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Un Montréalais 13e au Sommet mondial du trail

Mathieu Blanchard a franchi la ligne d’arrivée de la célèbre course de 170 km en sentier au mont Blanc en un peu moins de 24 heures, établissant du même coup un record québécois.
Photo courtoisie, Caroline Côté Mathieu Blanchard a franchi la ligne d’arrivée de la célèbre course de 170 km en sentier au mont Blanc en un peu moins de 24 heures, établissant du même coup un record québécois.

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Mathieu Blanchard s’est hissé jusqu’à la 13e position à l’Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB), le rendez-vous international des plus grands coureurs de trail au monde.

Il a franchi les 170 km et 10 000 mètres de dénivelé positif en 23 h 53 min 2 s, une performance qui le rapproche de son rêve.

« J’aimerais être dans le top 10 mondial en trail », avait dit Mathieu Blanchard au début de l’année. Voyager et courir, courir et voyager, comme trailer professionnel. À voir la vitesse à laquelle il court et celle à laquelle il progresse, l’athlète de 30 ans de Montréal n’en est pas bien loin. À peine quatre ans d’expérience de course dans les jambes et il a déjà sa place parmi les plus grands coureurs de trail du Québec.

La naissance du coureur à Montréal

Après une enfance à côtoyer l’océan et à y plonger, Mathieu Blanchard atterrit à Montréal en janvier 2014 pour ce qui devait être un simple contrat de travail. Coup de foudre quasi instantané avec la métropole.

Un mois après son arrivée, Mathieu s’étonne de voir des coriaces courir au mont Royal en plein hiver. Intrigué, il décide de s’initier à la course... en s’inscrivant au marathon de Montréal en septembre.

Il terminera ce premier marathon en trois heures. Vrai, qu’il aura fait ses devoirs, lu abondamment sur le sport, enchaîné des entraînements de qualité, mais une telle performance d’un pur néophyte suggère un talent inné, ou du moins des prédispositions physiques aux sports d’endurance. Il abaissera d’ailleurs ce temps au marathon jusqu’à 2 h 32.

« Je crois que je profite d’une certaine endurance physique et mentale, admet Mathieu Blanchard. Je peux rester en mouvement longtemps, peu importe le sport. »

Après la route, le coureur découvre les sentiers au X-Trail Sutton en juin 2016, puis, en septembre, au 80 km de l’Ultra-Trail Harricana, qu’il remporte.

« C’est là que tout a changé et que j’ai été embarqué dans l’équipe de Salomon, raconte Mathieu Blanchard. Je n’aurais jamais pensé gagner ! Je n’avais jamais couru plus de 42 km à vie, je n’avais que quelques mois d’expérience en sentier. »

Du mont Royal au mont Blanc

Quelques fois par semaine, Mathieu Blanchard franchit les 14 kilomètres qui le séparent de son bureau à Saint-Laurent à la course, matin et soir, passage obligé par le mont Royal pour tenter d’inclure un peu de dénivelé dans son quotidien. Le week-end, l’ingénieur de profession quitte la ville pour attaquer les sommets de l’Estrie, des Adirondacks, de Charlevoix ou des montagnes Blanches.

« C’est bien beau le mont Royal, mais je commence à en avoir fait le tour et ça manque de dénivelé ! » dit Mathieu Blanchard. Ce n’est pas toujours simple de s’entraîner pour les grandes courses européennes à Montréal, même les sommets des Appalaches n’offrent pas un terrain idéal, leur surface étant en général trop accidentée pour la course.

« Je n’ai pas les jambes des meilleurs, qui eux s’entraînent dans les Alpes. Je le sens dans les montées, je n’arrive pas à grimper aussi vite », dit le Montréalais d’adoption. Quittera-t-il conséquemment la métropole pour vivre son rêve ?

« Devenir coureur professionnel est un objectif, mais pas une finalité, et j’aime faire les choses dans l’ordre. Si je prends ma place comme pro, je verrai », dit l’athlète, bien établi dans la communauté de trail locale.

Une étape à la fois, une approche qu’il adopte même à la course.

« En montagne, je ne me fais pas de plan. Autrement, je suis d’avis que dès que celui-ci ne fonctionne pas pour des raisons inévitables, une météo changeante par exemple, on stresse. Et il y a en plus l’appréhension qui nuit au repos avant l’événement », dit le coureur.

De l’eau aux sentiers

« En montagne, je pense souvent à l’océan, lorsque mes pensées s’emballent, dit Mathieu Blanchard, aussi moniteur de plongée. La plongée m’a amené à développer la maîtrise de ma respiration, et je m’en sers comme une aide méditative en course. »

Une qualité inestimable pour un sport qui vise à aller au-delà de ses limites. Poser les pieds sans s’emballer.

Établir un record québécois à la plus grande course de trail au monde ne marque pas la fin de la saison de Mathieu Blanchard. Plutôt, au programme cet automne, l’Ultra-Trail Atlas Toubkal au Maroc (105 km, 6500 m de dénivelé positif) en octobre, l’Ultratrail du Guatemala (77 km, 5900 m de dénivelé positif) en novembre, puis il défendra son titre de champion à la Transmartinique (144 km, 4310 m de dénivelé positif) en décembre. Entre tout ça, le boulot, comme tout le monde.

Puis, peut-être une petite pause avant la prochaine saison ? Petite. Mathieu Blanchard n’accroche pas ses souliers de course pendant l’hiver.

« L’habitude de courir à -30 o C m’a certainement aidé à passer à travers les -10 o C ressentis au mont Blanc. Et les 30 o C tropicaux qu’on connaît à Montréal me permettent de m’entraîner dans des conditions qui ressemblent à celles de la Martinique », dit le coureur. Un plus pour Montréal !


♦ Pour suivre Mathieu Blanchard dans ses aventures, cliquez ici.

 

L’Ultra-Trail du Mont-Blanc

  • 170 kilomètres
  • 10 000 mètres de dénivelé positif
  • 2300 meilleurs coureurs de trail au monde

► Le gagnant 2018 : le Français Xavier Thévenard (20 h 44 min 16 s)

► La gagnante 2018 : l’Italienne Francesca Canepa (26 h 8 min 7 s)

Meilleures performances québécoises

► Mathieu Blanchard en 23 h 53 min 2 s en 13e position chez les hommes

► Anne Bouchard en 29 h 8 min en 29e position chez les femmes

Plus près de chez nous — l’Ultra-Trail de Charlevoix se déroulera ce week-end, accueillant des coureurs aux 125 km, 80 km et 65 km en ultra, puis aux 28 km et 10 km en courtes distances.


♦ Renseignement : https://harricana.info/