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Internet haute vitesse partout, promesse la plus éculée de notre époque

La promesse du PLQ de ce matin rappelle étrangement celle faite en 2003 par Jean Charest.
La promesse du PLQ de ce matin rappelle étrangement celle faite en 2003 par Jean Charest.

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Jadis, en campagne électorale, les politiciens promettaient des routes.

De nos jours, ils en promettent encore. À leur décharge, admettons que souvent, elles se réalisent. Mais ça prend souvent plusieurs élections.

Aujourd'hui, en plus, ils promettent aussi des «inforoutes».

«Inforoutes»

Oh, vous aviez oublié ce superbe néologisme, n’est-ce pas? Faisons une petite parenthèse.

Le terme était très en vogue dans les années 1990 au Québec. C’était la faute d’Al Gore, le vice-président des États-Unis à l'époque, qui avait forgé la métaphore de l’«information highway», notion qui a fait florès; et que la Francophonie s'était empressée de traduire.

En 1998, Louise Beaudoin était même «ministre de la Culture et des Communications et ministre responsable de l'autoroute de l'information».

Dans un communiqué, elle utilisait le terme «Politique inforoutière du gouvernement»!

« La Politique inforoutière du gouvernement, s'appuyant sur un large consensus, conviera le Québec à se rallier autour de cinq priorités : généraliser l'utilisation de l'autoroute de l'information, préparer la jeune génération à l'univers des nouvelles technologies, bâtir un tronçon de l'autoroute qui nous ressemble, miser sur le développement de ce secteur économique, créateur d'emplois nouveaux, et moderniser l'état québécois tout en utilisant, via ses commandes et les marchés publics, toute sa capacité d'entraînement. »

Promesse de Jean Charest

Ce matin, le 3 septembre 2018, l’engagement du PLQ est celui-ci: «Le chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, veut rendre accessibles Internet haute vitesse et très haute vitesse et la téléphonie cellulaire partout sur le territoire québécois d’ici 2020.»

Oh, voilà qui me rappelle le discours inaugural de Jean Charest en... 2003 !

«Nous allons aussi brancher les régions. Avant la fin de ce mandat, des connexions Internet à haute vitesse seront disponibles dans toutes les régions du Québec. L’économie du savoir n’est pas incompatible avec l’économie du terroir. Et faut-il rappeler aussi que cette question d’être connecté, d’avoir accès à l’Internet haute vitesse, c’est aussi important aujourd’hui, en 2003, que jadis l’accès à l’hydroélectricité l’a été ou l’accès au téléphone.»

Autrement dit, les «inforoutes», c'est comme les routes, ça prend plusieurs élections, plusieurs promesses avant de les réaliser!

Malgré l'engagement de 1998, celui de 2003, notons que 10% de la population québécoise n'a toujours accès qu'à des inforoutes de campagne.

***

AJOUT 10h58: en 2018, tous les partis ont des promesses reliées à l'Internet.

-La CAQ aussi promet un investissement de «400 M$ pour que toutes les régions du Québec aient une couverture internet haute vitesse ainsi qu’une couverture cellulaire large bande d’ici 2022.»

-Le Parti québécois, dans son programme, promet de «donner accès à Internet rapidement sur tout le territoire québécois».

-Québec solidaire, lui, promet de créer une société d’État, Réseau Québec, pour faire concurrence au «cartel des télécoms» et ainsi offrir un accès à internet plus rapide et 30 % moins cher.