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10 choses à retenir sur la carrière de Lise Payette

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L’ex-ministre, auteure et animatrice Lise Payette est décédée mercredi à l’âge de 87 ans. Figure incontournable de la scène médiatique québécoise, elle est notamment connue pour son implication en politique et son engagement envers les causes féministes. Voici 10 choses à retenir de son illustre carrière.

Des débuts en presse écrite

Après des études à Montréal, Lise Payette fait ses premières armes en journalisme dans le courant des années 50... en Abitibi à titre de rédactrice pour le quotidien local, La Frontière.

Daniel Mallard/JOURNAL DE QUEBEC

Elle fait son entrée sur les ondes hertziennes

En 1956, Lise Payette se découvre une passion pour la radio et travaille pour la chaîne CKRN de Rouyn-Noranda pendant un an. Durant cette période, sa voix se transporte jusque dans les chaumières de Trois-Rivières, Québec et Montréal.

Séjour dans la Ville lumière

En 1958, elle se rend de l’autre de côté de l’Atlantique pour explorer de nouvelles avenues. Trois ans plus tard, elle se retrouve au bureau de Radio-Canada à Paris où elle anime l’émission Interdit aux hommes. C’est ze radio-show qui va la propulser au-devant de la scène médiatique québécoise.

SIMON CLARK/JOURNAL DE QUEBEC/AGENCE QMI

Lise Payette ne délaisse pas la presse écrite pour autant. Ainsi, elle continue de signer des papiers durant son séjour dans l’Hexagone, notamment pour Châtelaine au Québec et Le Petit Journal, une publication française.

Place aux femmes et surtout à Lise

La notoriété de Lise Payette s’accroît au Québec à partir de 1966 avec le début de Place aux femmes, une émission à saveur féministe où elle aborde de front des enjeux de société.

En 1972, c’est la consécration: elle fait le saut à la télévision dans Appelez-moi Lise. Cette émission où elle parle de tous les sujets, même les plus tabous (#sexualité) avec un ton franc et convivial, cimente son statut de chouchou auprès du public québécois.

Des allures de fête

En 1975 Lise Payette s’occupe d’organiser les mythiques célébrations de la Saint-Jean sur le Mont-Royal, une implication qui lui vaudra une nouvelle vague d’amour.

Aux côtés de René Lévesque

Forte de son statut de vedette, Lise décide de faire le saut en politique et va porter les couleurs du Parti québécois lors des élections de 1976. Élue dans le gouvernement de René Lévesque, Lise Payette incarne la réussite au féminin: elle montre qu’il est possible pour les femmes de faire leur place au sein de l’État québécois sans renier leurs principes et sans mettre de côté la lutte pour l’égalité.

SIMON CLARK / JOURNAL DE QUEBEC

Madame LA ministre

C’est d’ailleurs durant son passage au sein du gouvernement québécois que l’on assiste à la mise sur pied d’un bureau de la condition féminine dans 12 ministères. Elle milite aussi pour de meilleurs services de garde et de garderies, pour la création de centres d’aide aux femmes en difficulté et pour l’augmentation des fonds accordés aux mères monoparentales.

La politicienne réussit également à féminiser les titres de ministre, devenant ainsi «la ministre» plutôt que «le ministre».

AGENCE QMI

Il faut rappeler que, pendant cette période, Lise Payette travaille pour tous les Québécois, femmes et hommes. On lui doit aussi la création de la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ), le Code de la protection du consommateur et le «Je me souviens» écrit sur nos plaques de char.

De Lise à Yvette

La carrière politique de Lise Payette se termine quelques années plus tard dans la controverse. Durant la campagne référendaire de 1980, la politicienne remet en question la capacité à décider par elles-mêmes des femmes qui flirtent avec l’idée de voter «NON», ce qui sera entre autres perçu comme une pointe lancée à Madeleine Guay, épouse du chef de l’opposition officielle Claude Ryan. Elle appellera les «suiveuses» «Yvette», le nom d’un personnage fictif de livre scolaire qu’on pourrait qualifier de potiche.

Cette sortie pour le moins étonnante lui fera perdre de nombreux fans au sein la gent féminine.

Retour à l’écriture

Après son passage en politique, Lise Payette revient à ses premières amours et commence à écrire pour la télévision. Elle sera tour à tour scénariste, auteure et productrice de téléromans à succès qui feront encore une fois une belle part aux enjeux de société d’un Québec qui s’ouvre de plus en plus sur le monde.

Jacques Bourdon

Dans les décennies qui suivent, la femme aux multiples talents prête aussi sa plume à divers quotidiens, dont le Journal de Montréal et Le Devoir.

Une image quelque peu ternie

Lise Payette qui s’était tranquillement retirée de la vie publique (à l’exception de ses chroniques dans Le Devoir) s’est tout de même retrouvée plongée dans quelques controverses au cours des dernières années.

En février 2016, elle crée le malaise en signant une chronique intitulée «Claude Jutra était mon ami» où elle prend la défense du défunt cinéaste qui fait alors l’objet d’allégations d’agression sexuelle sur un mineur. Elle établit notamment un parallèle boiteux entre pédophilie et homosexualité. On lui retire sa chronique quelques semaines plus tard.

En octobre 2017, dans la foulée du mouvement #metoo, la jeune auteure et animatrice Léa Clermont-Dion soutient avoir été agressée sexuellement par l’ex-journaliste Michel Venne.

Dans une publication partagée sur Facebook, Léa Clermont-Dion accuse Lise Payette, qu’elle voyait comme une mentore, d’avoir tenté de la dissuader de porter plainte contre son présumé agresseur.

Prise dans la tourmente, Lise Payette reconnaît les faits, mais affirme que c’était avant tout pour protéger la jeune femme de possibles répercussions plutôt que pour défendre M. Venne.