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Quelle opposition pour Montréal?

Quelle opposition pour Montréal?
Sarah Daoust-Braun / Agence QMI

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En dévoilant ses demandes aux partis provinciaux, on commence à voir ce qui distingue Ensemble Montréal du parti de Valérie Plante.

Depuis la victoire surprise de Projet Montréal aux élections de 2017, l’ancien parti de Denis Coderre peine à se trouver une identité. Autour d’un noyau d’élus d’Union Montréal, l’ancien parti de Gérald Tremplay, Denis Coderre avait su rassembler une coalition un peu hétéroclite de politiciens d’allégeance souverainiste et fédéraliste. Cette cohabitation était encore plus évidente en 2017 qu’en 2013, alors que plusieurs anciens de Coalition Montréal avaient fait le saut avec Denis Coderre. On pense par exemple à Elsie Lefebvre et Réal Ménard.

L’axe fédéraliste-souverainiste est de moins en moins une ligne de démarcation politique claire. Il n’y a pas qu’à Québec que la disparition de cet axe brasse les cartes. L’Île de Montréal a longtemps été divisée presque sur les mêmes lignes autant pour les conseillers municipaux que pour les élus à l’Assemblée nationale. Projet Montréal est lui aussi un parti qui témoigne de cette nouvelle configuration politique : le parti abrite péquistes, solidaires et néodémocrates depuis longtemps. Ce qui est très particulier à Montréal, c’est que l’axe gauche-droite ne s’applique pas très bien pour départager les partis en présence non plus. Projet Montréal est certainement un parti qui comporte énormément de gens qui s’identifient comme à gauche, mais Denis Coderre et son parti n’étaient pas vraiment associés à la droite pour autant. Cette réalité cadre assez bien avec Denis Coderre, issu du Parti libéral du Canada, un parti de centre notoirement mobile entre la gauche et la droite.

L’autre axe important qui semble s’imposer dans les démocraties occidentales, où l’axe gauche-droite n’est plus aussi central non plus, c’est l’axe identitaire. On peut parler grossièrement d’une division libéralisme-nationalisme. Pourtant, cet axe ne correspond pas du tout aux clivages politiques montréalais. Les deux partis se revendiquent de la diversité montréalaise. Il faut également ajouter que les villes ont certes un rôle à jouer dans les questions de migration, d’intégration ou d’échanges internationaux, mais qu’elles sont largement surclassées par les gouvernements fédéral et du Québec sur ce genre de question.

Ensemble Montréal, dévoilait hier ses demandes aux partis politiques provinciaux. Elles montrent clairement ce qui pourrait devenir le nouveau clivage politique montréalais : la géographie. Alors que plusieurs de leurs demandes sont proches de celles de l’administration Plante, les demandes qui détonnent le plus sont celles concernant le développement des transports : allongement de la ligne orange au nord-ouest, deuxième prolongement de la ligne bleue, lien entre Pointe-aux-Trembles et le centre-ville, etc. Toutes des demandes qui ciblent très explicitement le territoire d’où sont issus les élus d’Ensemble Montréal. Le contraste avec la ligne rose de Valérie Plante, qui passe précisément dans les quartiers d’où viennent les élus Projet Montréal, est frappant.

Si ces demandes sont vraiment le cœur des propositions des deux partis montréalais d’importance, on pourrait assister à une réelle polarisation ente le centre de la ville et ses extrémités est et ouest.