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Choix de carrière : suivre ses aspirations ou son talent ?

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Fanny Bourel - 37e AVENUE

 

Se spécialiser dans la gestion d’équipe quand on possède un don naturel pour guider les autres et les amener à se dépasser semble logique pour mener à une carrière facile et réussie.

Pourtant, un tel choix est risqué, selon Érick Beaulieu, conseiller d’orientation. « Notre culture prône la performance, mais si je ne ressens aucune connexion émotive avec mon travail et que la seule récompense est de me faire dire que je suis bon, cela va finir par peser sur ma santé mentale ou physique, explique-t-il. Certains vont tomber dans le présentéisme ou dans l’épuisement professionnel, alors que d’autres vont tolérer cette situation jusqu’à ce qu’ils réalisent leur mal-être, souvent autour de la quarantaine. »

Opter pour un métier qui ne soulève aucun enthousiasme peut également nuire à sa carrière. Soucieuses de la rétention de leur personnel, les entreprises accordent de plus en plus d’importance à l’aspect motivationnel. « On a beau être le meilleur de sa profession, si aucune passion ne transparaît pendant l’entrevue, les chances de décrocher le poste se réduisent », assure Éric Damato, lui aussi conseiller d’orientation. Un avis que partage son confrère : « Suivre sa passion n’est pas un luxe dans un monde du travail de plus en plus exigeant, car la productivité augmente quand on fait ce qu’on aime. »

Ni noir ni blanc

Le choix entre la carrière facile et celle désirée n’est pas toujours aussi radical. Une aspiration à devenir avocat peut naître d’une volonté farouche de défendre la veuve et l’orphelin, alors que cette profession demande surtout un attrait pour l’argumentation et pour la rédaction. « Il faut redéfinir le terme de passion et s’assurer qu’elle n’est pas imaginée, conseille Érick Beaulieu. Nos motivations sont-elles intérieures ou extérieures ? Y a-t-il des preuves dans sa vie pour appuyer l’idée qu’il s’agit bien d’une passion ? »

Attention aussi à ne pas confondre aisance à réaliser une tâche et plaisir à

l’accomplir. « La performance est tellement valorisée aujourd’hui que si on est bon dans quelque chose, on pense que cela nous fait vibrer intérieurement... mais cela n’est pas forcément le cas », indique-t-il.

Pour résoudre ce dilemme, la solution est d’apprendre à mieux connaître ses aptitudes naturelles et ses envies en multipliant les expériences de vie.

Choisir les deux

Talent et aspiration ne sont pas forcément incompatibles, car le premier peut se développer s’il n’est pas au rendez-vous dès le départ. « Pour des gens passionnés, ce ne sera pas une corvée de faire des efforts pour s’améliorer », met en avant Éric Damato.

Attention aussi au syndrome de l’imposteur, qui pourrait amener à se croire sans talent pour un métier qui nous tient à cœur. « Certaines personnes se mettent elles-mêmes des freins alors qu’il faut se faire confiance », ajoute-t-il.

Si la carrière rêvée est hors de portée, un compromis satisfaisait peut être trouvé. Un mordu de hockey n’étant pas assez bon pour devenir joueur professionnel, mais brillant dans la tenue de livres, pourrait concilier les deux en devenant comptable pour une équipe sportive.

Autre solution : miser sur une autre carrière permettant de réunir plaisir et performance. En général, on a plusieurs cordes à son arc, alors il est possible de trouver au moins un métier qui fait autant résonner nos aspirations que nos compétences !