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Les fondamentalistes amis des chiens

GEN-34E �DITION DU D�FIL� DE LA FI�RT� MONTR�AL
Photo Agence QMI, Dario Ayala

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J’aime les chiens et les chats. Mais je ne crois pas qu’ils soient des humains. Ce sont des animaux que l’on peut fréquenter lorsqu’ils sont domestiqués.

Je suis estomaquée par le nombre de déchaînés qui se portent à la défense des pitbulls et autres molosses qui sont l’équivalent des kalachnikovs et qui attaquent les humains. Ces chiens sont domptés par leur maître. Or, pour autant qu’on en juge, certains maîtres ne sont pas eux-mêmes domptés ni domptables.

Nombre d’« amis » des chiens refusent de blâmer ces prédateurs. Je pense à la mairesse de Montréal, sœur Sourire, qui refuse d’interdire ces animaux qui tuent des femmes, arrachent le bras d’un enfant, mordent au sang le corps d’une femme et dévisagent des fillettes. Tout cela depuis deux ans.

Euthanasie

Et que penser de ce pitbull en « observation » à la SPCA selon un « protocole » afin d’analyser son ADN ? Quelle importance de connaître sa race ? Il devrait avoir été euthanasié le jour même où il a arraché le bras d’un garçonnet et ouvert le crâne d’une fillette.

Madame la mairesse de Montréal est désolée, triste, secouée, assure-t-elle. Mais est-ce pour les enfants, pour le chien ou pour les deux ?

L’homme est un animal raisonnable, selon la définition du dictionnaire. Dans toute la saga autour de ces brutes à poil court et à la mâchoire de fauve, l’on découvre que les propriétaires de ces chiens, les vétérinaires, la SPCA et autres fous des canins se transforment eux-mêmes en pitbulls. Ils se déchaînent sur les réseaux sociaux où l’on découvre qu’ils forment un lobby sans frontières.

Que penser de nos chefs de partis politiques québécois qui refusent d’affronter ce lobby de fondamentalistes de ces chiens à gueule ouverte et tergiversent sur les droits de la personne ? Sœur Sourire, elle, en pédagogue de pointe moralise sur la responsabilité des propriétaires.

Chiens enragés

Mais dans quel monde vivons-nous désormais où des gens ont déploré spontanément cette semaine que les policiers qui ont abattu une de ces brutes sur pattes, qui venait de dévorer la main, la jambe et le pied d’une dame, aient tiré 10 coups de feu sur l’enragé canin ? Notons que les policiers ont d’abord utilisé une arme à pulsion électrique afin de maîtriser l’animal, mais en vain. Un témoin a même déclaré au Journal : « Je ne comprends pas pourquoi les policiers ont tiré autant de fois ; le pauvre chien a reçu des balles sur tout le corps. »

Quand l’émotion pour les animaux est plus grande et intense que celle que l’on ressent pour les humains, en l’occurrence la dame victime, on peut en conclure que l’homme est un animal déraisonnable. L’animal n’a pas de droits, n’ayant pas de conscience. Hélas, l’anthropomorphisme, c’est-à-dire l’attribution des comportements humains à des chiens créés pour tuer, est entré dans une dérive qui en dit long sur la perte des repères qui caractérise notre monde dit civilisé.

Madame Christiane Vadnais, qui s’est fait dévorer littéralement par un molosse dans sa cour en juin 2016, ne peut tristement pas encore reposer en paix.