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Quand Lisée s’enlise dans ses contradictions

Quand Lisée s’enlise dans ses contradictions
Photo PIerre-Paul Poulin

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Le chef du Parti Québécois a remporté un succès d’estime dans ce début de campagne, mais l’apparente bonne humeur commence sérieusement à se lézarder. Les sorties tonitruantes de Lisée, sans mesure et à courte vue, sont en train de provoquer un effet boomerang. 
 
Le cas le plus patent est sa sortie pour exiger qu’Éric Caire mette fin à sa carrière politique. Nous avons ici le cas d’un député à qui la Commissaire à l’éthique signale une situation de potentiel conflit d’intérêts. Elle lui recommande de régulariser sa situation, ce qu’il a fait. La Commissaire considère aujourd’hui le dossier clos. 
 
De son côté, le chef du PQ accepte sans broncher un candidat aux Îles-de-la-Madeleine condamné par la Cour supérieure, qui lui a interdit de siéger sur un conseil municipal pendant 5 ans. Le même candidat a été obligé de rembourser 26 000 dollars suite au rapport de la Vérificatrice générale.  Il y a là bien pire que l’erreur de jugement d’Éric Caire. Est-ce que le chef du PQ va exiger le retrait de son candidat qui a fricoté avec les fonds publics? 
 
Et que dire de la cour assidue de ce même Lisée pour que Gaétan Lelièvre réintègre les rangs du PQ pour être candidat en Gaspésie. Rappelons que M. Lelièvre a été obligé de reconnaître qu’il avait reçu des cadeaux de firmes d’ingénieurs alors qu’il était directeur général de Gaspé et donnait des contrats à ces mêmes firmes. Est-ce que le chef du PQ va reconnaître qu’il a commis une erreur de jugement flagrante en demandant à Lelièvre de se représenter alors que celui-ci avait manifestement commis un manquement éthique? 
 
Il y a le cas de Michelle Blanc, évidemment, qui a accusé un blogueur de pédophilie. Est-ce acceptable qu’une candidate au poste de député salisse un citoyen avec des accusations aussi graves? Est-ce que Lisée va lui demander de quitter, elle qui a entaché la réputation d’un citoyen?
 
 Il y a le cas de la candidate péquiste de Soulanges qui a été condamnée à payer une amende de 10 000$ pour avoir vendu une pouliche avec un vice caché. Voilà un comportement malhonnête qui a lésé une tierce partie. Est-ce que le chef du PQ va suivre sa propre logique et la mettre à la porte? 
 
Et finalement, il y a le cas de Guy Leclair, arrêté pour facultés affaiblies, après une première condamnation en 2011. Lisée défend son député en plaidant la présomption d’innocence. Pourtant, en conduisant avec les facultés affaiblies, le député Leclair a mis la vie des gens en danger et il aurait récidivé. Selon la logique de Lisée, il aurait dû être mis à la porte du Parti Québécois depuis longtemps. 
 
Comment le chef du PQ peut-il exiger le départ d’un député qui s’est plié aux recommandations de la Commissaire à l’éthique, qui n’a lésé personne, qui n’a pas fricoté avec l’argent public et qui n’a mis la vie de personne en danger et en même temps garder avec lui tous ces candidats qui ont multiplié les fautes bien plus graves? 
 
Lisée parle souvent du manque de crédibilité de ses adversaires, mais en s’enlisant ainsi dans ses contradictions, c’est sa propre crédibilité qui s’écroule.