé « des échanges privés » qui auraient dû « rester privés », a-t-elle répété, en déplorant que sa « liberté » ait été « bafouée ».

Une capture d’écran provenant vraisemblablement du téléphone cellulaire du chef de cabinet de François Legault, Martin Koskinen (texte en bleu), qui échange par textos avec Gertrude Bourdon (texte en gris).
Photo courtoisie
Une capture d’écran provenant vraisemblablement du téléphone cellulaire du chef de cabinet de François Legault, Martin Koskinen (texte en bleu), qui échange par textos avec Gertrude Bourdon (texte en gris).

« Je ne sais pas qui a piégé qui, mais moi, ce que je dis, c’est que la vérité a ses droits », a répliqué le chef caquiste François Legault, depuis Saint-Amable, où il faisait campagne samedi.

M. Legault a aussi justifié le coulage des conversations privées effectué par son équipe. « C’est exceptionnel, mais [...] je vais laisser les Québécois juger de sa façon de se comporter », a-t-il lancé lors d’une mêlée de presse.

« L’occasion de marquer l’histoire »

Dans un échange de textos avec Mme Bourdon dont notre Bureau parlementaire a obtenu copie, le chef de cabinet de François Legault, Martin Koskinen, a écrit, le 16 août : « Je crois sincèrement que nous aurons l’occasion de marquer l’histoire. »

Mme Bourdon, qui se savait sollicitée par la CAQ, a alors répondu : « Je le crois aussi. »

Deux jours plus tard, elle rencontrait M. Legault chez lui, à Montréal, pour lui annoncer qu’elle ne porterait pas les couleurs de la CAQ. Le jour même, La Presse écrivait pourtant sur Mme Bourdon comme si sa candidature avec l’équipe de François Legault était chose faite.

Le droit de magasiner

« Je voudrais simplement dire aux citoyens du Québec que vous avez le droit de comprendre, d’analyser et de faire votre choix libre le 1er octobre. [...] Vous comprenez que, comme citoyenne, j’ai pu me sentir piégée », a déclaré Mme Bourdon, samedi matin, en marge du dévoilement d’engagements en santé aux côtés de Philippe Couillard.

Lors de l’annonce de sa candidature avec les libéraux dans Jean-Lesage, vendredi, Mme Bourdon disait pourtant qu’elle n’avait « rien négocié avec personne ». « J’étais en échange, en discussion avec M. Legault », a-t-elle assuré, en expliquant qu’elle voulait simplement « comprendre c'est quoi, la bibitte ».

« Vous l’avez lu le texto. J’ai dit, oui, on va marquer l’histoire. À ce moment-là, je savais [...] que j’allais rencontrer M. Legault pour lui dire que je n’irais pas à la CAQ », a indiqué Mme Bourdon, samedi.

 

Ce qu’ils ont dit

« On va aller éteindre les feux de Philippe Couillard », a dit François Legault, assis dans un camion de pompier, lors d’un bain de foule à Saint-Amable en Montérégie. 
Photo Charles Lecavalier
« On va aller éteindre les feux de Philippe Couillard », a dit François Legault, assis dans un camion de pompier, lors d’un bain de foule à Saint-Amable en Montérégie. 

« Je pense que Mme Bourdon, lorsqu’elle m’a rencontré trois fois, elle savait très bien qu’elle avait affaire à des gens qui étaient très publics »

« C’est exceptionnel, mais la vérité a encore ses droits et moi je vais laisser les Québécois juger de sa façon de se comporter » – François Legault


« Au moment où j’ai texté qu’en effet, on allait marquer l’histoire, ma décision était prise que je n’irais pas à la CAQ »

« Ce que je voudrais que les citoyens comprennent aujourd’hui, c’est qu’on est rendus là avec certaines personnes, dans une société où la liberté individuelle est bafouée, parce que des échanges privés doivent rester privés » – Gertrude Bourdon