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Manifestation en soutien aux victimes devant le Séminaire des Pères Maristes

Manifestation en soutien aux victimes devant le Séminaire des Pères Maristes
Photo Catherine Bouchard, Journal de Québec

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Des représentants d’une quarantaine de groupes de femmes ont formé une chaîne humaine devant les terrains du Séminaire des Pères Maristes, mardi matin, en soutien aux présumées victimes du dossier de publication de photos sexuellement explicites.

Cette mobilisation s’est tenue dans le cadre de la première journée de classe de l’établissement scolaire. Le Séminaire a fait les manchettes à plusieurs reprises, alors que six garçons sont visés par une enquête lancée à la suite de la publication des photos.

Les garçons ont, en premier lieu, été suspendus. La direction avait ensuite annoncé leur réintégration dès septembre, ce qui a été largement critiqué.

L’établissement a cédé à la pression, annonçant que les garçons ne pourraient réintégrer l’école. Les parents de trois d’entre eux se sont adressés à la Cour supérieure, afin de faire renverser la décision. Quelques jours avant la rentrée, la réintégration a été exigée par le juge Daniel Dumais.

Le ministre ne comprend pas

Une trentaine de personnes ont participé à cette chaîne humaine, dont les représentantes de Québec contre les violences sexuelles, Mélanie Lemay et Kimberly Marin.

Elles ont, au passage, critiqué le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx qui a mentionné, lundi, «qu’aller manifester devant l’école pour en ajouter, je ne vois pas qui on sert [...]».

«Il ne comprend pas du tout le dossier», laisse tomber Mme Lemay.

«On est là pour rappeler de se recentrer sur les victimes. Lui, on ne sait pas ce qu’il pense dans le fond. Il était satisfait de la première décision du Séminaire. Après la mobilisation sociale, il était satisfait du renvoi des garçons et là, il se dit content que la cour ait tranché dans le dossier. Finalement, on ne sait pas vraiment ce qu’il pense», enchaîne-t-elle.

Mme Lemay a également critiqué le directeur de l’établissement, François Sylvain, dans sa façon de mener le dossier.

«Il a failli à son rôle de faire une enquête interne et a réintégré les garçons à la hâte. Le séminaire n’a pas fait un bon travail pour représenter les intérêts des jeunes filles», croit-elle.

Accord des présumées victimes

La coordonnatrice du Regroupement des groupes de femmes de la Capitale-Nationale, Isabelle Boily, souligne que la mobilisation sert à rappeler aux jeunes filles qu’elles sont soutenues et souligne que l’action s’est tenue avec leur accord et celui de leur famille.

Une seule des présumées victimes a choisi de revenir au séminaire. «Il y a des jeunes filles qui ont choisi de changer d’école. Je respecte ça, pour moi, c’est une façon de reprendre du pouvoir sur sa vie, tout comme la jeune fille qui a décidé de rester. C’est aussi une façon de reprendre du pouvoir sur sa vie», lance-t-elle.

Elle indique que des présumées victimes souhaitaient ne plus revoir les garçons concernés à l’école et ont même remis en doute le fait de les avoir dénoncés. «Elles disaient ; je me demande à quoi ça sert d’avoir déposé une plainte, parce que j’ai l’impression que tout ce que je suis en train de vivre, c’est totalement injuste», se désole Mme Boily.