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On prend six mois pour diagnostiquer son cancer du sein

Suzanne Martel
Photo Simon-Pier Ouellet Suzanne Martel, 67 ans, a appris qu'elle avait un cancer du sein.

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GATINEAU | Le centre de santé de l’Outaouais (CISSSO) a pris six mois à analyser des échantillons d’une femme atteinte d’un cancer du sein alors que les normes acceptables sont de 15 jours.

Suzanne Martel a appris en juillet qu’elle était atteinte d’un cancer du sein alors que l’échantillon avait été prélevé en janvier lors d’une réduction mammaire. Elle craint qu’en six mois, son cancer ait progressé.

« On m’a expliqué que c’est un cancer sournois qui se propage. Ce n’est pas normal de recevoir les résultats du pathologiste six mois plus tard. C’est inacceptable. C’est de la folie », dénonce la femme de 67 ans.

Comme le médecin n’avait aucun motif de croire que la femme était atteinte d’un cancer, les échantillons ont été envoyés au laboratoire de pathologie en janvier avec une cote de priorité de routine.

En principe, les résultats auraient dû parvenir après 15 jours ouvrables. Mais le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais tarde à rattraper le retard causé par des travaux de rénovation à son laboratoire.

« Combien y a-t-il de femmes comme moi qui ont eu un diagnostic plusieurs mois plus tard ? Je ne suis pas la seule dans la région. J’espère que personne n’est à l’article de la mort à cause de ces retards », dit Mme Martel, qui a communiqué avec le bureau du ministre de la Santé Gaétan Barrette après son diagnostic.

Cas prioritaires

Son message semble avoir été entendu puisque le CISSSO a admis avoir revu ses façons de faire depuis le cas de Suzanne Martel.

« Il a été décidé que, dorénavant, tous les échantillons provenant du sein ou de la prostate sont traités comme des cas prioritaires et non comme des échantillons de routine », a mentionné la porte-parole Geneviève Côté.

Près de deux mois après avoir reçu un diagnostic, Suzanne Martel n’en a toujours pas le cœur net. Après une imagerie de résonnance magnétique qui n’a pas décelé de cancer en juillet, elle doit subir une biopsie à l’aisselle au début du mois de septembre.

« J’espère de tout cœur que le cancer a été enlevé lors de la réduction mammaire, mais ce n’est pas normal. Quelqu’un doit être imputable pour de telles décisions », déplore la femme.

Le CISSSO explique que pour rattraper le retard, il tente d’embaucher de nouveaux pathologistes.