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À la pêche avec les 4 partis politiques

Au cours des dernières semaines, notre chroniqueur Julien Cabana a réalisé des entrevues avec des membres de chaque parti.

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PLQ : la nature la plus accessible au monde

Philippe Couillard a répondu à nos questions à l’occasion d’une sortie de pêche sur le lac Saint-Jean.
Photo courtoisie, Karl Tremblay
Philippe Couillard a répondu à nos questions à l’occasion d’une sortie de pêche sur le lac Saint-Jean.

Avez-vous des idées pour assurer un meilleur accès à la ressource faunique et au territoire ?

Je ne crois pas qu’il faille faire plus pour l’accès à la ressource parce qu’on a déjà un bon accès avec les réserves fauniques par exemple. Nous avons pas loin de chez nous des rivières à saumon. Les territoires de chasse pas loin des villes sont assez extraordinaires. Pour les baux de villégiature, nous sommes à regarder les coûts afin de permettre à la classe moyenne d’avoir accès à ces territoires. Dans le cas des rampes de mise à l’eau, on ne peut pas se cacher pour dire qu’il y a de l’exagération concernant les tarifs dans certains cas.

Pour la pêche au saumon dans le Nord, avez-vous l’intention de maintenir la position actuelle qui favorise une certaine classe ?

Il y a eu de la grosse exagération. Il n’est pas question de privatiser les rivières, ce n’est pas du tout cela. Il y a plusieurs enjeux. Il y a 111 rivières à saumon au Québec et on parle de seulement quatre rivières. Moins de 20 personnes viennent du Sud pour pêcher dans ces rivières-là. On a besoin d’avoir un mécanisme pour mesurer, enregistrer, quantifier les saumons qui sont pris pour contrôler l’espèce. Ça me semble normal et légitime de faire cela. Ce n’est absolument pas ce que certains ont écrit voulant qu’on réserve la pêche au saumon pour les riches.

Quelle est votre position dans le dossier des armes à feu ?

On a voulu faire cela le plus simple possible. D’abord, c’est gratuit et ça se fait en ligne, ce qui est pas mal mieux que ce que le monde craignait. Je ne veux pas embêter ou emmerder les chasseurs, mais une arme à feu, ce n’est pas un objet habituel. Je ne veux pas victimiser les chasseurs. J’en suis un chasseur. J’ai deux fusils de chasse chez moi. Je ne me sens pas menacé par le fait d’avoir à les enregistrer.

Considérez-vous la faune comme un bien collectif ?

On a fait beaucoup avec le déclubage lors du mandat de monsieur Lévesque en 1976. Les gens ont la possibilité de chasser et de pêcher à des coûts raisonnables. Même chose pour le saumon chez nous. On est probablement l’endroit dans le monde où c’est le plus abordable. Oui, la faune est une richesse qui nous appartient à tous.

PQ : plus d’agents et des baux moins coûteux

Sylvain Roy, député sortant du PQ dans Bonaventure, taquinant le poisson devant la chute Montmorency, à Québec.
Photo courtoisie, Karl Tremblay
Sylvain Roy, député sortant du PQ dans Bonaventure, taquinant le poisson devant la chute Montmorency, à Québec.

Avez-vous des idées pour assurer un meilleur accès à la ressource faunique et au territoire ?

L’augmentation du nombre d’agents de protection de la faune permettrait d’empêcher certains individus de prendre le contrôle de territoires de chasse par exemple. On peut aussi penser aux baux de villégiature que le gouvernement a augmentés de façon faramineuse. Payer 3000 $ pour un terrain en pleine forêt, sans aucun service, c’est inadmissible. Nous voulons ramener la table de concertation afin d’établir une tarification plus adaptée en fonction de ce que valent réellement les terrains et baisser les prix. Nous voulons aussi doubler le nombre de baux de villégiature en forêt au cours des prochaines années.

Pour la pêche au saumon dans le Nord, avez-vous l’intention de maintenir la position actuelle qui favorise une certaine classe ?

Cette mesure vient à l’encontre de ce que nous voulons, soit la démocratisation de l’accès au territoire du Québec. Nous sommes intervenus sur cette volonté de privatiser le tiers du Québec et de donner cela à quelques pourvoiries. Nous allons redonner l’accès au territoire. Ça semble être assez compliqué. Nous allons mettre en place des conditions facilitantes pour avoir accès à ce territoire qui nous appartient.

Quelle est votre position dans le dossier des armes à feu ?

On s’aperçoit que la réglementation actuelle va générer beaucoup de délinquance, avec par exemple le règlement d’enregistrement du déplacement de l’arme après deux semaines. Un chasseur qui va chasser l’orignal en Gaspésie, par exemple, où la chasse dure neuf jours. S’il arrive trois ou quatre jours avant et qu’il reste trois quatre jours après pour faire dépecer sa viande, il devient illégal presque automatiquement. Il faut s’ajuster à la réalité.

Considérez-vous la faune comme un bien collectif ?

La faune est un des plus grands patrimoines collectifs qui appartient à tous les Québécois(es). Dans toutes les nations du monde où on a une forme d’élite, on essaie toujours de l’accaparer au détriment de la majorité. Il faut le rendre accessible à tous.

CAQ : de la pub pour informer les Québécois

Sonia LeBel considère que la chasse et la pêche doivent être mises en valeur et mieux expliquées pour intéresser de nouveaux adeptes.
Photo courtoisie, Karl Tremblay
Sonia LeBel considère que la chasse et la pêche doivent être mises en valeur et mieux expliquées pour intéresser de nouveaux adeptes.

Avez-vous des idées pour assurer un meilleur accès à la ressource faunique et au territoire ?

Les accès sont souvent limités. Les gens plus renseignés savent comment ça fonctionne, mais monsieur et madame Tout-le-monde pensent que c’est difficile. Il faut faire de la publicité. Il faut assurer un bon entretien des routes pour faciliter l’accès. C’est un ensemble de mesures qu’il faut mettre en place pour aider les gens à comprendre le milieu naturel québécois et sa richesse.

Pour la pêche au saumon dans le Nord, avez-vous l’intention de maintenir la position actuelle qui favorise une certaine classe ?

Nous sommes tout à fait contre cette mesure-là. On n’est pas contre le fait que des pourvoiries aient accès et offrent des accès. Nous sommes contre que ce soit limité. Pour moi, c’est un non-sens que l’on ait fermé cet accès-là, même si, comme on nous l’a mentionné, il n’y avait que quelques personnes qui s’y rendaient pour pêcher.

Quelle est votre position dans le dossier des armes à feu ?

La CAQ n’était pas contre le registre. Nous voulions éviter  les débordements que l’on a vus au fédéral au niveau de l’efficacité et de la fiabilité et des coûts. D’un point de vue de sécurité publique, il est tout à fait normal que nous voulions avoir un inventaire de notre arsenal collectif québécois. Lorsque la Sécurité publique prend des mesures, elle ne doit pas agir en silo. Ces mesures touchent en grande partie les chasseurs qui sont, en général, respecteux des lois et des règlements. Il ne faut pas que l’immatriculation vienne empêcher les gens de pratiquer ce loisir qu’ils adorent. Il faut revoir l’ensemble des mesures liées à l’immatriculation pour permettre une souplesse et une fluidité pour les chasseurs.

Considérez-vous la faune comme un bien collectif ?

Il est certain qu’à la CAQ, nous sommes prêts à reconnaître que la faune est un patrimoine collectif. Il faut en faciliter l’accès, protéger la faune, il faut aider le cheptel à se développer afin que nous soyons capables d’en profiter tout comme les générations futures. Il faut travailler avec les associations sur le terrain, les gens du milieu, pour améliorer l’accès à cette richesse naturelle.

QS : investir dans les zecs et protéger la biodiversité

Manon Massé au parc La Fontaine, à Montréal.
Photo Agence QMI, Dario Ayala
Manon Massé au parc La Fontaine, à Montréal.

Avez-vous des idées pour assurer un meilleur accès à la ressource faunique et au territoire ?

Malheureusement, certains gouvernements ont augmenté les tarifs en nous disant qu’ils pourraient gérer mieux la ressource sur le terrain. On voit que ce n’est pas le cas. Il faut se faire un bon portrait de la situation afin de pouvoir prendre des décisions éclairées avec l’aide de biologistes et de techniciens de la faune. Pour nous, les zecs, c’est définitivement un système dans lequel il faut investir parce que cela donne de l’accès à tout le monde et en plus, il y en a partout.

Pour la pêche au saumon dans le Nord, avez-vous l’intention de maintenir la position actuelle qui favorise une certaine classe ?

Pour nous, ça n’a pas de bon sens. Nous souhaitons démocratiser l’accès à nos ressources. Même s’ils ont fait un petit pas en arrière, pour nous, ça ramène l’idée que les meilleurs endroits pour pêcher sont réservés à une élite qui a bien du cash alors que pour nous, l’activité de la pêche est traditionnelle pour nos familles. Cette attitude du gouvernement n’était pas du tout une bonne idée.

Quelle est votre position dans le dossier des armes à feu ?

Québec solidaire a toujours été en accord avec le registre. Nous l’avons souhaité. Nous sommes d’accord avec l’immatriculation. Contrairement à ce que les gens croient, nous ne sommes pas uniquement des gens de Montréal dans le parti. Nous avons plus de membres en région qui sont chasseurs et pêcheurs. Je viens d’une famille de pêcheurs et de chasseurs. Bien sûr, nous voulons respecter les gens qui possèdent des armes à feu. Je ne dis pas qu’il n’y a pas de place à amélioration.

Considérez-vous la faune comme un bien collectif ?

Totalement. Il faut protéger la biodiversité. C’est une ressource renouvelable, en augmentant les aires protégées dans chaque région, nous sommes en train de mettre le holà pour s’assurer que notre ressource va être sauvegardée.