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Le manque de relève inquiète le grand patron de Raymond Chabot

Le manque de relève inquiète le grand patron de Raymond Chabot
JANIE PELLETIER/LE RÉVEIL/AGENCE QMI

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Le Québec manque cruellement de relève pour prendre la tête de ses entreprises, ce qui inquiète le grand patron du cabinet comptable Raymond Chabot Grant Thornton.

Selon plusieurs analyses, jusqu’à 10 000 entreprises risquent de disparaître au Québec d’ici les cinq prochaines années. «On a intérêt à protéger ces entreprises et s’assurer qu’il y a une passation aux employés, de la famille, et qu’elles demeurent au Québec», a fait savoir le PDG Emilio Imbriglio dans une entrevue accordée à TVA Nouvelles.

Avec le vieillissement de leur propriétaire ou de leur fondateur, des PME seront confrontées à un choix déchirant: vendre ou fermer. «Le risque est bien réel. On doit par exemple rapidement déployer des services d’accompagnement pour assurer la transition», a souligné le PDG. Si le gouvernement libéral a facilité, l’an dernier, le transfert générationnel des entreprises, M. Imbriglio croit qu’il «reste du chemin à faire pour le prochain gouvernement [...], au risque de frapper un mur».

Moins d’impôt

Une des mesures qui permettraient de protéger nos entreprises d’une mainmise étrangère: réduire, voire abolir leurs impôts. «En bas de 500 000 $, les PME ne devraient pas être imposées. Il faut leur donner de l’air et leur permettre d’investir dans leur productivité.»

Le PDG de Raymond Chabot estime qu’il coûte d’ailleurs plus cher au gouvernement de percevoir l’impôt des petites sociétés par rapport aux revenus qu’il en tire.

Pour s’attaquer à un autre problème, la pénurie de travailleurs, il estime que le prochain gouvernement doit mieux cibler les travailleurs étrangers. «L’emploi doit être défini d’avance, le besoin aussi. La personne qui va s’en venir doit être capable de combler nos besoins de main-d’œuvre.»

L’éducation

Selon Emilio Imbriglio, le principal défi économique du Québec repose sur l’éducation. Il espère que le prochain gouvernement investisse autant d’énergie à revaloriser le système éducatif, que le précédent l’a fait à assainir les finances publiques. «Je pense qu’on pourrait voir nos statistiques dépasser celles de l’Ontario, surtout que nous avons la marge de manœuvre budgétaire pour le faire», a-t-il affirmé avec enthousiasme.