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Un mémo suggère de couper les bains

Le manque de personnel dans le CHSLD est en cause

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Le manque de personnel est à ce point critique au CHSLD de Sainte-Dorothée que la direction a été contrainte vendredi d’émettre un mémo interne suggérant de repousser les bains hebdomadaires et d’annuler le deuxième bain des bénéficiaires.

Depuis, le mémo a été partagé plus de 2000 fois sur Facebook et sur Twitter. Il indique que lorsqu’il y a impossibilité de combler les quarts de travail, les préposés aux bénéficiaires doivent « évaluer la possibilité de ne pas donner le bain hebdomadaire [...] pour le remettre à une journée de la semaine suivante » et « d’annuler le 2e bain ».

Le CISSS de Laval dit avoir transmis aux gestionnaires un correctif, dimanche, soit deux jours après, disant que le bain hebdomadaire et le second bain doivent toujours être offerts. L’établissement assure que tous les bains ont été donnés.

Mais l’écho sur le terrain est tout autre, et le problème serait récurrent depuis un an. Des préposées à qui Le Journal a parlé assurent qu’aucun bain hebdomadaire n’a été donné entre vendredi et dimanche au 3e étage de l’immeuble. Les patients qui devaient être lavés ces jours-là, soit entre six et sept par jour, doivent donc attendre à la semaine suivante.

Samedi, il manquait 16 personnes dans tout le centre en comprenant le quart de soir et de jour. Les préposés du 1er étage ont choisi de laver à la main les bénéficiaires, mais ceux-ci n’ont pas reçu de bain et ont dû rester en jaquette toute la journée.

Pas le temps

« Ce n’est pas normal que les employés doivent faire des choix. Des fois, il y a des toilettes partielles qui sont données, mais ils ne peuvent pas habiller les patients, parce qu’ils n’ont pas le temps, ou alors ils ne peuvent pas les lever », indique Jean-François Houle, du syndicat des travailleurs du CISSS de Laval.

Ni le syndicat ni les employés ne semblent avoir reçu le mémo correctif.

Le Protecteur du citoyen avait fait enquête au début de l’été sur ce CHSLD à la suite de plaintes concernant le nombre d’employés. Il a rendu sa décision il y a deux semaines, disant qu’il n’y avait aucune lacune dans les soins offerts.

Des préposées ont indiqué au Journal que, lors de la visite du Protecteur, il ne manquait aucun membre du personnel dans l’immeuble.