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Brassières et délires

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Avant-hier, en survolant les grands sites d’actualité, je suis tombé sur une étrange nouvelle, relayée par Radio-Canada. Une femme, en Colombie-Britannique, s’est lancée dans une croisade au nom du droit des femmes à ne pas porter de brassière au travail.

Droits

Elle le fait pour des raisons de confort, apparemment, mais surtout, au nom des droits de la personne et du combat pour l’égalité. Si les hommes n’ont pas à porter un soutien-gorge, pourquoi les femmes devraient-elles se soumettre à cette règle ? Elle prétend lutter contre les discriminations. On apprenait aussi qu’elles sont nombreuses à se rallier à ce « mouvement ».

En lisant cela, je me pinçais. Faut-il vraiment que l’idéologie des droits ne veuille plus rien dire pour qu’elle puisse être recyclée pour une cause comme celle-là ? Milan Kundera l’avait noté : dans notre monde, n’importe quel désir se recycle en droit, et même, en droit fondamental.

Il y a là quelque chose d’insultant pour ceux qui se sont vraiment battus pour les droits de la personne, au vingtième siècle, contre les dictatures atroces qui les bafouaient et les régimes totalitaires qui les écrasaient.

Si la moindre norme sociale, même la plus élémentaire, peut être déconstruite au nom des « droits humains », c’est que nous vivons dans un univers mental fondamentalement déréglé. Les mots perdent leur sens.

Dans tout cela, la responsabilité des médias est grande. En relayant les revendications de ce genre, en les normalisant, ils les placent au cœur de notre vie publique. Ils nous obligent à prendre au sérieux de telles lubies.

Narcissisme

Ainsi, l’individu narcissique et tyrannique qui veut abolir les normes sociales et culturelles, parce que sa petite personne se sent contrariée, trouve une caisse de résonance incroyable dans le système médiatique, qui s’alimente de ses délires.

C’est ainsi, progressivement, que des individus ou des groupuscules fanatiques s’emparent de l’agenda politique et nous soumettent idéologiquement.