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La propriétaire du pitbull vendait de l’ecstasy avec sa petite-fille de 3 ans

Elle a plaidé coupable de trafic de stupéfiants quelques mois avant que son chien attaque quatre enfants

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La grand-mère propriétaire du chien qui s’est attaqué à plusieurs enfants à Montréal-Nord est une trafiquante de drogue qui ne se gênait pas pour vendre de l’ecstasy en présence de sa petite-fille.

« Quand un agent double s’est présenté chez elle pour acheter de la drogue, c’est une petite fille de trois ans qui a ouvert la porte », a expliqué la Couronne quand Frances Richardson a plaidé coupable de trafic de stupéfiants, plus tôt cet été, comme vient de l’apprendre Le Journal après avoir découvert l’existence de ce procès.

La grand-mère de 62 ans devait être de retour au palais de justice hier après-midi pour les plaidoiries sur la peine à lui imposer, mais l’affaire a été reportée au mois prochain.

Frances Richardson est la propriétaire de l’animal (un croisement entre un bulldog et un chien de type pitbull) qui s’est déchaîné contre quatre enfants le 19 août dernier.

Une petite fille de quatre ans a été mordue à la tête et un garçon de sept ans, qui a, lui aussi, subi les foudres du molosse de 31 kg, a presque perdu un bras.

L’animal qui a sauvagement attaqué et blessé des enfants est un croisement entre un bulldog et un chien de type pitbull.
Photo courtoisie
L’animal qui a sauvagement attaqué et blessé des enfants est un croisement entre un bulldog et un chien de type pitbull.

Elle savait

Quand la grand-mère a accueilli le molosse, la veille du drame, elle savait pourtant qu’elle risquait la prison, car elle avait plaidé coupable trois mois plus tôt de trafic de drogue.

L’enquête policière s’est amorcée l’an dernier à la suite d’un appel anonyme voulant que de la vente de stupéfiants se faisait dans un logement du boulevard Saint-Michel, à Montréal-Nord.

En août 2017, un agent double a ainsi été dépêché sur les lieux pour vérifier l’information. Quand le policier a frappé à la porte, il a eu la surprise de voir une bambine lui ouvrir.

« Mme Richardson est arrivée, l’agent a demandé des pilules, ça a pris du temps, mais il a pu en acheter quatre, a-t-il été dit lors du plaidoyer de culpabilité de la femme. Le policier affirme que la petite-fille de la femme était présente durant la transaction. »

Il n’est pas clair si la petite-fille est la même que celle qui a été mordue par le chien il y a neuf jours.

Une semaine plus tard, un autre agent double s’est rendu chez Frances Richardson pour acheter d’autres pilules d’ecstasy. C’est le fils de Richardson qui a cette fois ouvert la porte.

Quelques jours après l’attaque survenue le 18 août, des jouets d’enfants jonchaient encore la cour arrière du logement de Mont­réal-Nord où le chien s’est déchaîné.
Photo Camille Garnier
Quelques jours après l’attaque survenue le 18 août, des jouets d’enfants jonchaient encore la cour arrière du logement de Mont­réal-Nord où le chien s’est déchaîné.

 

Peine de prison

« Il a dit [à l’agent] que madame arriverait plus tard et quand elle est arrivée, l’agent était là, et ils sont rentrés dans la maison », a-t-il été résumé, soulignant que l’agent double a pu acheter deux pilules pour 20 $.

La grand-mère a par la suite été accusée de trafic de drogue.

En plaidant coupable, elle s’expose à une peine de prison pouvant aller à la perpétuité, même si elle n’a pas d’antécédents criminels.

À la suite de l’attaque du chien la semaine dernière, de nouvelles accusations pourraient toutefois être déposées, puisque la police de Montréal mène enquête pour déterminer si Richardson a fait preuve de négligence.

En accueillant la bête chez elle, Richardson avait été prévenue par l’ancienne propriétaire que l’animal avait déjà mordu un autre chien et qu’elle devait lui mettre une muselière en permanence.

Comme un jouet

Selon nos informations, le jour du drame, elle l’avait toutefois enlevée, puisque le chien se comportait bien. C’est là que l’animal s’en est pris aux enfants. Il aurait d’abord saisi la petite-fille de Richardson par le crâne avec ses dents pour la secouer comme un jouet et ensuite la traîner dans la maison. Il s’est ensuite jeté sur le garçonnet au point que l’enfant pourrait perdre son bras.

C’est un voisin qui a réussi à coups de pelle à faire lâcher prise à l’animal.

À la demande de la police de Montréal, l’euthanasie du chien a été reportée, au moins jusqu’à ce que la Couronne décide si des accusations criminelles doivent être portées dans cette affaire.