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Trafic d’armes dans une bibliothèque

Un Québécois est condamné dans l’État du Vermont

Alexis Vlachos a pris livraison d’un sac rempli d’armes de poing à la bibliothèque Haskell, située sur la frontière canado-américaine (délimitée par un trait noir au sol).
Photo d'archives, AFP Alexis Vlachos a pris livraison d’un sac rempli d’armes de poing à la bibliothèque Haskell, située sur la frontière canado-américaine (délimitée par un trait noir au sol).

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Un Montréalais qui faisait entrer illégalement des armes à feu au Québec par une bibliothèque construite en plein sur la frontière canado-américaine a écopé de 51 mois de taule au Vermont, mardi.

Ce n’était pas pour emprunter des livres qu’Alexis Vlachos se rendait à la bibliothèque Haskell, dont une moitié est située à Stanstead, dans les Cantons-de-l’Est, et l’autre à Derby Line, au nord de l’État du Vermont.

C’est plutôt pour récupérer une vingtaine de pistolets et de revolvers commandés à des complices américains que ce Québécois de 41 ans a profité de la particularité géographique de ce bâtiment érigé en 1904.

À la toilette

Comme tous les usagers de cette bibliothèque dont le plancher est marqué par une ligne noire correspondant au tracé de la frontière, Vlachos n’avait pas à montrer patte blanche aux douaniers pour y entrer ni en sortir.

À deux reprises en mars 2011, Vlachos – un criminel de carrière ayant plusieurs condamnations pour vols à main armée et vols par effraction – est reparti de là avec un sac à dos contenant des armes de poing de marque Glock, Beretta, Ruger, Walther et Smith & Wesson.

Selon la preuve déposée en cour à Burlington, un de ses complices allait tout simplement déposer la marchandise dans la toilette de la bibliothèque Haskell.

Vlachos le surveillait en faisant mine de s’intéresser à des bouquins et n’avait qu’à attendre que son comparse ressorte de la toilette pour y prendre le sac. Ces transactions ont toutefois éveillé les soupçons d’employés.

De la Floride

Les agents fédéraux américains ont d’abord appréhendé deux complices de Vlachos, dont une Floridienne qu’il avait connue à Montréal.

L’enquête a permis d’établir qu’en tout, Vlachos a commandé et reçu 104 armes à feu provenant de la région de Tampa, en Floride, et qui lui ont été livrées à plusieurs endroits au Vermont et dans l’État de New York. Des armes qu’il aurait ensuite revendues sur le marché noir québécois, d’après la preuve.


Qualifié de « cerveau » de ce stratagème de contrebande, Alexis Vlachos était détenu provisoirement dans cette affaire depuis 43 mois, de sorte que sa peine expirera dans huit mois.