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La destruction environnementale du PLQ

Un milieu humide sacrifié pour implanter un centre de données
photo agence qmi, MARIE-ÈVE PHANEUF

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Le patronat au pouvoir

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je demande à mes détracteurs, si j’en ai, de me sortir des politiques énoncées ou des gestes posés par le PLQ qui ont déplu royalement au patronat. Allez, forcez-vous un peu afin de m’en trouver. Que ce soit en matière fiscale, environnementale, d’austérité ou de coupes draconiennes déguisées chez Hydro-Québec [éolien et barrages privés], à la SAQ, dans nos garderies publiques (CPE), à l’éducation et à la santé [écoles et cliniques privées], par le biais des fameux PPP, du financement public de Bombardier et de la cimenterie McInnis, etc. La liste est très longue. Toutes ces mesures instaurées par le PLQ étaient censées moderniser le Québec et instaurer une réingénierie de ce dernier afin de l’adapter au 21e siècle, mais au profit de qui? Et qu’est-ce qui a coûté des milliards de dollars aux contribuables québécois, si ce n’est ce lien incestueux entre les affairistes et les mandarins du PLQ? Arrêtez donc de faire rire de vous et de vous appauvrir. Vous savez quoi faire aux prochaines élections!

L’hypocrisie crasse du PLQ

Toutes les nouvelles alarmantes sur la déchéance environnementale n’émeuvent guère des politiciens comme Philippe Couillard et Donald Trump malgré leurs belles paroles qui n’ont comme objectif que de vous leurrer, de vous berner.

Quelle farce grotesque que d’entendre Philippe Couillard clamer: «Agir pour le climat est urgent» (Le Journal de Montréal, 17 octobre 2015). Et aussi de l’avoir entendu entonner ce refrain environnemental: «Philippe Couillard promet un changement de cap majeur» (Le Devoir, 12 février 2016). Et enfin, Philippe qui récidive: «Le Québec veut rayonner en matière de climat et de droits de la personne» (Le Devoir, 12 avril 2017). Plus hypocrite que ça, tu meurs drette là. Changement de cap majeur dans la continuité pour le PLQ, comme dans: «300 millions en soutien [du PLQ] par année aux hydrocarbures» (Le Devoir, 22 mars 2018). Ma meilleure est la suivante: «Québec (PLQ) se lance dans les obligations vertes. La première émission de 500 millions n’est qu’un début, promet Leitao» (Le Devoir, 25 février 2018). Le banquier Carlos Leitao va probablement se joindre à Greenpeace à la fin de sa fabuleuse carrière politique.

Juste comme ça, je ne peux pas comprendre les nouveaux candidats de se joindre au PLQ. N’ont-ils pas été témoins de ce que ce parti politique a fait? Ça prend juste des opportunistes que je vous dis, et encore plus quand ils se disent progressistes.

Protéger l’environnement en polluant et en saccageant plus

Vous voulez une preuve que le PLQ et Philippe Couillard mentent effrontément? Que dites-vous de celle-ci: «Transport du pétrole [des sables bitumineux de l’Alberta au Québec]. Parent pauvre [dixit Couillard], le Québec doit faire sa part» (Le Devoir, 26 septembre 2014). Philippe a bel et bien dit: «Dépendant de la richesse produite par les provinces comme l’Alberta, le Québec [sur le B.S. quoi!] doit contribuer à l’économie canadienne en laissant transiter [gratos] sur son territoire le pétrole [très sale et très polluant] des sables bitumineux, estime Philippe Couillard.» Allô chevalier de la protection de l’environnement! Ah oui, quel beau projet environnemental, qui a coûté des centaines de millions de dollars aux Québécois pour une poignée de jobs, et pour beaucoup de pollution, pire que les alumineries qui jouissent de beaux petits tarifs d’électricité: «Ciment McInnis. L’usine la plus polluante au Québec» (Le Journal de Montréal, 26 septembre 2017). Ajoutons ceci, si vous le permettez: «La cimenterie McInnis fera cependant bondir de 40% presque à elle seule la consommation de charbon et de coke de pétrole au Québec» (Le Devoir, 12 juin 2018). C’est comme ça que le PLQ agit pour le climat.

En passant, les pétrolières, les minières et les papetières versent moins en impôts et en redevances que ce qu’elles reçoivent en aide gouvernementale de toutes sortes.

Idem pour la forêt

Approche visionnaire du PLQ afin d’agir pour le bien environnemental: «Le sommet de la Gaspésie rasé» (Le Journal de Montréal, 6 août 2018). En encadré il est écrit ceci: «Plusieurs espèces, dont les derniers caribous de la région, sont en voie de disparaître alors que les machines industrielles montent de plus en plus haut pour raser les forêts des monts Chic-Chocs.» Pour la ministre libérale de l’Environnement, une autre illuminée, tout est pourtant simple: «Protéger l’environnement et accepter des coupes [et beaucoup en plus de ça et partout au Québec] à blanc» (Le Journal de Montréal, 8 août 2018).

Et les milieux humides vous dites?

Prenant le temps de bien tenir compte des exigences du patronat: «Les milieux humides attendront. Québec [PLQ] reporte de trois ans des mesures pour protéger marais et tourbières» (La Presse, 26 février 2015). Bien sûr, il n’y en aura jamais de la part du PLQ des mesures pour sauvegarder les milieux humides, comme dans: «Milieux humides. Québec sera moins exigeant [ce qui signifie bar open] envers les promoteurs» et «L’industrie de la canneberge (et aussi les promoteurs immobiliers) à l’abri de la loi sur la protection des milieux humides» (Le Devoir, 14 juin 2018 et 16 juin 2017). En somme, le Parti vert et le Parti libéral du Québec, c’est presque du pareil au même?

Pas seulement les milieux humides

Il faut être équitable, selon la version du PLQ, envers tous les entrepreneurs. Si on donne du lousse pour les milieux humides, pour être cohérent et juste, il faut être ouvert aux supplications des autres créateurs de richesse: «Les réserves fauniques (en plus des lacs et rivières) ouvertes à l’exploration pétrolière» et «Exploration pétrolière et gazière. Québec (PLQ) refuse de mettre les terres agricoles à l’abri» (Le Devoir, 18 août et 17 novembre 2016). Pour vous dire la vérité, ça paraît peut-être pas dans mes textes, car je sais refouler mes sentiments, mais du PLQ, je ne suis plus capable!

Et la frime du PLQ mène à quoi?

Et, malgré toutes les simagrées et les prétentions du PLQ: «Réduction des GES. Les efforts du Québec restent insuffisants» (Le Devoir, 8 mars 2018). Bah, pas grave, pour le PLQ il y aura réduction des gaz à effet de serre au Québec à partir de l’an 3000!

Faire plus et mieux avec moins

Couillard, ses ministres et le patronat vous le répètent sans cesse: plus et de meilleurs services publics en coupant, en baissant les impôts, en privatisant, en déréglementant, en subventionnant, bref, avec moins d’État et un État ratatiné ouvert, flexible et compréhensif envers...

Plus d’environnement avec moins, toujours selon l’évangile du PLQ: «Net recul du nombre d’agents de la faune. Une cinquantaine de postes abolis» (Le Devoir, 27 février 2017). Et aussi: «Recul des inspections environnementales au Québec» (Le Devoir, 21 février 2017). Il ne faut pas les irriter les entrepreneurs, il faut leur faire confiance afin de protéger la planète. Tiens, que dites-vous de celle-ci? «L’expertise scientifique (au Québec) écope. Les compressions (déficit zéro oblige) ont raison d’une dizaine de postes de biologistes au ministère de la Faune» (Le Devoir, 5 février 2015). Et enfin: «Deux inspecteurs (c’est mieux qu’un seul) pour plus de 700 puits (pétrole et gaz) abandonnés. Le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles (dont le ministre est l’ineffable Pierre Moreau) est dépourvu de personnel» (Le Journal de Montréal, 13 mars 2018). Combien de fois devrais-je vous le répéter? Pour le bien commun et l’environnement, fiez-vous aux entreprises comme le fait depuis toujours le PLQ. En matière environnementale, comme le dit le poète: «On ne fait pas d’omelettes sans casser des œufs.» Ah, oui, j’oubliais, faute d’espace, je ne vous ai pas parlé de l’histoire des minières qui peuvent opérer partout au Québec sans embûches et nous laisser leurs montagnes de résidus à décontaminer à coups de milliards de dollars aux frais de la collectivité. Le principe de l’utilisateur-payeur ne s’applique pas pour les entreprises, juste pour les services publics du monde ordinaire.