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Vivre d’une paie à l’autre, la réalité de 31 % des Québécois

Vivre d’une paie à l’autre, la réalité de 31 % des Québécois
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Signe que les temps ont changé, 38 % des milléniaux considèrent l’équilibre entre leur vie personnelle et le travail comme étant LE facteur le plus important, bien avant le gros salaire qui pourrait les aider à se sortir de l’endettement.

Depuis que l’Association canadienne de la paie (ACP) publie son sondage annuel, c’est-à-dire depuis 10 ans, c’est la première fois qu’il rapporte que les employés se préoccupent plus de l’équilibre entre la vie professionnelle et personnelle que d’obtenir une rémunération plus élevée.

«Les gens ont de plus en plus de la difficulté à faire des compromis sur leur qualité de vie. Avec les milléniaux, on s’en va vers l’équilibre travail-famille. Ils veulent de plus en plus de choses, mais ils ne veulent pas travailler plus pour l’obtenir. Ce n’est pas négatif. Le sens du compromis ou de l’économie s’est perdu, comme dans la chanson “mon arrière-arrière-grand-père”», affirme Christian Coutu, membre du conseil d’administration de l’ACP.

Pourtant, quand on leur demande quelle est la meilleure mesure à prendre pour améliorer leur situation financière, la réponse numéro un est de gagner plus d’argent, pour 26 % des répondants au Québec.

«L’équilibre, c’est important, parce que j’ai l’intention d’avoir une vie en dehors du travail pour pouvoir pratiquer des sports, avoir une famille. Je ne veux pas juste travailler dans la vie. Je veux avoir les deux», a confié Simon Tremblay, étudiant à l’Université Laval.

Vivre d’une paie à l’autre

Pas moins de 17 % des Québécois déclarent être incapables de trouver 2000 $ pour parer à une urgence. Toujours selon l’ACP, 31 % éprouveraient des difficultés à honorer leurs obligations financières si leur paie était en retard. C’est quand même un peu moins que la moyenne nationale, qui se situe à 44 %.

Cet écart s’explique, d’après M. Coutu, par la présence de programmes sociaux au Québec comme les garderies subventionnées qui permettent de soulager le portefeuille.

L’hypothèque est la dette la plus courante (28 %), suivie par les cartes de crédit (18 %) et le prêt automobile (18 %). Un répondant sur cinq doit de l’argent sur sa marge de crédit.

Travailler plus longtemps

Les travailleurs interrogés ciblent 61 ans comme âge de la retraite, mais près de 39 % des Québécois indiquent qu’ils devront travailler plus longtemps que ce qu’ils avaient planifié il y a 5 ans, principalement parce qu’ils n’ont pas atteint leur objectif d’épargne-retraite.

 

Vivre d’une paie à l’autre

  • 31 % des travailleurs québécois ne pourraient honorer leurs obligations financières si leur paie était en retard
  • 33 % se préoccupent davantage de l’équilibre entre leur vie professionnelle et personnelle
  • 24 % des Québécois déclarent que leur niveau d’endettement a augmenté au cours de la dernière année
  • 26 % souhaiteraient une rémunération plus élevée

 

Quelques témoignages de salariés

Vivre d’une paie à l’autre, la réalité de 31 % des Québécois
Photo Le Journal de Québec

«Je ne vois jamais mon père, parce qu’il travaille tout le temps. Quand tu as un meilleur équilibre, ça te permet d’être plus heureux et d’avoir plus de temps pour faire ce que tu veux. Je réussis à mettre un peu d’argent de côté, car on ne sait jamais ce qui peut arriver.»

– Léa Morin, étudiante, 19 ans


Vivre d’une paie à l’autre, la réalité de 31 % des Québécois
Photo Le Journal de Québec

«L’équilibre avant tout ! Les gros salaires, ça vient avec des grosses responsabilités. Oui, je vis d’une paie à l’autre depuis que je suis retraitée. Je ne peux pas dire que je suis stressée, mais je dois être plus raisonnable.»

– Micheline Boucher, retraitée


Vivre d’une paie à l’autre, la réalité de 31 % des Québécois
Photo Le Journal de Québec

«Je suis devenue infirmière au privé, il y a 18 mois, parce que je n’en pouvais plus du temps supplémentaire imposé. J’ai décidé de faire passer ma qualité de vie en premier.»

– Catherine Labbé, 44 ans

 

Réagir avant qu’il soit trop tard

 

L’économie canadienne n’est pas à l’abri d’un changement de direction qui pourrait aggraver la situation financière de nombreux travailleurs qui sont déjà pris à la gorge.

Lorsqu’on vit d’une paie à l’autre, c’est que l’on n’a pas pris la mesure de ce que l’on dépense, affirme Fabien Major, associé principal et fondateur de Major Gestion Privée et chroniqueur au Journal, qui propose quelques conseils pour aider à voir la lumière au bout du tunnel :

  • La première étape est certainement de vérifier où va notre argent, combien on dépense et combien on gagne en établissant des colonnes avec nos actifs et nos passifs.
  • Quand on voit que notre situation financière est dans le rouge, il est impératif de changer de mode d’opération en revoyant ses habitudes de consommation.
  • Malgré le fait que plusieurs Québécois gagnent un bon salaire, leur situation s’enlise. Si les cartes de crédit sont pleines, on peut négocier avec son prêteur pour obtenir un meilleur taux d’intérêt.
  • Les points accumulés sur les cartes de crédit sont un couteau à double tranchant. Lisez les petits caractères, car les points valent beaucoup moins cher que les taux d’intérêt facturés sur les soldes impayés. 
  • Utilisez des outils comme Mint pour suivre votre budget à la trace et n’hésitez pas à demander de l’aide à des organismes comme l’ACEF en cas de besoin.