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La fierté passe par l’éducation

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Ramener la fierté au Québec passe par l’éducation, dans un contexte favorable à cet enjeu qui préoccupe les jeunes générations, ce qui devrait pousser les partis à en faire enfin une véritable priorité nationale.

« L’éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde », disait le regretté Nelson Mandela, dont on a souligné cet été le centième anniversaire de naissance.

Le Québec n’y fait évidemment pas exception. C’est par l’éducation que passent notamment une multitude de connaissances liées à sa culture francophone, sans cesse menacée, de même qu’à son ouverture sur le monde.

Les gouvernements promettent depuis Jean Lesage de faire de l’éducation une priorité nationale. Des pas de géants ont certes été franchis depuis la Révolution tranquille, mais de nombreuses réformes mal arrimées ont aussi grevé cet élan de fierté qui en a résulté.

Plusieurs « candidats malheureux » ont de fait placé l’éducation en tête de leurs plans pour le Québec, constate Éric Montigny, directeur de la Chaire de recherche sur la démocratie et les institutions parlementaires à l’Université Laval. Mais cette fois, la conjoncture a changé et s’avère des plus favorable. « Il est clair qu’un thème comme l’éducation peut être porteur », souligne le politologue.

Nouveaux phénomènes

Deux phénomènes nouveaux vont en effet modeler la prochaine campagne électorale. M. Montigny a cosigné, en 2016 avec Marie Grégoire et Youri Rivest, l’ouvrage Le cœur des Québécois, dans lequel on décrit l’éclatement du Québec contemporain.

D’autres enjeux remplacent peu à peu les étiquettes du Oui et du Non dans les débats, observent les auteurs. Ainsi, pour la première fois en 50 ans, l’enjeu de l’indépendance du Québec est complètement évacué.

Puis, comme l’avait déterminé une étude du professeur de sciences politiques François Gélineau en 2015, ce sera la première élection au Québec où la génération X détiendra la balance du pouvoir, alors que les baby-boomers ne formeront plus le plus grand groupe d’électeurs au Québec.

Ce sont ces mêmes jeunes qui, selon plusieurs indicateurs, réclament des changements à la société québécoise et font de la famille LA grande priorité. C’est ce qui ressort notamment d’un coup de sonde Léger-L’état du Québec-L’Actualité publié en janvier dernier.

Or, qui dit famille dit aussi éducation. Dans un sondage CROP mené en 2016 pour la Chaire de recherche dirigée par M. Montigny, on voit que chez les jeunes de 18 à 34 ans, l’éducation se hisse au second rang des enjeux les plus importants pour déterminer leur vote, derrière la santé et devant la création d’emplois et la croissance économique. Le même thème s’y classe au troisième rang pour l’ensemble des 1000 répondants.

Pistes de réflexion

En début d’année, le libéral Sébastien Proulx parlait dans son livre Un Québec libre est un Québec qui sait lire et écrire de l’importance de « reconnaître les responsabilités de tous face à l’éducation et l’importance d’une réelle mobilisation ». Il y propose d’ailleurs des pistes de réflexion fort intéressantes, et plaide pour l’ouverture vers de nouveaux horizons.

Le sujet s’invitera assurément dans la campagne électorale. M. Montigny souligne que le défi des partis, en termes de communication politique, consistera à présenter des mesures compréhensibles, ciblées, et dont l’efficacité sera mesurable par les électeurs.

On les attend.