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Honda Clarity: clairement électrique

Avec la Clarity, Honda offre enfin une voiture électrifiée désirable. Cette nouveauté se compare d’ailleurs très favorablement à la championne des voitures hybrides rechargeables : la Chevrolet Volt.
Photo courtoisie, Honda Avec la Clarity, Honda offre enfin une voiture électrifiée désirable. Cette nouveauté se compare d’ailleurs très favorablement à la championne des voitures hybrides rechargeables : la Chevrolet Volt.

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Honda se relance dans l’aventure des autos électriques avec la Clarity. De taille intermédiaire, cette nouveauté mise sur une motorisation hybride rechargeable, la formule idéale pour éviter aux automobilistes qui découvrent la conduite électrique toute forme de stress liée à une autonomie contraignante.

Le constructeur japonais Honda tente une nouvelle percée sur le marché des véhicules « verts » au Canada avec la berline Clarity. Conçue pour exploiter diverses formules d’électrification, cette voiture est proposée avec un groupe motopropulseur hybride rechargeable. Chez nos voisins du Sud, toutefois, Honda propose également deux Clarity 100 % électriques : une première utilisant une pile à combustible (à hydrogène) et une seconde dotée d’une batterie au lithium-ion de plus grande capacité que celle de l’hybride rechargeable (25,5 kWh plutôt que 17), l’automobile dont nous avons fait l’essai.

À l’instar d’une Chevrolet Volt, la Clarity offre le meilleur de deux mondes. D’une part, la batterie de cette berline de taille intermédiaire lui procure une autonomie électrique de 76 km, dans les meilleures conditions, du moins. Ce serait assez pour satisfaire les besoins du citoyen canadien moyen qui, selon Statistiques Canada, ne parcourt pas plus de 50 km quotidiennement pour aller au travail et en revenir.

D’autre part, puisque cette voiture dispose aussi d’un moteur à essence, on peut s’en servir sans hésiter pour faire une tournée estivale de la province en famille. Son constructeur lui attribue, en effet, une autonomie totale de 547 km. Après ? Il suffit de faire un arrêt à la pompe pour remplir le petit réservoir à essence de 26 L. Et voilà la Clarity prête à reprendre la route, même si sa batterie n’a pas été rechargée. C’est la formule « 0 stress » !

Construite à l’usine Honda de Sayama, au Japon, la Clarity utilise la troisième génération d’un groupe motopropulseur développé initialement pour l’Accord hybride 2014. Appelé i-MMD (pour « Intelligent Multi-Mode Drive »), il comprend deux moteurs électriques et un moteur thermique. Un moteur électrique fournit la puissance d’entraînement en mode électrique et hybride, alors que l’autre sert à la fois de démarreur et de génératrice. Le moteur thermique, un 4-cylindres de 1,5 L à cycle Atkinson, sert à l’entraînement des roues avant, et, au besoin, à la production d’électricité pour recharger la batterie au lithium-ion de 17 kWh logée sous le plancher et la banquette arrière. Cet ensemble livre une puissance nette de 212 ch à la Clarity. Cela la place loin devant la Volt et ses 149 ch, et plus encore de la Prius Prime qui lambine avec ses 121 ch.

TRÈS PEU GOURMANDE

Le constructeur attribue néanmoins à cette voiture, capable d’accélérer de 0 à 100 km/h en tout juste 8 s, une consommation moyenne très raisonnable, soit 5,6 L/100 km. À côté de cela, la Honda Accord la moins gourmande paraît énergivore avec sa cote moyenne de 7,2 L. Pour sa part, l’Accord hybride paraîtra un peu plus attrayante avec sa moyenne de 5,1 L, mais il faut se rappeler qu’elle n’est pas conçue pour rouler en mode électrique comme une hybride rechargeable. Grâce à cela, la Clarity peut faire beaucoup mieux que les 5,6 L annoncés. Lorsqu’on l’utilise principalement en milieu urbain, pour de courts trajets permettant de faire des recharges fréquentes de la batterie, il est possible de réduire la cote moyenne considérablement. Ainsi, au terme d’une semaine d’utilisation, avec 550 km parcourus principalement en ville, nous avons obtenu une moyenne de seulement 3,4 L !

Quoique volumineux, le coffre de la Clarity n’est pas un exemple d’aménagement efficace.
Photo courtoisie, Honda
Quoique volumineux, le coffre de la Clarity n’est pas un exemple d’aménagement efficace.

Puis, lorsque vient le moment de recharger la batterie, deux heures et demie suffisent pour effectuer cette opération à l’aide d’une borne de recharge de 240 v. Faute de mieux, une prise murale résidentielle de 120 v permet de la recharger en une douzaine d’heures. Cela permet d’imaginer un scénario où l’utilisateur, qui revient du travail, branche sa Clarity avant le souper, puis la débranche le lendemain matin, au moment de repartir au travail avec une batterie rechargée à bloc. Ce scénario n’est toutefois pas sans écueils. Ainsi, il implique un accès libre à une source d’électricité, ce qui n’est pas toujours le cas dans les résidences en copropriété. De plus, les usagers de véhicules électriques découvrent rapidement que le câble de recharge, qui est souvent sale ou mouillé, engendre des dépenses occasionnelles chez le nettoyeur...

Et puisqu’il est question du coffre, où les concepteurs de la Clarity ont prévu un petit espace de rangement pour ce câble, précisons qu’il est volumineux, presque autant que celui d’une berline Accord (439 L contre 473). Malheureusement, son couvercle lourd découvre une ouverture large, mais vraiment pas très haute. De plus, ses formes irrégulières et son plancher en escalier le rendent difficile à exploiter. Enfin, en abaissant les dossiers 60/40 de la banquette arrière, on découvre une très petite ouverture. En somme, ce coffre modulable n’est pas aussi pratique qu’on l’imaginerait.

DEUX VERSIONS

Au Canada, Honda propose deux niveaux de dotation pour la Clarity : de base et Touring ; une gamme simple pour un modèle encore peu connu et vendu en très petite quantité. Avec des dimensions proches de celles d’une Accord, la Clarity est spacieuse et confortable. Son aménagement intérieur se veut aussi distinctif (certains diront excentrique) que la silhouette de sa carrosserie. À tout le moins, les espaces de rangement sont nombreux et la console centrale « flottante » y contribue largement. Le découpage de couleurs du tableau de bord lui évite une apparence massive. En revanche, son recouvrement façon suédine n’est pas facile à nettoyer. Comme la Volt, la Clarity est munie des systèmes Android Auto et CarPlay d’Apple (qui font défaut à la Prius Prime), et sa dotation de série comprend un ensemble de dispositifs d’aide à la conduite relativement complet. Il manque cependant à cette voiture, qui coûte plus de 40 000 $, des réglages électriques pour les sièges avant.

Très spacieuse, la Honda Clarity a un aménagement intérieur qui se veut aussi distinctif (certains diront excentrique) que la silhouette de sa carrosserie.
Photo courtoisie, Honda
Très spacieuse, la Honda Clarity a un aménagement intérieur qui se veut aussi distinctif (certains diront excentrique) que la silhouette de sa carrosserie.

L’attrait principal de la Clarity est donc sa faible consommation combinée à une autonomie électrique satisfaisante. Ces 76 km la placent d’ailleurs au second rang des hybrides rechargeables derrière la Volt, la championne en la matière, pour laquelle Chevrolet promet 85 km. Une autonomie pareille rend ces deux voitures nettement plus désirables que leurs principales rivales : la Hyundai Ioniq PHEV (47 km), la Toyota Prius Prime (40 km) et la Ford Fusion Energi (34 km). Mais voilà, dans l’univers des véhicules électrifiés, on paye pour l’autonomie. La Clarity comme la Volt le démontrent par leurs prix de base respectifs qui gravitent autour de 40 000 $. Les trois rivales, elles, affichent des prix de base 10 000 $ moins élevés environ. Mais à notre avis, l’écart de prix de la Clarity se justifie nettement, d’autant plus qu’elle est sujette à un rabais à l’achat de 8000 $ consenti par le gouvernement québécois. Un avantage non négligeable !

En attendant la Clarity à hydrogène...

Honda Clarity à pile à combustible.
Photo courtoisie, Honda
Honda Clarity à pile à combustible.

En juin dernier, Honda Canada était présent à l’inauguration de la première station de ravitaillement en hydrogène de Shell et HTEC (Hydrogen Technology & Energy Corporation) au pays. Située à Vancouver, en Colombie-Britannique, elle contribuera à populariser les véhicules électriques utilisant ce type de carburant, comme la Clarity à pile à combustible offerte par Honda chez nos voisins états-uniens depuis peu. Une voiture qui a pour seuls rejets des vapeurs d’eau ! « Nous applaudissons le geste de Shell et de HTEC puisque l’investissement dans la construction d’infrastructures de ce genre permet de démontrer l’énorme potentiel de la technologie des piles à combustible à hydrogène », a déclaré Jean-Marc Leclerc, vice-président principal Ventes et Marketing de Honda Canada. « Nous sommes impatients de voir ces infrastructures s’étendre au reste du pays », a-t-il ajouté. Dès la fin des années 80, Honda a identifié l’hydrogène comme une solution de rechange aux problèmes écologiques actuels liés à l’automobile. Puis, en 2002, ce constructeur a été le premier au monde à recevoir l’autorisation du gouvernement américain pour commercialiser une première auto à hydrogène : la FCX Clarity, l’ancêtre de la Clarity à pile à combustible de seconde génération qui a été dévoilée en 2016.

Honda Clarity

Prix de base

  • 39 900 $ (de base) ;
  • 43 900 $ (Touring).

Transport et préparation

1655 $

Groupe motopropulseur

L4 DACT à cycle Atkinson de 1,5 L, moteur électrique de 135 kW, puissance nette de 212 ch, batterie au lithium-ion de 17 kWh. Boîte de vitesses automatique à variation continue. Roues motrices avant.

Particularités

Suspension indépendante aux quatre roues. Freins à disque aux quatre roues. Antiblocage de série. Pneus : P235/45R18.

Cotes

Empattement : 2750 mm ; longueur : 4895 mm ; largeur : 1902 mm ; hauteur : 1478 mm. Poids : 1843 kg. Volume du coffre : 439 L. Volume du réservoir : 26,5 L. Consommation moyenne (constructeur) : 5,6 L/100 km.

Concurrence

Audi A3 e-Tron, BMW i3 et i3s, Chevrolet Volt, Ford Fusion Energi, Hyundai Ioniq PHEV, Kia Niro PHEV, Mini Countryman PHEV, Mitsubishi Outlander PHEV, Toyota Prius Prime

Points forts

  • Consommation attrayante
  • Intérieur très spacieux
  • Finition soignée
  • Conduite silencieuse et souple

Points faibles

  • Coffre peu pratique
  • Suspension perfectible
  • Pas d’essuie-glace à l’arrière