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Les jeunes ne veulent rien changer

Les jeunes ne veulent rien changer
TOMA ICZKOVITS/AGENCE QMI

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Le 1er octobre prochain, les milléniaux représenteront le tiers des électeurs au Québec. C’est dire que leur poids politique est de plus en plus important. Je vous avertis : surveillez les jeunes. Ce sont eux qui créeront la prochaine vague au Québec.

Les récents sondages se suivent et se ressemblent. Le parti le plus populaire chez les jeunes de 18 à 34 ans est le Parti libéral du Québec. Dans le dernier sondage Léger, ces jeunes appuient les libéraux à 32 %, et la CAQ à 25 %.

Vous avez bien lu : les jeunes Québécois appuient le Parti libéral du Québec et ne sont pas au diapason des appels aux changements de la majorité des Québécois. Vous allez me dire que nous n’avons plus la même jeunesse que celle qui a porté René Lévesque au pouvoir en 1976.

Vous avez raison.

Une cassure

Plus j’analyse ma génération, plus que je m’aperçois d’une chose : les jeunes désirent davantage se faire une place dans le système actuel plutôt que d’en construire un nouveau. Fini mai 68, l’interdiction d’interdire et la construction d’un monde nouveau.

Nous faisons face à une nouvelle jeunesse, qui considère peut-être le statu quo comme une bonne chose. Pour eux, individuellement, du moins.

Une véritable cassure avec l’attitude des baby-boomers, au moment de leur jeunesse, qui aspirait à faire table rase du passé pour repartir à neuf. Qu’on dise ce que l’on veut sur cette génération, ils ont eu l’audace d’essayer de changer un monde qui ne leur plaisait pas.

Conséquence : actuellement, les moins insatisfaits du gouvernement Couillard sont les 18-34 ans à 55 %! Les boomers, quant à eux, sont insatisfaits à 69 % du gouvernement.

Désintéressé

Il faut aussi dire que les préoccupations politiques de la jeunesse s’arriment aussi avec l’ADN du Parti libéral. Des préoccupations pragmatiques, décomplexées, très affairistes et collées sur le quotidien.

Baisse d’impôts, meilleur accès aux soins de santé et diminution des embouteillages : voilà ce qui préoccupe une bonne partie de la jeunesse québécoise.  

Questionnez les jeunes familles prises à la gorge par les dettes : le discours sur la nécessité de baisser les impôts et les taxes a fait son chemin.

C’est donc une génération attachée à l’argent et au capitalisme, pour le meilleur et pour le pire.

Et qu’on ne se raconte surtout pas d’histoire : ma génération ne s’intéresse pas vraiment à la politique québécoise. Quand on est désintéressé, on finit souvent par voter — si vote il y a — pour la continuité. Tout changement tire son origine dans l’insatisfaction. 

Déception

En fait, pour la plupart d’entre nous, nous avons seulement connu les déboires de la politique. Le côté sombre de la force. À commencer par la déception de beaucoup de nos parents après le référendum de 1995 où le projet porté par une génération s’est graduellement éteint.

Ensuite viennent le déficit zéro, la corruption, la commission Charbonneau et l’austérité libérale. Ces événements ont agi comme un véritable repoussoir. Comme si c’était maintenant impossible de changer les choses par la politique.

D’ailleurs, seriez-vous capable de nommer une victoire collective et politique à laquelle les jeunes ont participé, ou du moins assisté, au Québec? Poser la question, c’est y répondre.

Si tous les indicateurs sont négatifs pour les libéraux, ils peuvent néanmoins bâtir leur campagne sur l’appui des jeunes. Ce sont toujours eux qui donnent de l’enthousiasme et de l’énergie à une campagne et propulsent les politiciens au pouvoir.

Demandez donc à Justin Trudeau, Jack Layton, Barack Obama, Emmanuel Macron et Valérie Plante!