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La fin des rentrées scolaires préfabriquées ?

Visite à l'école secondaire Saint-Laurent, Édifice St-Germain, qui est surpeuplée. 22 février 2018.
PHILIPPE-OLIVIER CONTANT/AGENCE QMI

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Sac à dos et brigadiers aux coins des rues sont réapparus depuis quelques jours dans le paysage montréalais. Bâtiments vétustes, surpopulation scolaire, manque de locaux, classes préfabriquées, installations transitoires, c’est aussi la réalité de cette rentrée. Moins visibles certes, ce sont toutefois des symptômes des maux criants qui affectent l’école publique et les familles montréalaises. Les élus municipaux et scolaires n’ont pas attendu le déclenchement de la campagne électorale pour faire valoir leurs préoccupations à l’égard du réseau montréalais.

Voix unies en faveur des écoles

Tout juste au début des vacances estivales, la Ville de Montréal et les cinq commissions scolaires situées sur son territoire se sont engagées à travailler ensemble pour identifier des solutions aux problèmes de l’école montréalaise et pour mieux répondre aux besoins des enfants et des familles. Il le faut car la situation devient intenable. À la Commissions scolaire de Montréal (CSDM) par exemple, la croissance prévue de 7000 élèves pour les cinq prochaines années équivaut à une quinzaine d’écoles de 450 élèves ! Où installera- t-on ces enfants ? Dans quels milieux d’apprentissage graviteront ces élèves et quelle en sera la qualité ? Au fil des ans, chacun d’entre nous a vu les reportages qui témoignent à répétition de l’état lamentable des bâtiments publics. La présidente de la CSDM, Mme Harel-Bourdon, chiffre le déficit de maintien des infrastructures à environ 1,3 milliards. C’est dire l’importance des fonds requis pour faire face à la situation.

Les écoles ne se rénovent ni se construisent en un tournemain. Cette déclaration commune à l’invitation de la Mairesse Plante est importante. La volonté de travailler ensemble pour planifier le territoire et les besoins dans les quartiers, pour prévoir la stratégie immobilière ou partager des infrastructures entre la ville et les écoles est un pas significatif non seulement pour une action concrète, mais aussi pour éventuellement formuler des revendications fortes auprès du gouvernement provincial.

Un chantier sur les chantiers

À l’Hôtel de ville, tant la Mairesse Plante que le chef de l’Opposition officielle, M.Perez, ont placé au haut de la liste de leurs demandes électorales la question des écoles et des investissements colossaux requis. Pour Ensemble Montréal, on souhaite aussi que la réglementation québécoise soit modernisée pour faciliter l’implantation d'écoles en milieu urbain dense. Cette convergence politique est fort heureuse : s’il y a un chantier transpartisan, c’est bien celui-là. Montréal ne relèvera pas le défi démographique de l’intégration des nouveaux arrivants jusqu’à la rétention des familles sur l’île sans des écoles et des milieux de vie de qualité. Tout autant que le Québec ne réussira celui de la prospérité et de la citoyenneté sans ancrer l’éducation dans le territoire et l’environnement bâti.

Plusieurs initiatives et voix de la société civile avancent en ce sens. Les parents et les enseignants réclament des milieux de travail et de vie sains et sécuritaires. Tous les partis provinciaux ont présenté en ces jours de rentrée scolaire des engagements électoraux à cet égard. Au lendemain du 1er octobre, cela devrait être l’un des premiers devoirs du futur gouvernement de mener avec vigueur ce chantier sur les infrastructures scolaires. Souhaitons que la voix commune des élus municipaux et scolaires soit gage d’une pression continue pour respecter les promesses. Et qui sait, jugerons-nous un jour de la réussite de ce grand projet par la disparation de ces classes préfabriquées, solutions temporaires devenues le signe permanent de notre incurie.