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Ces policiers fabulateurs

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La campagne de la CAQ prend l’eau. Celle du PLQ vogue sur une mer calme. Voilà l’impression contrastée qu’on pouvait avoir hier en fin de journée.

D’un côté, le candidat caquiste et ex-policier Ian Lafrenière qui, en pleine averse, tente d’atténuer ses déclarations de la veille au sujet de l’ingérence politique dans le travail policier. De l’autre, le chef libéral Philippe Couillard, par un après-midi chaud et ensoleillé, au bord du fjord du Saguenay, qui réplique solennellement aux déclarations de l’ancien policier.

Rétropédaler

M. Lafrenière s’est dit surpris des vives réactions à ses propos. À l’écouter, il n’a fait que rappeler que la terre est ronde ! « L’ingérence politique, c’est ce que j’ai détesté le plus dans mon travail de policier », a-t-il pourtant affirmé lors d’une entrevue à TVA Nouvelles, samedi. Il a bien tenté de rétropédaler hier, spécifiant qu’il ne parlait que des événements qui ont conduit à la Commission Chamberland sur les sources journalistiques.

Comment, avec la dernière décennie Charbonneau-UPAC-Mâchurer, etc., un ex-officier en vue comme M. Lafrenière, candidat aux élections québécoises, peut-il penser que de dénoncer au passage « l’ingérence politique » passera comme une lettre à la poste ?

Dérapages

Au fait, que se passe-t-il avec les policiers ou ex-policiers quand ils touchent à la politique ? On dirait qu’ils prennent plaisir à lancer des informations explosives... qui, par la suite, souvent, ne résistent pas à l’analyse. Entre deux bouchées de poutine chez Boivin à La Baie, certains libéraux le soulignaient hier. Rappelons simplement quelques noms accolés à des controverses différentes, mais en tout ou en partie dégonflées : Yves Francœur, Jacques Duchesneau, Guy Ouellette.

Une hypothèse : habitués de se méfier de tout et de n’importe qui, évoluant dans des milieux paranoïaques divisés en clans, les policiers ont une imagination surstimulée par la tonne d’informations privilégiées qu’ils gèrent. Lorsqu’ils arrivent en politique, ils croient pouvoir enfin tout dire, tout déballer. Avec les conséquences que l’on observe.