/24m/city
Navigation

Les carrés verts envahissent Facebook

Coup d'oeil sur cet article

Plusieurs internautes québécois ont changé leur photo de profil sur Facebook pour un point vert dans les derniers jours, souhaitant ainsi amener l’environnement à l’avant-plan durant la campagne électorale.

«On a vu les élections aux États-Unis et en Ontario qui n’ont pas eu de bon sens. Nous, il faut qu’on allume avant de faire la même erreur», soutient Zoé Dumais, une professeure de musique de Montréal, à l’origine de la nouvelle tendance.

Si elle craint que l’environnement soit la grande oubliée pendant cette élection, Mme Dumais est rassurée, même étonnée, qu’autant de personnes aient suivi la tendance depuis une semaine.

«Ça montre que l’environnement est devenu un sujet important pour beaucoup de Québécois, en particulier chez les jeunes», seconde Patrick Bonin, porte-parole de Greenpeace Canada.

De grandes attentes

En mai dernier, une coalition de onze groupes environnementaux, dont Greenpeace et Équiterre, avait interpellé les chefs de partis. Le regroupement a mis de l’avant 23 demandes, notamment celles d’éliminer les subventions aux combustibles fossiles, de protéger 50 % du territoire du Grand Nord québécois ou encore que 50 % des déplacements à Montréal et à Québec se fassent par transport en commun d’ici 2030.

Déjà, le transport collectif a pris une place importante pendant la période préélectorale, se réjouit M. Bonin. Le militant écologiste s’attend à des annonces importantes au cours des prochaines semaines, mais il ne se fait pas d’illusions.

«On ne parlera sûrement pas de réduction de la consommation par contre. Ce n’est pas vendeur. Pourtant, il faut en parler parce que si tout le monde consommait comme les Québécois, on aurait besoin de trois planètes», se désole celui qui a aussi mis à jour sa photo de profil en prévision du premier octobre.

Un enjeu au débat?

D’ici là, les débats des chefs seront l’occasion de soulever d’autres questions qui fâchent, espère Sidney Ribaux, directeur général d’Équiterre.

«Avec la chaleur qu’on a eue cet été, je m’attends qu’il en soit question. On vit déjà les conséquences du réchauffement climatique. La maladie de Lyme, c’est une conséquence directe par exemple», évoque-t-il.

Lors des précédentes élections, l’environnement avait été à peine effleuré, laissant toute la place à l’éducation, l’économie et la santé, les trois priorités des Québécois, encore selon les derniers sondages.

«Il faut savoir qu’en 2018, on ne peut plus parler de santé publique sans évoquer les effets du réchauffement climatique. On peut plus parler d’économie sans penser aux conséquences écologiques», conclut Sidney Ribaux.