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L’État devra rembourser les revues porno d’un meurtrier

Ses biens, dont deux magazines érotiques, ont été égarés à la prison de Bordeaux

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Un assassin recevra 134 $ du gouvernement pour compenser la perte d’effets personnels, dont des revues érotiques et des sous-vêtements, pendant qu’il était enfermé à la prison de Bordeaux.

John Boulachanis, un voleur de voitures trouvé coupable en 2016 du meurtre d’un de ses comparses, vient d’avoir partiellement gain de cause contre le ministère de la Sécurité publique à l’issue d’une poursuite judiciaire pour le moins farfelue.

Ce criminel, qui est présentement incarcéré à perpétuité au pénitencier de Donnacona, aura droit à cette indemnité même si le juge Jeffrey Edwards a noté qu’il était largement « l’artisan de ses propres malheurs ».

Évasion à la Houdini

Dans sa réclamation qui totalisait 546 $, le prisonnier de 44 ans avait eu le toupet de demander le remboursement de bottes en cuir à 230 $ et d’un pantalon à 65 $ que les agents correctionnels avaient endommagés en le capturant, le 6 novembre 2013, à la suite de son évasion d’un fourgon cellulaire.

Alors qu’on l’escortait au palais de justice de Valleyfield, Boulachanis était parvenu à sauter du fourgon cellulaire après avoir forcé une fenêtre à l’aide de lames de scie à métaux dissimulées dans son rectum et à se défaire de ses chaînes grâce à une clé de menottes cachée dans ses bas.

Le juge avait alors rejeté sa demande de remboursement.

Biens égarés

Ramené à Bordeaux, l’émule de Houdini a été envoyé trois jours au « trou », puis transféré dans un secteur d’isolement à sécurité élevée durant trois semaines.

C’est pendant cette période que des biens qu’il s’était procurés à la cantine de la prison, d’une valeur totalisant 134 $, ont disparu.

Les services correctionnels ont admis certains torts et lui ont remis un chèque de 59 $ que le détenu leur a retourné avant de les poursuivre en cour.

Parmi les objets remboursés, on retrouve : deux magazines érotiques de 18 $, un caleçon Calvin Klein à 8 $, une lampe de lecture à 15 $, des friandises, des pâtes, 25 sachets de ketchup, 12 sachets de sauce soya et quatre paquets de « papiers à rouler » — bien que les prisonniers n’aient plus le droit de fumer.

Malgré les doutes des avocats du ministère, le juge a cru le taulard qui se dit atteint d’un trouble obsessionnel compulsif l’incitant à compiler « en tout temps tout ce qu’il possède ».

En décembre 2016, John Boulachanis a été condamné pour le meurtre de Robert Tanguay, son ex-acolyte dans un réseau de vol et de recel de véhicules, qui a été tué par balles et enterré dans une sablière de Rigaud en 1997.


Avant son procès, Boulachanis avait aussi eu l’aide de son avocat pour intimider un délateur en diffusant la vidéo de son interrogatoire sur YouTube. Me Dimitrios Strapatsas a écopé de 18 mois de prison, en février 2018, pour entrave à la justice.