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Accusé de sexisme par le PLQ, François Legault dénonce une «job sale»

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Philippe Couillard tolère que ses troupes comparent le chef caquiste à Donald Trump et l’accusent d'être sexiste même s’il souhaitait une campagne propre, alors que François Legault et Jean-François Lisée dénoncent une «job sale» et une comparaison «odieuse».

«Les libéraux sont en panique. Ils ne savent plus quoi utiliser contre moi. Trop c’est comme pas assez. Là, c’est vraiment trop, de me démoniser. Les Québécois sont plus intelligents que ça», a lancé M. Legault, lundi, en marge d’une annonce à Bromont où il dévoilait son allocation famille.

«Marwah Rizqy et Christine Saint-Pierre sont sorties hier à la demande du bureau du premier ministre et de ses communicateurs, qui sont des hommes. Il y a des hommes qui ont décidé d’envoyer une tonne de briques sur François Legault et il y a deux femmes qui auraient dû à mon avis refuser», a affirmé de son côté Jean-François Lisée, lors d’une conférence de presse sur la mobilité à Montréal.

Ils réagissaient tous les deux aux attaques virulentes de la ministre Christine St-Pierre et la candidate libérale Marwah Rizqy, qui ont accusé dimanche François Legault d’afficher un «féminisme de façade», l’ont comparé à Donald Trump et l’ont accusé d’avoir commis des «actions sexistes».

Le chef libéral Philippe Couillard a de son côté défendu le droit de Marwah Rizqy et Christine St-Pierre à dire «ce qu’elles ressentent». «Moi je crois que quand les femmes ressentent ça, surtout des femmes qui ont déjà été la ministre de la Condition féminine, par exemple, et une jeune femme qui est une professionnelle engagée, si elles ressentent ça, je pense qu’elles ont la liberté de le dire», a dit le premier ministre.

M. Couillard avait pourtant dit en début de campagne qu’il souhaitait une campagne d’idée. «Je n’ai pas l’intention de descendre dans ce niveau de débat, de discussion. La politique, ça devient facilement personnalisé. Et moi, je ne veux pas ça. Je crois que mes collègues non plus; j’espère que mes collègues non plus ne le veulent pas», a-t-il ajouté.

Un homme «pur» qui fait faire «ses jobs sales»

François Legault se demande toutefois si la sortie n’était tout simplement pas commandée par Philippe Couillard et sa garde rapprochée. «Est-ce lui qui a demandé à Christine St-Pierre de faire cette sortie-là? Est-ce qu’il se promène comme un homme pur, mais il envoie d’autres personnes faire la job sale?», s’est demandé le chef caquiste.

«Moi, si j’avais une candidate qui a dit ce que Christine St-Pierre a dit hier, elle aurait reçu un coup de téléphone de ma part pour dire, mettez en pas plus que le client en demande. On ne peut pas attaquer des gens sur le sexisme basé sur des faits comme ceux-là, c’est ridicule», a-t-il ajouté.

M. Legault a indiqué qu’il a apprécié le geste de soutien du chef péquiste Jean-François Lisée, qui a lui aussi dénoncé ces attaques. Il s’est dit insulté «d’une certaine façon» d’avoir été comparé au président américain Donald Trump. «Je pense que dans mes relations avec les êtres humains, j’essaie toujours d’être respectueux», a-t-il affirmé.

Il a fait un lien entre cette attaque et une autre, en mars, ou le PLQ avait associé la CAQ au nationalisme ethnique. «Carlos Leitao, je pensais que c’était un gars tout doux, il m’a presque traité de raciste. Christine St-Pierre, ce n’est pas la première fois qu’elle fait des attaques. Je ne veux pas me laisser distraire», a dit M. Legault.

Persiste et signe

La libérale Marwah Rizqy, pour sa part, a renchéri aujourd’hui sur les médias sociaux. «Le féminisme de façade de la CAQ se manifeste à nouveau aujourd’hui avec le musellement de la candidate Marguerite Blais empêchée de débattre et le retour des bébés bonus de François Legault», a-t-elle écrit.

Elle faisait référence à l’annonce de François Legault sur son allocation famille, une bonification du crédit d’impôt remboursable pour le soutien aux enfants et à un débat annulé de Marguerite Blais à la suite d’une directive de la CAQ, selon le quotidien le Soleil.

Avec la collaboration de Geneviève Lajoie et Marc-André Gagnon