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Sept filles et un atelier : en mode collaboration

Sept filles et un atelier : en mode collaboration
Photo Agence QMI, JOEL LEMAY

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MONTRÉAL | Si l’industrie de la mode est reconnue pour être compétitive, sept créatrices de Montréal ont décidé de faire un pied de nez à cette prémisse, en travaillant sous le même toit dans le quartier Villeray.

Sofia Sokoloff, qui a fondé la ligne de dessous féminins qui porte son nom, a d’abord fait l’acquisition d’un immeuble en décrépitude à la fin de l’année 2016, avec l’espoir de créer un espace de travail collectif.

«Je voulais m’entourer d’entrepreneures qui vivent la même chose que moi. En tant que travailleur automne, on est souvent laissé à nous-mêmes », explique-t-elle.

Par la force des choses, Lovan M, Gibou, Horace Jewellery et Kid’s Stuff, toutes issues du milieu de la mode, se sont greffées à l’atelier.

Même si elles sont toutes designers, chacune possède une expertise qui leur est propre. Pendant qu’une s’occupe à tricoter des tuques, les autres confectionnent des bijoux à la main ou dessinent des patrons de vêtements pour bébé ou pour femmes.

Lorsque la propriétaire choisit de nouvelles recrues, elle s’assure que celles-ci n’entrent pas en compétition avec les entrepreneures qui occupent déjà l’espace.

La solitude de l’entrepreneur

Avant de s’installer dans le petit atelier du quartier Villeray, les créatrices souffraient toutes de solitude.

«Je suis venue à l’atelier par hasard pour échanger un sous-vêtement Sokoloff que j’avais achetée sur internet», se rappelle Sarah Beaudoin, la fondatrice de Gibou, une entreprise qui conçoit des bandeaux ou des tuques fabriqués à la main.

«À ce moment-là, j’avais un atelier dans le quartier Chabanel, mais je cherchais un endroit qui était tourné davantage vers la création que la production. Ç’a été un coup de cœur, je me suis vue évoluer ici et y faire évoluer mon entreprise ».

Alexandra Cloutier-Bernier et Marie-Josée Fleury, quant à elles propriétaire d’Horace Jewellery, fabriquaient leurs bijoux dans le sous-sol de leurs parents, durant les premières années.

«On a déménagé quatre fois avant d’arriver à l’atelier et cette décision a été l’une des meilleures qu’on a prise pour notre entreprise parce qu’on a pu échanger avec des personnes qui nous ressemblent et qui relèvent les mêmes défis que nous au quotidien », confirme Alexandra.

Le fait de travailler sous le même toit leur permet de partager des idées, des expertises ou des contacts. En tant qu’entrepreneures, elles s’entendent pour dire que la cohabitation ne leur nuit pas ; au contraire, elle les aide à développer leur marque personnelle.