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Des citoyens luttent pour conserver des boisés

François Plourde
Photo 24 Heures/Agence QMI, Nadia Lemieux Les citoyens François Plourde (à gauche) et Roger Latour luttent pour la préservation de deux boisés situés à proximité de la station de métro Assomption, à Montréal.

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MONTRÉAL | Deux boisés situés à proximité de la station de métro Assomption pourraient être appelés à disparaître dans le cadre d’un futur projet de développement immobilier et commercial, mais des citoyens luttent pour qu’ils soient préservés.

En ligne depuis le 16 août, une pétition demandant que soient sauvegardés deux boisés du secteur Assomption Nord a jusqu’à maintenant recueilli près de 1000 signatures.

Son instigateur, le citoyen engagé dans diverses causes environnementales, François Plourde, entend la déposer à la mairie de l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve.

L’un des boisés est situé à l’angle du boulevard de l’Assomption et de la rue de Marseille tandis que l’autre se trouve sur la rue Sherbrooke, à l’est de la Résidence Lux Gouverneur. On y retrouve entre autres des peupliers deltoïdes, des tilleuls d’Amérique et des ormes d’Amérique.

Le mouvement mené par M. Plourde n’a pas comme objectif la conservation totale des boisés. «Tout le monde est content», a-t-il expliqué, «lorsque c’est aménagé et on ne rêve que de ça. On n’est pas contre l’industrie. Il pourrait y avoir une belle tour ici et une autre au bout, mais la canopée la plus importante, au centre, devrait être conservée.»

Selon le rapport de consultation publique du programme particulier d’urbanisme Assomption Nord, publié en mai 2017, les terrains présentement occupés par les deux boisés devraient faire partie d’un «quartier intégrant de l’habitation, des commerces et des bureaux» à l’horizon 2020 et 2025.

Rapport insuffisant

«Il y a eu un rapport qui a été fait sur le boisé [de Marseille par un ingénieur forestier], mais ça a été fait avec une vision “qu’est-ce qu’on coupe et qu’est-ce qu’on garde”», déplore M. Plourde. «Dans la pétition, je demande: peut-on faire au moins une autre [étude] avant de tout raser, par un écologiste ou un botaniste?»

L’étude qualitative des arbres et du boisé réalisée en 2014 concluait que les arbres inventoriés sur le site avaient une «faible condition générale» et que moins de 10% des arbres avaient une «valeur de conservation élevée ou très élevée.»

Selon Roger Latour, président-fondateur de l’organisme de conservation urbaine, les Amis du Champ des Possibles, cette étude est déficiente, car elle ne prend pas en compte la valeur d’ensemble du boisé.

«Comme tel, il n’y a pas d’espèces extraordinaires, qu’on pourrait dire, mais c’est un jugement relatif», fait valoir M. Latour, en entrevue.

«Les peupliers, pour une espèce ordinaire, ont tout le temps un impact paysager incroyable [...] parce qu’ils atteignent des dimensions extraordinaires. Ça, c’est le visible. Mais ce qui est invisible et ce qui peut rendre l’arbre encore plus intéressant, c’est que c’est une maison pour des centaines et des centaines d’espèces d’insectes et plusieurs dizaines d’espèces d’oiseaux.»

Les boisés contribuent également à lutter contre les îlots de chaleur en régulant le climat et à absorber l’eau de pluie, mentionne-t-il.

Une meilleure mesure de la valeur des boisés «n’interdit pas les développements», précise M. Latour. «Tout ce qu’on crée, les immeubles et les condos, c’est très bien. Il y aura un développement économique. Mais il y aura aussi des grands stationnements et des grands îlots de chaleur tout à coup, donc ça prend un meilleur équilibre.»


► Pour consulter la pétition, c’est ici.