/news/health
Navigation

Pas de médecin au sans rendez-vous

Les patients d’une clinique de Québec devront se passer du service durant 3 jours au moins

sans rendez vous
Photo Agence QMI, Simon Clark Les patients de la Médi-Clinique de la Capitale devront se débrouiller par eux-mêmes au cours des trois prochains jours s’ils doivent consulter rapidement un docteur, comme a pu le constater cet homme, hier.

Coup d'oeil sur cet article

Des milliers d’usagers d’une clinique médicale de Québec risquent d’avoir beaucoup de mal à avoir accès à un médecin cette semaine : le sans rendez-vous y sera fermé jusqu’à vendredi, une situation qui pourrait se répéter en septembre et qui fait bondir le Conseil pour la protection des malades.

La Médi-Clinique de Québec, située dans le secteur Charlesbourg, coupera complètement son service de sans rendez-vous pour une période de quelques jours. Sur une affiche placée à l’entrée du centre médical, les journées de mercredi, jeudi et vendredi sont accompagnées de la mention « médecin NON disponible ». C’est sans compter que ce service n’est pas offert les samedis et dimanches.

Que ce soit donc pour une amygdalite soudaine, une otite chez un poupon qui ne dort plus depuis deux jours ou toute autre consultation du genre, les patients de cette clinique membre du Groupe de médecine familiale (GMF) de Charlesbourg, qui compte plus de 13 000 patients répartis dans deux cliniques, devront se débrouiller par eux-mêmes.

Difficultés en septembre aussi

La clinique précise que son mandat premier n’est pas d’offrir du sans rendez-vous, « comme ça a déjà pu être le cas par le passé ». « Nous ne sommes pas une super-clinique », précise Linda Richard, adjointe administrative, en faisant référence aux nouvelles structures implantées à la suite de la réforme de l’actuel ministre de la Santé, Gaétan Barrette.

Seulement deux médecins de la Médi-Clinique sont actifs au sans rendez-vous et uniquement un y est présent de manière plus régulière. « C’est lui qui part en vacances pour trois semaines », souligne Mme Richard pour expliquer la réduction de service.

« Ça risque d’être comme ça par moment en septembre aussi. Nos patients, on parvient à les référer à notre GMF de Charlesbourg, mais les patients qui n’ont pas de médecin de famille doivent aller dans les cliniques réseau », ajoute-t-elle.

Ces usagers pourraient donc être forcés de se rendre à l’urgence, même si leur situation « non urgente » ne justifie pas nécessairement de s’y présenter.

« Il y a autant de monde qui se présente à l’urgence qu’avant la réforme du ministre. Je ne dis pas qu’il a fait exprès pour que ça ne marche pas, mais pour l’instant, ça ne fonctionne pas », lance Paul Brunet, président du Conseil pour la protection des malades.

Difficile en première ligne

Cette situation survient alors que les délais d’attente avant de se voir attribuer un médecin de famille sont en vérité deux fois plus longs que ce que le ministère de la Santé affirme, a révélé le Journal hier. Dans la Capitale-Nationale par exemple, alors que Québec estimait à 163 jours l’attente pour les patients les plus vulnérables, le Journal a constaté que l’attente réelle est de 369 jours.

« Rien n’a été réglé pour les soins quand on en a réellement besoin, pour les soins de première ligne, s’insurge Paul Brunet. C’est encore un problème pour les patients, mais on a augmenté le salaire des médecins. Est-ce qu’on s’est fait fourrer ? On dirait », ajoute-t-il en affirmant ne pas voir la couleur de l’amélioration promise par les médecins et le ministre.