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50 000 $ réclamés pour des propos sur Facebook

<b>Denis Lavoie</b><br />
Maire de Chambly
Photo d'archives, Éric Thibault Denis Lavoie
Maire de Chambly

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Un citoyen de Chambly est poursuivi pour 50 000 $ pour avoir notamment traité le maire d’« opportuniste » et de « p’tit Vaillancourt » dans les commentaires d’une page Facebook.

« [Le maire Denis Lavoie] est un opportuniste ! » « Avoir su qu’on avait un “p’tit Vaillancourt” à la mairie [...] » « [Les élus de Chambly] sont devenus experts pour berner le petit peuple. »

Ces trois commentaires publiés sur la page Facebook Le vrai Chamblyen entre novembre 2017 et mars dernier par un résident de Chambly lui valent aujourd’hui une poursuite de 50 000 $ pour des « allégations fausses et diffamatoires ».

Comme lui, trois autres citoyennes ont été mises en demeure au printemps pour des propos tenus sur les réseaux sociaux. L’une d’elles est poursuivie pour 25 000 $.

Les administratrices de la page Le vrai Chamblyen ont aussi reçu des mises en demeure.

Le Journal a tenté en vain de parler aux citoyens concernés.

Ces actions judiciaires surviennent dans un contexte de fortes tensions dans cette ville de 30 000 habitants de la Montérégie, comme Le Journal avait pu le constater en avril, lors d’une séance du conseil municipal.

« Nous sommes contre la judiciarisation des relations entre les villes et les citoyens, dénonce le porte-parole de la Ligue d’action civique, Pierre-Olivier Brodeur. Il existe d’autres voies pour régler les conflits, comme la discussion ou la médiation. »

« Inadmissible »

En entrevue, le maire Denis Lavoie se dit contraint d’aller jusque là parce que « certaines personnes pensent qu’elles peuvent tout dire ».

« La situation sur les réseaux sociaux était inadmissible et nuisait à l’image de la Ville », dit-il.

M. Lavoie se dit notamment choqué par la comparaison avec l’ex-maire de Laval Gilles Vaillancourt.

« M. Vaillancourt est un homme corrompu, alors que moi, j’ai combattu la corruption quand j’étais policier », lance-t-il.

Le maire ajoute qu’il aurait été possible de régler le tout sans poursuite, comme ça aurait été le cas avec une autre citoyenne.

« La personne a signé une lettre d’excuse, elle a versé une compensation sans rapport avec le montant réclamé, et ça s’est arrêté là », assure-t-il.

M. Lavoie affirme que les frais de justice liés aux procédures de la Ville, qu’il évalue à 50 000 $, ne sont pas un problème.« La Ville dépense des 40 000 ou 50 000 $ pour des campagnes de publicité, alors [les frais de justice] ce n’est pas grand-chose pour préserver l’image de la Ville », conclut-il.