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Le parascolaire: un antidote au décrochage

Solution recommandée par Monique Brodeur, Véronique Dupéré, Michel Janosz, Michel Perron, Pierre Potvin et Égide Royer

Gaby Leya est un ancien élève de l’école secondaire Vanier, à Québec, qui a participé au programme Le Diplôme avant la médaille.
Photo Jean-François Desgagné Gaby Leya est un ancien élève de l’école secondaire Vanier, à Québec, qui a participé au programme Le Diplôme avant la médaille.

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À la fin du secondaire, les élèves vulnérables ont trois fois moins de chances de décrocher s’ils participent à des activités parascolaires. À condition qu’elles soient accessibles à tous.

C’est un des constats tirés d’une étude réalisée par l’équipe de Véronique Dupéré, de l’Université de Montréal.

« Les activités parascolaires peuvent donner un lien positif avec l’école à ceux pour qui ce n’est pas nécessairement facile sur le plan académique », explique Mme Dupéré.

Or, cet antidote au décrochage scolaire « fonctionne beaucoup mieux dans certaines écoles que dans d’autres », ajoute-t-elle, en raison de quelques ingrédients-clés.

Il est d’abord important que ces activités soient accessibles à tous, peu importe les résultats scolaires ou les aptitudes des jeunes. Un effort particulier peut aussi être fait afin de recruter tous les types d’élèves, incluant ceux de l’adaptation scolaire.

« Les jeunes qui sont à risque ne sont pas nécessairement les premiers à s’inscrire à ces activités », fait remarquer Mme Dupéré.

Il faut aussi éviter de priver un jeune de son tournoi de basketball ou de son match d’impro s’il est en échec, ce qui peut avoir « des effets contre-productifs », souligne Mme Dupéré.

Le sport comme levier

La fondatrice du programme parascolaire Le diplôme avant la médaille, Béatrice Turcotte-Ouellet, l’a bien compris.

Implanté dans deux écoles secondaires de Québec, ce programme utilise le sport pour motiver des jeunes à faire des efforts à l’école.

Pour participer aux matchs, les élèves en échec doivent s’engager à participer à des séances d’aide aux devoirs ou de récupération, explique Mme Turcotte-Ouellet, qui est diplômée en travail social.

« Ça fait une grosse différence, les élèves sont plus motivés à faire des efforts et ça paraît sur leurs notes », dit-elle.

Ce programme est implanté depuis 2013 à l’école secondaire Vanier, où le taux de décrochage a chuté de manière spectaculaire au cours des dernières années.

Il a fait toute une différence pour Gaby Leya, un ancien élève de cette école qui étudie maintenant au collégial.

« Avant, je consacrais beaucoup de temps au sport et beaucoup moins aux études. Le programme m’a beaucoup aidé à m’organiser. Il fallait que j’aille en récupération, je n’avais pas le choix », lance le jeune homme, qui étudie maintenant en sciences humaines au cégep de Sainte-Foy.

D’autres experts ont aussi souligné l’importance d’offrir aux élèves des activités parascolaires variées. Outre le sport, l’informatique, la robotique et les jeux vidéo sont autant d’activités susceptibles de donner aux garçons une bonne raison de se lever le matin pour prendre le chemin de l’école.