/opinion/columnists
Navigation

Le comptable ambitieux

Le comptable ambitieux
Photo d'archives, Martin Alarie

Coup d'oeil sur cet article

Avant sa réussite en affaires, François Legault était d’abord formé comme comptable. Ce sont deux facettes importantes de sa personnalité : l’entrepreneur capable de foncer et de prendre des risques. L’homme de chiffre rationnel qui insère des pourcentages partout dans ses propos politiques.

Monsieur Legault représente sans contredit une certaine version québécoise du rêve américain. Il a grandi dans une famille modeste, a poursuivi des études, s’est lancé en affaires et a fait fortune. Il s’inspire d’ailleurs spontanément de son parcours pour expliquer la haute priorité qu’il accorde à l’éducation.

Devenir premier ministre

François Legault est un homme ambitieux. Il faut l’être pour réussir en affaires. Il l’est aussi en politique. Après avoir tourné le dos au PQ, il a vite concocté un rêve : devenir premier ministre du Québec.

Le chemin était long et la pente abrupte : fonder un nouveau parti, l’implanter, le faire connaître et espérer détrôner les machines en place depuis longtemps. Les sondages montrent aujourd’hui que son rêve est à portée de main si la campagne se déroule bien pour la CAQ.

S’il montre de l’ambition pour lui-même, il en montre aussi pour le Québec. Vous entendez fréquemment François Legault exprimer son refus de laisser le Québec dans le peloton de queue de la richesse au Canada. Il répète à qui veut l’entendre que le Québec peut et doit faire mieux. Évidemment, il se présente comme le premier ministre « économique » qui pourrait nous apporter cela.

L’argent $ $ $

En matière de création de richesse, le chef de la CAQ utilise d’ailleurs un langage auquel nous sommes moins habitués. « Mettre de l’argent dans les poches des Québécois », « créer des emplois avec des bons salaires de 30 ou 40 $ l’heure » sont autant d’exemples de sa capacité de parler spontanément et clairement d’argent aux Québécois.

François Legault a fondé un parti qui aspire aujourd’hui au pouvoir. Pour réussir cela, il a dû réunir beaucoup de monde. On pourrait en conclure qu’il s’agit d’un champion rassembleur. Et pourtant...

Il a perdu plusieurs de ses joueurs-clés en cours de route. Des ministres libéraux comme Gaétan Barrette et Dominique Anglade furent préalablement des bras droits de M. Legault dans la création de la CAQ. Son image a souffert de ces rumeurs de maladresse dans les relations personnelles, lui faisant perdre des alliés précieux.

Cela ne l’a pas empêché de réussir cette année une excellente récolte de candidats recrues. Clairement, il s’est fait assister par des membres de son entourage dans cette opération de recrutement. Durant la campagne, c’est maintenant à lui démontrer la cohésion de cette équipe même si elle a été réunie récemment.

Il y a quatre ans, c’est une fois mis au pied du mur que François Legault a livré la performance de sa vie dans le face-à-face de TVA. En deux heures de débat où il a mis ses tripes sur la table, il a sauvé sa CAQ.

Pourra-t-il livrer de telles performances avec une avance à protéger ? À suivre...