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Montréal : un premier sommet entre les Premières Nations et les municipalités

Montréal : un premier sommet entre les Premières Nations et les municipalités
PHOTO AGENCE QMI, MARIO BEAUREGARD

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La Ville de Montréal était l’hôte, jeudi, d’un premier sommet entre les Premières Nations et les municipalités sur la réconciliation, où la mairesse Valérie Plante a reconnu qu’il restait encore beaucoup de chemin à parcourir, entre autres dans la lutte contre le racisme et la discrimination.

«À la lumière de ce que j’ai entendu, plusieurs personnes ont exprimé à quel point les membres de leurs communautés n’arrivaient pas à trouver un logement à cause de leur nom de famille, ou à trouver emploi», a indiqué Valérie Plante, précisant qu’il était important de nommer et de prendre note de ces enjeux.

Selon cette dernière, il faut montrer les différents visages de la réalité autochtone en ville pour briser les préjugés accolés à certaines communautés, songeant entre autres à la communauté inuite.

«Je disais en exemple à quel point le centre pour les personnes inuites n’arrivait pas à se trouver un endroit où se loger. C’est huit arrondissements qui ont refusé de prendre ce centre-là, a soutenu la mairesse. Je ne dis pas que c’est le cas pour tout le monde, mais il y a quand même une étiquette qui leur colle à la peau et qui n’est pas bonne pour personne.»

Pour Valérie Plante, il est important que Montréal pose des gestes entre autres en employabilité, en habitation et dans des programmes comme celui sur la lutte à l’itinérance pour que les autochtones qui s’installent en milieu urbain participent pleinement à la vie en société. Elle a cité sa stratégie de développement économique, qui porte attention aux personnes sous-représentées en emploi.

«Je peux avoir de bonnes relations avec Mme Plante, mais est-ce que cela est reflété dans les comportements et dans les réalités sociétales de Montréal? Non, et c’est encore plus vrai lorsqu’on va en région», a reconnu de son côté le Chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador Ghislain Picard.

Ce dernier a apprécié que les participants du sommet aient été disposés à «regarder la vérité en plein visage», ce qui est encourageant pour la suite des choses.

Un premier sommet

Le Sommet des Premières Nations et des municipalités sur la réconciliation, qui s’est déroulé jeudi avant-midi à l’hôtel de ville de Montréal, avait pour but de créer des liens, des collaborations et un dialogue entre les communautés autochtones et les gouvernements municipaux.

L’évènement a rassemblé plusieurs maires et chefs des Premières Nations du Québec. Plus de la moitié des chefs de Premières Nations du Québec, et près d’une cinquantaine de maires ont pris part à l’évènement, dont Régis Labeaume.

La Ville de Montréal, l’APNQL, l’Union des municipalités du Québec et Fédération québécoise des municipalités se sont engagée à poursuivre leurs efforts en faveur de la réconciliation, en tenant entre autres à un sommet annuellement et en offrant des formations aux élus sur les réalités et l’histoire des peuples autochtones.

Le prochain sommet aura lieu dans la nation huronne-wendat de Wendake, située dans la région de Québec.

Campagne électorale

Alors que la campagne électorale bat son plein, le Chef de l’APNQL Ghislain Picard s’est adressé jeudi aux partis politiques et au gouvernement fédéral sur la légalisation prochaine du cannabis, et le manque de moyens des Premières Nations pour l’encadrer.

«Il y a une tarte coupée en plusieurs morceaux et il n’y a plus aucun morceau qui revient aux Premières Nations, a-t-il signalé. Il y a des considérations sociales, sur la sécurité et au niveau financier dont on n’a pas tenu compte, et qui devraient se retrouver quelque part dans le positionnement des partis politiques.»

Ce dernier a aussi profité pour lancer un message en matière d’emploi et de pénurie de main-d’œuvre, soutenant que les Premières Nations pourraient aussi remédier au problème.

«Personne ne s’est aventuré sur la réalité démographique chez nous, qui fait en sorte que 55 % de notre population est âgée de 25 ans et moins», a-t-il affirmé, soulignant que cette partie de la population active aimerait prendre part aux chantiers québécois.