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L'anguille

L'anguille
CAPTURE D'ÉCRAN TVA NOUVELLES/AGENCE QMI

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En mai 2016, pour lancer sa course à la chefferie du PQ, Jean-François Lisée faisait une proposition fracassante au Devoir, celle d’abaisser substantiellement les seuils d’immigration : « Cinquante mille immigrants par année, c’est la recette de l’échec. On ne rend service à personne. On ne rend pas service surtout à ces néo-Québécois à qui on doit donner les outils de la réussite. » 
 
Un manque de courage
 
Cette déclaration a donné à Lisée l’élan qu’il lui fallait pour débuter en force la course au leadership du PQ. Mais il a introduit une de ces astuces dont il a le secret en précisant que ce n’était pas le gouvernement qui devait fixer les seuils, mais plutôt le Vérificateur général. On comprend donc que le chef du PQ est formel sur sa volonté de réduire les seuils d’immigration substantiellement en deçà de 50 000, mais qu’il laisse à d’autres le soin de préciser le niveau souhaité. 
 
Il y a là un manque de courage politique manifeste. Lisée était prêt à y aller d’une déclaration fracassante et très claire pour convaincre les militants péquistes de l’appuyer et depuis, il fait bien attention de ne pas déplaire aux électeurs de Québec solidaire qu’il tente de séduire. Dans Rosemont, par exemple. 
 
Une proposition racoleuse
 
Ou encore pour racoler Régis Labeaume qui souhaite recevoir plus d’immigrants à Québec. C’est ce qu’il a fait en affirmant qu’on « avait besoin de 30 000 – 40 000 – 50 000 immigrants par année. » 50 000 ?!? Comment concilier cette déclaration avec celle de 2016 où il affirmait que 50 000 immigrants par année c’était « la recette de l’échec »? 
 
Sur l’enjeu des seuils d’immigration, le chef du PQ se tortille comme une anguille pour échapper au devoir de clarté qui est le sien. Couillard est clair, c’est toujours plus d’immigrants. Legault est clair, il faut réduire les seuils à 40 000 pour mieux intégrer. 
 
On attend d’un chef de parti qui aspire à prendre le pouvoir qu’il soit clair sur cet enjeu fondamental. Pas qu’il fasse l’anguille. 
 
Alors, M. Lisée : homme d’État ou anguille?