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Finale en apothéose pour Sharp Objects

La série de Jean-Marc Vallée s’est terminée en point d’exclamation dimanche soir à HBO

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Encore sous le choc ? Après avoir mijoté doucement pendant sept épisodes, Sharp Objects s’est terminé en cinquième vitesse dimanche soir à HBO. Une finale terrifiante et riche en rebondissements finement concoctée par Jean-Marc Vallée et brillamment rendue par trois actrices en état de grâce.

Bien entendu, si vous n’avez pas encore regardé cette heure ultime de télévision, arrêtez votre lecture ici. Sharp Objects a beau être adapté d’un roman de Gillian Flynn paru en 2006, sa conclusion mérite d’être visionnée sans connaître les clés d’une intrigue qui s’est déployée lentement, mais ô combien sûrement.

Sachant qu’Aurora (Patricia Clarkson) souffrait du syndrome de Münchhausen par procuration, ce qui l’entraînait à empoisonner ses enfants pour inspirer la compassion, cet épilogue à haute intensité avait des airs de délicieuse – mais effroyable – agonie.

On prédit à Patricia Clarkson (Adora) plusieurs trophées d’interprétation pour son portrait d’une mère troublée et troublante.
Photo courtoisie
On prédit à Patricia Clarkson (Adora) plusieurs trophées d’interprétation pour son portrait d’une mère troublée et troublante.

Entre les mains d’un réalisateur moins méticuleux, cette finale de Sharp Objects aurait pu ressembler à n’importe quel film de suspense de série B des années 1990 dans lequel l’héroïne se retrouve prisonnière d’une maison de fous. Heureusement, la catastrophe a été évitée.

Que ce soit au moyen d’un montage millimétré alternant entre présent et passé, ou encore d’un morceau de musique classique laissé en toile de fond lors d’un souper tendu, le cinéaste de C.R.A.Z.Y. et Café de Flore a apporté une touche de poésie au dénouement. Chaque plan était d’une rare beauté. Sans effets clinquants inutiles.

Les trois étoiles

Amy Adams (Camille) a sans doute joué son plus grand rôle en carrière.
Photo courtoisie
Amy Adams (Camille) a sans doute joué son plus grand rôle en carrière.

Et que dire du jeu des trois comédiennes au cœur du drame psychologique ? À couper le souffle. Durant toute la série, Amy Adams a fait cheminer sa Camille entre force et vulnérabilité telle une fildefériste d’expérience. Et Patricia Clarkson, d’une douceur aussi cruelle que terrifiante en mère légèrement fêlée, récoltera tous les prix d’interprétation au cours des 12 prochains mois.

La révélation de Sharp Objects demeure toutefois Eliza Scanlen, qui n’a jamais cessé de nous captiver en adolescente troublée. La jeune Australienne n’a pas fini de faire parler d’elle.

La jeune actrice australienne Eliza Scanlen (Amma) s’est avérée la découverte de Sharp Objects.
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La jeune actrice australienne Eliza Scanlen (Amma) s’est avérée la découverte de Sharp Objects.

Consécration en vue

Parlant de trophées, Sharp Objects devrait permettre à Jean-Marc Vallée de refaire la ronde des tapis rouges à compter des Golden Globes en janvier. On prédit au réalisateur plusieurs nominations – et victoires – aux Emmy et autres DGA Awards.

Sharp Objects n’est peut-être pas devenu un phénomène culturel aux États-Unis au même titre que Big Little Lies, mais elle continuera de hanter, pendant un certain temps, les deux millions d’Américains qui l’ont suivie religieusement depuis juillet. Juste à repenser aux 15 dernières secondes du dernier épisode, des frissons nous traversent le corps.

Et ensuite ?

Après avoir passé les deux années à travailler sans relâche, Jean-Marc Vallée s’accorde une pause jusqu’en janvier. On ignore quel sera son prochain projet. Mais une chose est sûre : après avoir frappé fort coup sur coup avec Big Little Lies et Sharp Objects, toute la planète portera attention.