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Grand ménage chez le Canadien

Plusieurs dirigeants administratifs ont perdu leur poste dans les derniers mois lors d’une «réorganisation»

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Il n’y a pas que sur la glace que le Canadien s’est départi de nombreux joueurs. Au cours des derniers mois, plusieurs membres de la direction administrative du Groupe CH et de sa filiale evenko ont été congédiés ou ont décidé de quitter le navire.

Si certains sont partis de leur propre chef, d’autres ont été poussés vers la porte. Notre Bureau d’enquête a recensé huit départs au sein de la direction, dont certains touchent des cadres qui comptaient plus de 30 ans d’ancienneté.

Plusieurs départs ont eu lieu dans les étages administratifs du Centre Bell alors que le Canadien a procédé à une «réorganisation» au sein de sa direction.
Photo Pierre-Paul Poulin
Plusieurs départs ont eu lieu dans les étages administratifs du Centre Bell alors que le Canadien a procédé à une «réorganisation» au sein de sa direction.

D’après nos informations, cette réorganisation n’est pas étrangère à l’arrivée d’Anna Martini avec le Groupe CH. Cette comptable professionnelle agréée, ex-patronne du groupe des magasins Dynamite, a remplacé Fred Steer à la direction financière du Groupe CH.

Elle occupe une place importante dans le nouvel organigramme du CH, tout comme France Margaret Bélanger. Cette dernière, ancienne avocate chez Stikeman Elliott, s’occupe depuis décembre 2016 des activités marketing, des ventes, ainsi que de la gestion de la marque.

L’une des dernières personnes à avoir perdu son poste est la vice-présidente des ressources humaines, Maryse Landry, qui faisait partie de l’équipe du club de hockey depuis le rachat de la firme Spectra. Auparavant, elle avait occupé un poste chez Spectra pendant 12 ans.

Ironie du sort, elle avait elle-même indiqué la sortie à quatre membres du personnel de marketing au lendemain de la fameuse conférence de presse de fin de campagne, en avril, durant laquelle la direction avait évoqué des problèmes d’attitude des joueurs pour expliquer la médiocre saison.

Départs nébuleux

Selon nos informations, ces employés n’ont eu que quelques heures pour ramasser leurs effets. Ils n’auront donc pas été mis à contribution pour la nouvelle expérience promise aux fans en vue de la prochaine saison.

Le « grand ménage », comme certaines de nos sources surnomment cette série de départs du Centre Bell, a véritablement commencé avec le départ non expliqué d’Alain Gauthier, qui était entré chez le Canadien en 1987.

À titre de vice-président et directeur général de l’exploitation, il a pris part à la construction du Centre Molson (devenu le Centre Bell), du Complexe sportif Bell à Brossard et de la Place Bell à Laval. Officiellement, il est parti à la retraite.

Or, selon nos informations, il n’avait pas fait part de ses plans de retraite à plusieurs de ses proches.

Rencontré dans les locaux de l’entreprise d’excavation L3B, qu’il a créée après avoir acheté une firme en faillite, M. Gauthier n’a pas voulu donner de détails.

« J’ai eu l’opportunité d’acquérir cette entreprise », s’est borné à dire celui qui possède une maison de plus de 1 M$ à Notre-Dame-de-l’Île-Perrot, en Montérégie.

Le marketing touché

Trois semaines plus tard, c’était au tour de Gilbert Brault, directeur exécutif des ventes, de perdre son emploi. Il a par la suite été embauché par l’Impact comme consultant. Quelques mois plus tôt, un de ses collègues Maxime St-Laurent avait quitté son poste pour se joindre au Groupe de course Octane, qui organise le Grand Prix de Formule 1 du Canada.

Le département du marketing était déjà ébranlé depuis deux ans à la suite du départ du vice-président exécutif et chef de l’exploitation Kevin Gilmore. Ce dernier avait notamment été impliqué dans la création du Club 1909, un vaste programme de fidélisation pour les partisans, et de la série télévisée 24 CH.

Evenko aussi

On compte également des départs du côté de la filiale evenko, qui s’occupe de l’organisation de spectacles. Ainsi, le directeur de production Patrick Fortaich a appris en mai que son poste avait été supprimé, après 14 ans avec l’équipe.

« On m’a dit que ça faisait partie d’une abolition de postes, d’une réorganisation », dit-il.

Selon lui, depuis l’acquisition du groupe Spectra par evenko en 2015, il y avait une volonté de réorganisation. Au moins deux autres employés de cette filiale ont perdu leur poste.

Du côté du Groupe CH, on indique qu’il y a effectivement eu une réorganisation.

« Il y a un mouvement de personnel normal dans une entreprise comme la nôtre qui grandit de façon exponentielle », a indiqué le vice-président des affaires publiques, Paul Wilson, sans vouloir commenter chaque départ individuellement.

Questionné à savoir si des cas de gestion douteuse des dépenses pouvaient expliquer certains départs, le porte-parole avait peu de détails à fournir.

« Pas à ce que je sache, mais si je le savais, légalement, je ne pourrais pas en parler », a-t-il expliqué.

M. Wilson est entré en poste il y a trois semaines pour succéder à Donald Beauchamp, qui a annoncé son départ le printemps passé à l’âge de 56 ans.

 

Liste des dirigeants congédiés ou qui ont quitté

Donald Beauchamp
Photo d'archives
Donald Beauchamp
Fred Steer
Photo courtoisie
Fred Steer
Kevin Gilmore
Photo d'archives
Kevin Gilmore
Maryse Landry
Photo courtoisie
Maryse Landry
Gilbert Brault
Photo courtoisie
Gilbert Brault
Patrick Fortaich
Photo d'archives
Patrick Fortaich
Alain Gauthier
Photo d'archives
Alain Gauthier
Maxime St-Laurent
Photo d'archives
Maxime St-Laurent

 

Elle allègue des heures impayées

 

Une des personnes qui ont perdu leur poste au cours de l’été a demandé une autorisation de recours collectif à la Cour supérieure.

Joanie Godin reproche à la compagnie mère du Club, L’Aréna des Canadiens, de ne pas avoir rémunéré pour plusieurs heures de travail supplémentaires effectuées par les employés.

Elle donne notamment un exemple d’une semaine durant laquelle elle a accompagné l’équipe au Minnesota, à Winnipeg et à Chicago pour des tournages promotionnels. Selon sa compilation des heures travaillées, elle a fait 77,5 heures réparties sur sept jours. L’équipe n’en aurait toutefois comptabilisé que 59.

Des dizaines

La demande estime à plusieurs dizaines les membres d’un potentiel recours collectif s’il est autorisé. La requérante soutient que sans action collective, il est peu probable que chaque membre envisage des actions individuelles.

« Étant donné le statut précaire de plusieurs membres du groupe toujours à l’emploi, les craintes de représailles ou les conséquences sur les carrières limitent la Demanderesse dans ses possibilités de contacts ou pour obtenir des plaintes formelles qui ne seraient pas anonymes », peut-on lire dans le document déposé à la cour récemment.

 

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